Au Togo, les fonctionnaires sont priés d’être en mode « Stand-By ». Gilbert Bawara interpellé !

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Depuis 2006, les négociations entre le gouvernement de Faure et les syndicats des travailleurs de la Fonction publique en vue de l’amélioration des conditions de vie et de travail de ces derniers se poursuivent toujours. A chaque fois, les ministres de Faure ne cessent de demander à leurs interlocuteurs syndicalistes d’être en mode « Stand by » ou en attente. Les syndicats, notamment la CNTT, la CGCT, la CSTT pour ne citer que ceux-là, étaient tombés dans le jeu du gouvernement fait de promesses sans cesse renouvelées mais jamais tenues. Faure et ses ministres avaient réussi par la magie des craquants à acheter certains responsables syndicaux à qui les instructions étaient données de tout faire pour endormir la base. C’est ainsi que Faure et ses émissaires avaient promis aux agents publics que leur calvaire devait prendre fin après l’admission du Togo à l’initiative Pays pauvres très endettés (PPTE). Tous les Togolais étaient là lorsque leur pauvre pays a été élu à cette initiative en 2008. Les jours qui ont suivi cette éligibilité, le gouvernement n’a pas changé son discours et huit ans après, ils ont toujours le même disque en poche. Les salaires n’ont pas varié substantiellement et les fonctionnaires togolais continuent à tirer le diable par la queue au moment où leurs homologues de la sous région excepté ceux de la Guinée-Bissau, pètent la forme et s’en sortent mieux avec des salaires acceptables. Tout le monde sait que la Guinée-Bissau est un pays très instable en retard sur ses voisins. Revenons au Togo qui n’est pas instable même s’il a été secoué par des soubresauts politiques.

C’est dans ce contexte d’immobilisme fait de fuite en avant, de mensonges entre le pouvoir de Faure et les syndicats qu’est née la Synergie des Travailleurs du Togo (STT). Sans perdre du temps, celui-ci monte au créneau et fonce avec des grèves perlées qui font deux élèves morts à Dapaong et finissent par accoucher en 2013 d’allocations forfaitaires de 30.000 pour les catégories A1 et A2 et 20.000 pour ceux B, C, D et les agents permanents. Ce nouveau-né devient le porte-flambeau des aspirations légitimes des travailleurs du secteur public. Ce que les autres syndicats ne sont pas arrivés à arracher, la Synergie a réussi à l’obtenir suscitant du coup la confiance des travailleurs. Si Faure et ses collaborateurs ont fini par plier un peu face à la fougue de la Synergie, ils n’ont tout de même pas changé de démarche. Ils continuent à faire croire que l’Etat togolais manque de moyens. « Si l’Etat a suffisamment de ressources, il va augmenter les salaires et revoir les conditions de travail », assène l’actuel préposé à la Fonction publique « tamara » Gilbert Bawara dans une émission sur la télévision nationale. Avant lui, ses prédécesseurs au poste avaient entonné la même chanson. Si l’Etat manquait effectivement de moyens, d’où proviennent les 30.000 et 20.000 qu’ils ont consenti à augmenter en 2013 sur les salaires ? Si le Togo n’avait pas de moyens, le prince lui-même, ses collaborateurs, ministres et DG n’allaient pas se servir autant.
Pendant que l’on y est, il faut saluer les actions de la STT depuis sa création à ce jour. Si cette centrale n’avait pas manifesté dans les rues jusqu’à ce que mort d’élèves s’en suive, les fonctionnaires en seraient où avec les promesses ?

Au Togo, ça a été toujours le même disque déjà rayé portant sur le manque de moyens. Et pourtant, ceux d’en haut multiplient des villas de haut standing à Lomé et un peu partout sur l’étendue du territoire. Pendant que les fonctionnaires sont priés d’attendre, tous ceux qui sont au sommet, amassent et vivent dans une opulence insolente. Leurs enfants vont à l’école dans des rutilantes ce, avec des poches remplies de centaines de mille de F CFA pour ne pas dire des millions alors qu’ils continuent à abreuver les autres de la même chanson. Même leurs chiens sont mieux soignés que la plupart des fonctionnaires. C’est en 2050 que les moyens seront au rendez-vous ou quand?

La vie est un combat, il faut lutter pour vaincre et vaincre pour vivre. Ce qui est sûr, si les fonctionnaires togolais au nombre de 48000 actuellement restent passifs et laissent faire, leur situation ne s’améliorera guère sous les Gnassingbé. Qui dit le contraire ?

Taffa Biassi Lynx.info

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