Assouma sur le point de donner raison à l’UFC : Le RPT secoué par l’affaire Kpatcha

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L’affaire d’atteinte à la sûreté de l’Etat est au centre d’une grande manœuvre politique avec l’offensive politico-juridique du parti de Gilchrist Olympio. Le 26 octobre 2009, l’UFC a adressé un recours à la cour Constitutionnelle aux fins de : – Constater le dysfonctionnement des institutions judiciaire et parlementaires -Faire injonction à l’institution judiciaire compétente d’introduire dans les 72 heures de la décision à intervenir une demande de levée de l’immunité parlementaire du député Gnassingbé Kpatcha -Inviter l’Assemblée Nationale régulièrement saisie à statuer dans les quinze jours de la reception de la demande sur l’immunité parlementaire du député Gnassingbé Kpatcha – dire et décider que le nom respect de l’introduction de la demande ou l’absence de toute décision de l’Assemblée Nationale dans les délais entraîneront la libération pure et simple du député Kpatcha.

En fait, l’UFC veut tout simplement à travers la Cour Constitutionnelle amener les autorités togolaises à se discréditer elles-mêmes. Il s’agit d’une stratégie politique bien mûrie et le fait que ce recours coincide avec l’arrivée à Lomé du Bâtonnier de l’ordre des avocats de Paris débarqué à Lomé n’est sans doute pas fortuit.Après une série de rencontres, le «yovo» assisté de ses avocats nègres Ajavon Zeus et Djovi Gally par ailleurs conseiller spécial du candidat Olympio animera une conférence de presse aujourd’hui. Apparemment, Me Charrière Bournazel est annoncé comme un fakir capable de faire ramper les autorités togolaises pour obtenir la libération de Kpatcha Gnassingbé. La politique dit-on, c’est aussi l’art des opportunités. L’UFC a été le premier parti à réagir lorsque l’affaire d’atteinte à la sûreté de l’Etat a éclaté. Le vice président de l’UFC Lawson Patrick ne portait pas de masque quand il se rendait au ministère de la défense pour discuter avec Kpatcha Gnassingbé.

Ce n’était d’ailleurs pas un problème puisqu’on y voyait même un signe de réconciliation parce qu’au temps de Gnassingbé père, une rencontre à deux entre un Gnassingbé et un responsable de l’UFC était inimaginable. Assouma Paniqué ? Dès qu’il a pris connaissance du recours adressé par l’UFC, Aboudou Assouma aurait montré des signes d’inquiétude donnant l’impression qu’il n’y a plus d’autres issues que de donner une suite favorable à l’UFC. Selon des indiscrétions, le Président de la Cour Constitutionnelle aurait cherché à avoir l’avis du chef de l’Etat sur la question. Certains estiment que c’était pour préparer le terrain à la libération prochaine Kpatcha. En raison de ses accointances très serrées avec le député, le président de la Cour Constitutionnelle est l’objet de sérieuses suspicions dans les milieux proches du pouvoir et ce depuis le début de cette affaire. Dans cette affaire, Assouma est confronté à un dilemme cornélien, ballotté entre sa sympathie pour Kpatcha qui lui a rendu d’énormes services et la loyauté à l’égard du président de la République à qui il doit sa nomination à la tête de la Cour Constitutionnelle. Et depuis que cette Cour a rendu une décision donnant en partie raison à l’UFC qui demandait l’annulation du code électoral adopté unilatéralement par les députés RPT, M. Assouma n’est plus en odeur de sainteté au sein du parti au pouvoir. Il est même accusé de rouler pour l’opposition.

Des juristes-maisons ont fait remarquer que selon l’article 104 la saisine de la cour constitutionnelle ne peut avoir lieu que quand il s’agit d’une loi non encore promulgué. Le fait donc pour Assouma d’avoir fait semblant de ne pas remarquer cet aspect conforte cette appréhension. A plus forte raison, l’UFC qui a toujours réclamé la recomposition de la Cour Constitutionnelle évite depuis un moment d’évoquer cette institution lorsqu’elle parle de réformes constitutionnelles et institutionnelles. Au point que certains dans le sérail ne font plus mystère de leur souhait de le voir viré de la tête de la Cour Constitutionnelle avant qu’il ne soit trop tard. Surtout que c’est la même Cour qui aura à proclamer les résultats définitifs de l’élection présidentielle. Le RPT secoué La récupération tapageuse de l’affaire Kpatcha par l’UFC ne laisse pas le RPT indifférent. Même s’il ne le fait pas remarquer, il n’en demeure pas moins que le parti au pouvoir est dans une situation plus que délicate. Déjà la multiplication d’Associations de jeunes se réclamant de Faure Gnassingbé et qui n’hésitent pas à marquer leur défiance à l’égard des membres du comité central et du Bureau politique du parti pose un problème de gestion de la prochaine campagne électorale. Et déjà, les sommités du parti éprouvent de sérieuses difficultés à amener les jeunes «fauristes» qui s’agitent sur toute l’étendue du territoire à s’en remettre aux responsables du RPT sous la bannière duquel Faure va briguer le prochain mandat présidentiel.

L’offensive politico- juridique de l’UFC sur l’affaire Kpatcha constitue une épreuve supplémentaire qui risque de mettre à rudes épreuves la cohésion de ce parti . Le secrétaire Géneral Esso Solitoki a un sérieux défi à relever. Va-t-il réussir à maintenir la discipline au sein du parti pour continuer à gagner la confiance de son président ? La demande de la levée de l’immunité parlementaire réclamée par le parti de Gilchrist Olympio est un clin d’œil aux sympathisants du député Kpatcha Gnassingbé sur lesquels veut compter l’UFC pour en finir avec le pouvoir RPT. Et l’on semble assuré qu’un éventuel débat sur le cas Kpatcha à l’Assemblée nationale révélerait au grand jour, la division du groupe parlementaire RPT entre Députés favorable au chef de l’Etat et ceux favorables à son frère cadet, ce qui en soit constituerait une occasion à exploiter par l’opposition en perspective de l’élection présidentielle. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’UFC Olympio surfe sur «l’Hypothèse Kpatcha» en tenant de diviser le RPT pour le vaincre facilement.

A l’UFC on considère Kpatcha comme étant détenteur d’une part importante du pouvoir d’Etat et que de ce fait, il draînerait de nombreux militants derrière lui. Qu’on se le rappelle,. le 24 novembre 2007 lors de l’élection des membres du bureau de l’Assemblée Nationale, il s’était instauré un débat sur la suppression ou le maintien de l’alinéa 2 de l’article 10 ancien du règlement intérieur de l’Assemblée «En aucun cas,un groupe parlementaire ne peut occuper deux postes successifs». Lors d’une suspension de séance, les responsables de l’UFC ont discuté à huis clos avec Kpatcha Gnassingbé et après avoir reçu les assurances du député que Lawson Patrick avait qualifié ‘’d’honorable député du RPT et pas des moindres’’ ont adhéré à la suppression de l’alinéa en question avec l’assurance que Kpatcha allait mobiliser ses députés pour offrir le poste de Vice présidence de l’Assemblée l’UFC mais il n’en a rien été. En utilisant Kpatcha Gnassingbé contre son propre parti, l’UFC y voit un moyen inespéré pour déposséder le RPT et le clan Gnassingbé du fauteuil présidentiel. Mais le revers de la médaille, c’est que Kpatcha se fera l’image d’un traitre qui s’allie à l’adversaire pour faire disparaître le parti créée par feu son père..

A. S.

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