Cameroun : lettre ouverte à Paul Biya, président de la République

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Monsieur le Président de la République,

J’aurais aimé ne pas avoir à vous écrire, vous laissant plutôt tout le loisir de continuer à penser que «Ne dure pas au pouvoir qui veut, mais qui peut». Hélas, la situation dans laquelle se trouve notre pays exige que j’attire votre attention une fois de plus et pas de trop sur les risques et les conséquences qu’une provocation de trop de votre régime pourrait engendrer au Cameroun.

Au moment où vos «créatures» et ceux qui bénéficient des largesses de votre régime vous supplient et vous appellent à initier un projet de loi visant la modification de la constitution pour une présidentielle anticipée avec vous comme candidat et l’institution d’un poste de Vice-président, je vous invite à prendre conscience que l’affaire Alvine Monique Koumatéké nous prouve que le peuple camerounais est un volcan endormi qui n’attend que le «Casus Bellis» c’est à dire «la goute d’eau qui va déborder le vase» pour vous chasser du pouvoir par la rue et vous reléguer aux poubelles de l’histoire.

Monsieur le Président de la République, permettez-moi de reprendre ici un extrait de la déclaration de la Jeunesse Consciente et Républicaine du Cameroun publiée le 11 mars 2016: [i «Le Cameroun est devenu le pays le plus corrompu du monde, le pays de la délinquance juvénile pandémique, le pays des hôpitaux mouroirs, le pays des écoles de la prostitution, le pays du chômage endémique, le pays de la famine, le pays des crimes rituels, le pays qui tue sa jeunesse à petit feu, le pays du népotisme, le pays de la gabegie, le pays des fonctionnaires milliardaires, bref pour résumer en citant une éminence grise de notre pays: «un pays qui a écarté la norme et normalisé l’écart». Il faut le reconnaitre même les myopes politiques sont unanimes que votre politique est issue d’un autre âge contraire à toute éthique de gouvernance.

Ce palmarès peu élogieux de votre long règne est source de frustration, d’inquiétude et de mécontentement au niveau des populations, des organisations syndicales, de la société civile et des travailleurs et surtout des jeunes. Ces derniers n’ont aucune perspective d’avenir, vous êtes devenu un obstacle déterminant pour les rêves, les aspirations et l’épanouissement de la jeunesse camerounaise, oui Monsieur le Président, la jeunesse est fatiguée de vos promesses non tenues depuis plus d’un quart de siècles.

Comment peut-on imaginer qu’un homme comme vous qui est entré dans la haute administration à 29 ans, a franchi tous les postes de responsabilités : chargé de missions à la présidence de la République, Ministre, Secrétaire Général de la Présidence, Premier Ministre jusqu’à devenir Président de la République à 49 ans peut se permettre de former un gouvernement de plus de 66 personnes dans lequel aucun ministre n’a moins de 50 ans ? Même le Ministre de la jeunesse a plus de 50 ans, et pourtant selon les textes en vigueur au Cameroun, est jeune celui/celle qui a moins de 35 ans.

Monsieur le Président de la République, les appels à candidature que quelques militants de votre parti, soucieux de préserver leurs privilèges, ont eu une fois de plus, mais alors une fois de trop décidé d’initier, certainement avec votre aval, pour modifier la constitution et satisfaire votre appétit de conservation de pouvoir, ne vont plus passer comme lettre à la poste cette fois-ci ! Le contexte actuel ne joue pas en votre faveur ! Si vous tenter de déposer un projet de loi visant la modification de La Constitution pour une présidentielle anticipée à laquelle vous souhaitez gagner comme d’habitude à la soviétique, je vous mets en garde que vous augmenterez la probabilité de de vous faire chasser du pouvoir par la rue.

Monsieur le Président, les camerounais sont très mécontents de vous, en particulier les jeunes, ils sont très fâchés contre vous et les rapaces qui vous entourent. Ce Projet de loi serait une provocation de trop qui va difficilement passer. Je vous conseille de faire un sondage d’opinions rapide pour savoir ce que les camerounais en pensent. Vos services de renseignements doivent avoir le courage de vous dire la vérité, ils vous diront que ça chauffe dehors contre vous et votre régime.

Monsieur le Président, après déjà 34 ans de règne à la tête de notre pays, je vous conseille de prendre votre retraite et permettre à la jeunesse camerounaise de connaître enfin, les joies qu’offre l’alternance politique, apparemment seule forme possible de redistribution intergénérationnelle, dans un environnement hermétique et patrimonialiste.

Et vu de votre rôle plus que jamais louable dans la résolution pacifique du conflit de BAKASSI et compte tenu du fait que vous aimerez que l’on garde de vous l’image de l’homme qui a apporté la démocratie au Cameroun, vous pourrez alors créer une Fondation Politique chargée de promouvoir la démocratie et la paix dans le monde. Ainsi, vous resterez à coup sûr, visible à jamais et respecté sur le plan international. Et enfin je vous propose de rendre opérationnelle la Cour Constitutionnelle et devenir membre à vie comme en France pour l’ex-Président de la République.

Journal du Cameroun

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