Assassinat des journalistes de Rfi à Kidal : De la manipulation à l’aliénation de l’élite africaine

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Notre planète se trouve à une période cruciale de son histoire marquée par la prédation des ressources minières et naturelles dites géostratégiques d’où les enjeux qui gravitent autour du retraçage de la carte du monde. L’impérialisme du complexe militaro industriel étasunien, français et chinois (sans négliger les autres pays en embuscade) ne veut plus se contenter de se partager la planète en fonction d’alliances comme au lendemain de la seconde guerre mondiale. Désormais c’est une guerre sans merci que se livrent ces mêmes pays qui avaient fait de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation un dogme sacro-saint. La crise au nord Mali ne peut être comprise si l’on ne prend pas  en compte la manipulation géopolitique de la France qui avance à visage masqué et l’aliénation de l’élite africaine.

 

Avant le cas malien, on se rappelle la rocambolesque et ténébreuse histoire d’enlèvement  de VINCENT DOLORIE, ingénieur spatial français de 25 ans et ANTOINE DE LEOCOUR au Niger en janvier 2011, enlèvement planifié et exécuté par les services secrets français appuyé d’un plan de communication médiatique (RFI au centre) dont l’objectif est de prouver que les Etats africains ne sont pas capables d’assurer leur propre sécurité tant extérieure qu’intérieure. Un prétexte suffisant pour contourner l’opposition des africains à l’installation de bases militaires étrangères sur le continent africain.  Cela vaut aussi pour l’influence géopolitique maritime s’agissant des pays du littoral maritime : sous prétexte de sécuriser nos eaux territoriales et nos côtes (qui créent l’insécurité ?), ces pays occidentaux (et de plus en plus d’asiatiques) viennent piller notre flore  et faune marines tout en déversant des déchets toxiques sur nos cotes ou dans nos eaux territoriales, sans perdre de vue le fait qu’ils nous obligent à emprunter des itinéraires maritimes qui les arrangent. Et pour préserver son poste ou son pouvoir, aucun nègre ne bronche.et c’est cela le bon nègre.

Pour comprendre le drame survenu à KIDAL avec l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon le samedi dernier, il nous faut situer les grands enjeux de cette partie du Mali : outre le pétrole dont les travaux  d’exploration et d’interprétation des données ont été vraiment très prometteurs et optimistes quant à la découverte du pétrole et du gaz, les importantes réserves d’eau fossiles, les terres agricoles fertiles du nord et du centre du Mali, il faut reconnaitre aussi que la sécurité de l’Europe en matière d’énergie se trouve au nord du Mali avec l’énergie renouvelable la plus prometteuse : le solaire. L’autre forme de manipulation est liée aux guerres savamment orchestrées par l’occident prédateur sur le continent africain (dont les producteurs, trafiquants et fournisseurs de ces engins de la mort n’ont jamais été inquiétés  ni par l’ONU ni par une ONG). Nous savons tous les vraies motivations géostratégiques de la France à travers ces velléités  indépendantistes  du Mouvement Nationale pour la Libération de l’Azawad (MNLA) que la France parraine de façon notoire à travers des appuis de tous genres. Sinon comment comprendre que c’est en France que le MNLA s’est relancé dans la déstabilisation du Mali et le mouvement est reconnu par les autorités françaises ? Pourquoi la France a-t-elle négocié avec le MNLA via le Président du FASO (qui lui aussi négocie un énième mandat auprès de la France) ? Pourquoi l’opération SERVAL a-t-elle épargné les responsables du MNLA quand on sait que leurs connivences avec les autres groupes djihadistes ne sont plus à démontrer? Pourquoi la France a-t-elle tenu à verser plus de 35 millions d’euros à ces groupes terroristes et garantir l’impunité à leur chef ?

Pourquoi les militaires français n’ont-ils pas accompagné les 2 journalistes mais étaient prêts à poursuivre les ravisseurs  par hélico ? Pourquoi la MINUSMA qui a amené les 2 journalistes chez le chargé de la culture du MNLA n’est pas restée pour assurer la sécurité ? Quel était le vrai objectif de ces 2 journalistes et qui a signalé leur présence en cet endroit et à cette heure ? Pourquoi c’est RFI seule qui a accès et interroge ces  terroristes ? Pourquoi FABIUS parle de 2 et 3 balles tirés alors que le journal malien dit qu’ils ont été égorgés ? Qui a tué réellement les 2 journalistes et pourquoi ?

C’est ici qu’intervient la responsabilité de RFI dans le drame qui secoue le Mali et dans cet assassinat crapuleux dont les vrais auteurs (les vrais auteurs de l’instabilité au sahel) en font malheureusement leur chou gras croyant remonter dans les sondages. On se rappelle que c’est RFI, ce médium de propagande de l’Etat français qui criait à tue-tete que l’armée malienne maltraitaient les populations touaregs et attribuait aux soldats maliens (pauvres de nous nègres) les massacres liés aux  dommages collatéraux des tirs de l’aviation française.  C’est la même RFI qui cachait le soutien de la France aux groupes terroristes en exagérant la puissance militaire d’à peine 300 combattants dont la vraie dangerosité réside seulement dans leurs assassinats lâches et barbares alors que comme en Syrie c’est la même France qui fournit à ces groupes terroristes tout le matériel de communication et de combat.

La crise malienne reste et demeure l’expression de la mise en œuvre d’un projet séparatiste à dimension géostratégique de conquête et de contrôle de toutes les ressources naturelles et minières de l’Afrique de l’ouest. Ce que les touaregs ignorent c’est que la France en votant en 1957 l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRES), la France visait à créer une barrière politique afin d’éviter des contacts entre l’Algérie qui avait engagé une guerre de libération pour acquérir son indépendance et une Afrique noire traversée par des velléités indépendantistes. Et puisque les intérêts géostratégiques, économiques et politiques ont évolué, la même France se sert aujourd’hui de ces mêmes touaregs qu’elle a étouffé en 1916  à la suite du refus de ces derniers à se plier à l’usage esclavagiste de la monnaie coloniale « Franc », symbole du colonialisme et de l’esclavage. C’est pourquoi les Touaregs éclairés sont très conscients qu’ils devront plutôt aider les Etats unitaires du Mali et du Niger afin qu’ils (les Touaregs) puissent valablement valoriser leur mode de vie, leur magnifique culture car même avec une indépendance ou une autonomie, les mêmes  multinationales les maintiendront dans une misère indescriptible.

La crise au nord MALI vient démontrer une énième fois l’aliénation de l’élite africaine. Il est à se demander ce que font réellement nos grands professeurs en verres correcteurs autours des chefs d’Etat et ministres. Que font ces patrons de renseignements avec des budgets colossaux qui leur sont alloués ? Ont-ils compris les grands enjeux du monde contemporain ? Savent-ils qu’il faudra investir dans la cyberguerre pour dissuader les agresseurs car il est plus facile détruire les installations électriques de la France à partir d’un PC que de construire une bombe atomique. Savent-il qu’il faudra changer radicalement le système éducatif pour former les ingénieurs en qualité et en quantité comme le suggère Jean Paul POUGALA ? Comment les élites africaines pourront-elles unir nos peuples,  éclairer nos dirigeants et faire émerger  le continent africain sans tomber dans le piège de la manipulation géopolitique ?

PAUL LANWI  Lynx.info

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