Agbéyomé KODJO: Pas un seul militant du RPT n’a été inquiété

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Agbéyomé KODJO a fait parvenir hier un courrier aux chancelleries et aux organisations de défense des droits de l’homme pour les informer de ses craintes personnelles pour la sécurité de sa famille et la sienne propre, suite à la décision unilatérale de la Gendarmerie Nationale du Togo prise le lundi 22 Mars 2010 à 11 Heures, de retirer sans aucune explication, les quatre éléments de sécurité affectés réglementairement pour assurer sa protection. Le Président issu de la Vérité des Urnes, Jean Pierre FABRE a été aussi l’objet de la même mesure répressive. Par ailleurs, des éléments des forces de sécurité habillés en civil et identifiés, rôdent depuis lors dans le périmètre du domicile d’Agbéyomé KODJO.
Il faut noter que cette décision est consécutive aux allégations dénuées de tout fondement faites par le ministre de la sécurité, A. TITIKPINA, à l’issue de la marche de protestation calme et pacifique du samedi 20 mars organisée par le FRAC.

Ce dernier a en effet asséné un mensonge supplémentaire lorsqu’il a osé déclarer : « Au point du point de chute de la marche à la plage et au cours de leur meeting, les responsables politiques à l’instar de Jean-Pierre Fabre, Agbéyomé Kodjo, Dahuku Péré, Patrick Lawson et Aimé Gogué prenant tour à tour la parole ont appelé à méconnaître la légitimité du nouveau président élu incitant la population à la violence et aux actes de vandalisme en dépit du climat totalement apaisé des hautes observations nationales et étrangères qui ont caractérisé tout le processus électoral ».

Deux observations s’imposent :

D’une part, aucun appel d’incitation à la violence et aux actes de vandalisme n’a été prononcé par les responsables politiques de l’opposition cités, ni aucun acte de violence n’a été commis par les manifestants.
Le ministre, qui n’est pas à une contradiction près reconnaît lui-même dans le même communiqué : « Le ministre de la Sécurité et de la Protection civile se réjouit du retrait dans le plus grand calme de la foule signe de sa désapprobation au mot d’ordre lancé et de son entière adhésion au climat de paix et de sécurité cher à tous les togolais ».

D’autre part, il y a imposture lorsque le ministre de la sécurité déclare : « Il rassure la population togolaise que toutes les mesures seront prises pour préserver le climat de paix et de tranquillité qui a jusqu’ici prévalu ».
Les derniers développements de l’actualité constituent des preuves tangibles qui récusent les déclarations du ministre TITIKPINA:

Les arrestations et enlèvements de militants politiques de l’opposition, (dont Gérard ADJA et Emmanuel ATAYI, membres de OBUTS interpellés arbitrairement depuis le 6 mars au motif qu’ils avaient sur eux une copie d’un communiqué officiel de OBUTS appelant à la mobilisation générale pour la vérité des urnes, et toujours détenus tout aussi arbitrairement, à KARA, au sein de notre « Guantanamo Togolais »),
La destruction par la FOSEP des documents des copies des procès-verbaux des bureaux de vote détenus par le FRAC, et de l’arrestation des militants qui étaient chargés de la compilation des résultats pour étayer preuves à l’appui la contestation de la victoire du Président sortant,
Les actes de violences injustifiés de la part de la FOSEP, qui sont autant d’actes attentatoires à la liberté d’opinion et d’expression publiques et qui constituent autant de restrictions très graves des libertés publiques au Togo !

A ce jour la violence post électorale est à mettre à l’actif du gouvernement. A notre connaissance, seuls des militants de l’opposition sont à ce jour en prison:

– mais pas un seul militant du RPT,

– pas un seul des commanditaires de l’intervention de la FOSEP au CESAL n’a été inquiété,

– pas un seul agent de la FOSEP qui a commis ces actes illégaux !

De ce qui précède, force est de constater que depuis le 4 mars et jusqu’à ce jour, la violence post électorale n’est pas du côté de l’opposition mais du côté du pouvoir sortant qui agit impunément sans crainte de la moindre sanction ! Où se trouve aujourd’hui l’Etat de droit au Togo ?

Dans ces conditions, la « résistance » à ce climat de violence et de répression est un acte de salut public, éminemment démocratique.

Et puisque la libre expression constitue actuellement un crime de lèse majesté au Togo, et les droits humains inaliénables déniés aux citoyens, nous sommes bien obligés de nous tourner vers les pays partenaires du Togo, notamment ceux qui ont contribué financièrement à coup de dizaines de millions d’Euros, à l’organisation de l’élection présidentielle du 4 mars. Nous leur réitérons notre demande de libération immédiate de tous les détenus politiques incarcérés le long du processus électoral actuel, et leur demandons d’intervenir auprès du pouvoir sortant pour garantir la sécurité de l’ensemble du peuple Togolais, et préserver la cohésion nationale.

Rien n’entamera notre engagement toujours résolu aux côtés du peuple Togolais, et notre inébranlable détermination à ne plus couvrir de ridicule notre peuple !

Ensemble, en avant pour défendre la République en péril!

Fait à Lomé, le 23 mars 2010.
Agbéyomé KODJO
Président national de OBUTS,
Coordinateur Provisoire du Collectif pour la Vérité des Urnes (CVU).

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