Au Togo, il est permis de chier en plein milieu de la ville

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Un président réfractaire à la beauté de son pays, une politique environnementale inexistante, et le tour est joué. Le Togo est une poubelle à ciel ouvert avec des ramifications jusqu’aux portes du palais de la Marina où trône Faure Essozimna Gnassingbé. Chez nous au au Togo, ministères comme classes de petits élèves puent. Et pour cause, il n’est pas difficile de voir une montiicule de déchets et des hommes entrain de déféquer juste derrière les murs de la présidence comme derrière les classes d’élèves. Dégagez-nous ces ordures et cessez de déféquer en plein air comme si vous étiez encore à l’ère sauvage! Lomé, Aného, Kpalimé, Atakpamé, Sokodé, Kara et Dapaong, dans ces agglomérations du Togo que nous avons eu l’occasion de visiter, les habitants n’éprouvent aucune gêne à vivre dans les déchets …si eux mêmes ils ne sont pas devenus des déchets ! Des monticules d’ ordures d’origines diverses se dressent et se développent un peu partout dans ces localités sans que personne ne trouve à dire. A telle enseigne que les Togolais jadis réputés pour leur propreté, sont devenus des habitants de porcheries tout court. Ils cohabitent au quotidien avec leurs propres déchets tels des porcs.

A Lomé, le phénomène est encore plus criard. Des déchets, les Loméens en jettent un peu partout sous les yeux complices des responsables de la municipalité. Certes, un travail de salubrité se fait mais, avouons que les habitants de la capitale ont besoin d’une véritable cure de mentalités. Depuis les années 1980, les riverains des rails de Lomé n’ont jamais pensé se faire construire des WC. Ils ont pris de vilaines habitudes de transformer le long des rails en WC à ciel ouvert et même en dépotoirs. Et dire que ces sales habitudes se perpétuent jusque-là sous les yeux des délégations spéciales de la commune et de la préfecture.  D’ailleurs, ces dernières démontrent chaque jour que Dieu fait qu’elles n’ont pas de temps pour ces choses-là. Sinon, au moins elles auraient initié des séances de sensibilisation à cet effet pour faire comprendre aux uns et aux autres de la nécessité de vivre dans un environnement sain. N’étant pas élues mais nommées par le régime, ces délégations aussi spéciales que leur nom l’indiquent ne gèrent que des affaires courantes en attendant les locales. Au lieu de commander des poubelles chères  et les plaquer au bord des routes et ce, juste pour se remplir les poches, les responsables de la municipalité de Lomé au premier desquels le Contre amiral Fogan Adégnon et la petite dame du tout puissant président de la Cour constitutionnelle, nous avons nommé Suzanne AHO feraient mieux de s’attaquer à la racine du mal : l’ignorance. Une vaste campagne de sensibilisation et d’éducation dans les langues locales serait d’un bon  secours. 

La lagune, oh cette belle lagune qui faisait la fierté de la capitale dans les années 1980, a pris un sérieux de pollution  par la faute de ses riverains. Beaucoup de ménages situés aux abords de la lagune de Lomé se plaisent volontiers à déverser tout ce qui est déchet liquide et solide dans la lagune donnant une puanteur à cette dernière.  Dans le canton de Bè notamment, à Adamavo, Bassadji, Lomnava  ou à Tokoin-Gbadago, la pollution est devenue la chose la mieux partagée par les habitants dont la plupart se plaisent à déféquer à ciel ouvert. Dans cette affaire, le cas de la plage de Lomé  inquiète plus d’un. Cette façade sablonneuse et bordée de cocotiers qui draine des milliers de Togolais les dimanches après-midi, se transforme progressivement en un haut lieu de pollution. Des familles entières issues de l’exode rural en provenance de la localité de Vogan et de ses environs y ont pratiquement élu domicile avec tout ce que cela suppose comme pollution.  La plupart portefaix au grand marché de Lomé ou exerçant de petits boulots, les membres de ces familles prennent leur douche et vont aux toilettes sur le sable marin. Entre l’hôtel Palm Beach et le Sarakawa, les gens aiment souvent déféquer dans le sable. Et puis des canalisations drainant des eaux usées débouchent directement sur la mer.
 
Tout se passe comme si le Togo n’avait pas de gouvernants à sa tête. L’incivisme doublé de comportements aussi bizarres à la limite de la désobéissance civile s’est emparé de nos compatriotes depuis que le clan Gnassingbé a décidé de confier tous les pouvoirs. D’aucuns se permettent de dire tout de go qu’ils agissent pour obliger les pouvoirs publics à jouer convenablement leur rôle en oubliant que lorsqu’une épidémie de choléra par exemple se déclenche, Faure, sa famille, ses amis, bref tout le clan n’en sera ni de près ni de loin touché. Soyons ainsi vigilants pour ne pas tomber dans le piège de ceux qui veulent que nous mourrions tous pour leur laisser le pays « gbadja ». Toi le pauvre sous la chaumière, prends soin de toi et songe à assainir ton environnement pour préserver au moins ta santé car, c’est tout ce qui nous reste quand les plus forts nous ont tout confisqués.

Baba Tundé Lynx.info

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