Afrique : Tu veux mon soutien, voici ma facture !

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« No pitié in bizness ». C’est en cette expression que l’on peut résumer la dynamique qui caractérise les relations entre pays assiégés et leurs alliés d’hier. Aujourd’hui, la Révolution Permanente a donc décidé de lever un coin de voile sur la face hideuse de cette diplomatie de sangsue qui impose d’anticiper pour éviter les surprises désagréables comme celles connues par Laurent GBAGBO. C’est pourquoi cet Article 90ème s’adresse aux pays comme l’Angola, le Cameroun, la RD Congo, la Guinée Equatoriale, qui sont déjà dans le viseur des prédateurs.
 
Abidjan, République de Côte d’Ivoire, courant Janvier 2011 : cas d’école
 
Laurent GBAGBO est assailli par Nicolas Sarkozy et ses alliés. Les embargos pleuvent contre son pays. Il sait qu’il va être attaqué militairement ; la guerre économique étant sans équivoque. Mais il croit en l’efficacité de son Gouvernement. Il tente aussi le tout pour le tout. Interviews télévisées. Missions diplomatiques dans toute l’Afrique. Il sait que la Vérité est de son côté. Et il espère que les valeurs longtemps promues et enseignées par l’Occident triompheraient pour la première fois, sur les poussées d’adrénaline de Nicolas Sarkozy.  

Mais Laurent GBAGBO et son équipe doivent faire face, en urgence, à des questions majeures :
1/ La sécurisation des communications téléphoniques avec ses proches et son Gouvernment,
2/ La question brûlante de la géolocalisation du Président GBAGBO par triangulation satellitaire française,
3/ La question de la monnaie face à l’agression économique de l’UEMOA qui s’est dévoilée comme une arme de guerre française à travers le CFA,
4/ La  sécurité des échanges de données entre Laurent GBAGBO et les chefs d’Etat effrayés par Sarkozy mais qui lui restent favorables et le supplient de tout faire pour ne pas perdre cette guerre de recolonisation imposée par la France,
5/ Le brouillage des équipements d’espionnage et de contre espionnage français et américains qui interceptaient toutes les communications téléphoniques de l’ensemble de l’Administration GBAGBO y compris les courriels,
6/ La protection des transmissions réseaux Haute Fréquence de l’armée ivoirienne, etc.
 
Laurent GBAGBO regarde alors à la Russie. Mais surprise de taille : la facture des interventions sur chacun des volets est multipliée au moins par dix. Et l’offre est modulaire ; ce qui vous plonge dans un cycle de coûts cachés qui risquent de pomper tous les fonds disponibles pour financer les charges de l’Etat ivoirien dans la tourmente haineuse qui lui était imposée.
 
L’erreur qu’il ne fallait pas commettre
 
La guerre de la communication ne s’improvise pas. Elle se prépare avec des technologies mises à jour. Et la clé de voûte de toute cette guerre réside dans la capacité de disposer d’un réseau multi canal et sécurisé de communication. Elle dépend aussi et surtout de la capacité de disposer d’un relais de communication de masse.
 
Les erreurs de Laurent GBAGBO sont légions sur la question.
 
1/ Il n’a pas pensé à créer un réseau complémentaire de communication de masse avec son peuple. Lorsque la Radio Télévision Ivoirienne (RTI) s’est retrouvée sous une pluie de bombe, il a été coupé de tout lien avec son peuple. Plus grave, cette télévision nationale n’utilisait que le satellite de la société française Canal Plus, pour communiquer. Dès que son signal a été interrompu sur ce satellite, toute la diaspora ivoirienne et les panafricanistes se sont retrouvés déconnectés du pays.
 
2/ Laurent GBAGBO utilisait un téléphone portable ordinaire transmettant les données par liaison GSM, GPRS ou EDGE. Il s’agit de transmission non sécurisées de voix ou de données dont l’interception avec du matériel qui coûte moins de 2000 dollars, pouvait se faire à partir de l’Ambassade de France ou d’un domicile mitoyen, par n’importe qui. Mieux, la localisation par triangulation du réseau GSM ou GPRS se fait avec une précision de 10 mètre lorsque vous êtes à l’intérieur d’un bâtiment.
 
3/ Le téléphone satellitaire utilisé par Laurent GBAGBO est vraisemblablement un téléphone Thuraya parce que c’est le même type de téléphone que tous les officiers de l’armée utilisaient. Or ce réseau ne disposait que d’un seul satellite, il y deux ou trois années. Plus grave, c’est que cet type de liaison quand bien même sécurisé dans une certaine mesure, facilite la localisation grâce à la technologie GSP intégrée.
 
4/ Autour de Laurent GBAGBO, toute son équipe échangeait des SMS non cryptés. Or disposant de smart phones, une petite application de cryptage de SMS de type AES 256 bits qui ne coûte même pas 200 000 francs CFA par application aurait permis des échanges d’information inviolable puisque le cryptage AES associé à des clés Diffie Hellman semble être le niveau de cryptage le plus élevé au monde car servant à protéger les clés d’authentification des satellites de la NASA.
 
5/ Chose étrange, les militaires combattaient sans une équipe de reportage de guerre au point que les images du front qui auraient pu fragiliser la psychologie de l’ennemi qui avait à sa disposition tous média occidentaux de propagande mobilisés par Nicolas Sarkozy, n’ont jamais pu être diffusées. Et pourtant, les corps des 317 légionnaires français jonchaient le théâtre des opérations sans compter ceux des Dozos et FRCI qui tombaient comme des mouches devant les Hommes des Commandants Abéhi et Konan.
 
6/ Lorsque l’ONUCI a intensifié sa propagande  de guerre et déployé du matériel de transmission par ondes HF furtives d’origine américaine, les techniciens de Laurent GBAGBO se sont retrouvés impuissants. Dès lors, l’ONUCI a commencé à pirater même les ondes réservées à la RTI. Lorsque nous nous sommes informés, nous nous sommes rendus compte que l’ATCI, l’Agence de régulation, avait juste du matériel pour détecter les émissions d’ondes mais pas pour les brouiller. Or le brouillage implique une très forte amplification des ondes de l’Autorité publique qui alors couvrent totalement celles émises par l’ennemi. Du coup, Choï et ses hommes ont pu conduire une propagande de guerre, qui distillait la haine et le sabotage psychologique du peuple, en violation totale de toutes les lois internationales qui imposent une protection de la vie humaine et de la souveraineté des Nations.
 
Je vais m’arrêter là. Sans donner d’autres informations au risque d’en dire trop.
 
Ce qu’il faut alors retenir
 
Angola, RD Congo, Guinée Equatoriale, Cameroun, c’est à vous que je m’adresse. Si nous n’étions pas sur la place publique, je vous airais dit beaucoup d’autres choses. Cependant retenez que vous êtes dans le viseur. Et que vous serez visités.
 
Ma plus grande crainte est que vous preniez en compte quelques uns des points que j’ai évoqués plus haut mais que vous frappiez à la mauvaise porte. Car la protection des communications et leur optimisation sécurisée se résument en une question d’échanges de clés de cryptage. Dès que les clés sont compromises, le décryptage des communications interceptées devient un jeu.
 
C’est pourquoi il faut frapper à la bonne porte. Car la plupart des acteurs travaillent avec les services de renseignement des pays d’implantation. Et certains parmi eux ont déjà été accusés à juste titre d’avoir offert des « back dors » à la CIA. Pourtant, je les ai vu coopérer pendant la période électorale avec certaines structures commises à la transmission de données électroniques pendant les élections présidentielles gagnées par Laurent GBAGBO dans les urnes mais perdues à la guerre. Tout simplement parce que ses hommes n’ont pas préparé la guerre sous l’angle le plus précieux : la communication.
 
Patriotes d’Afrique, je ne souhaite pas que cela vous arrive. Apprenons de nos erreurs. Alors à bon entendeur…la Révolution Permanente vous a prévenu.
 
 
A très bientôt.
                                      
Hassane Magued

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