Affaire Kpatcha : Echauffement pour le second round !

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Faure a fini par faire d’une histoire à faire dormir même les esprits bénins, une affaire de la République. Et pour cause, c’est tout le Togo qui a les yeux rivés sur le second round avec  le match qui oppose « Gnassingbé contre Gnassingbé » et qui s’annonce pour le  6 septembre 2011. Au niveau des Etats-majors des deux frères, on s’active pour trouver les arguments à faire tomber l’autre. Même si l’avantage est du côté de Faure qui a rapidement changé le président de la Cour pour le besoin de la cause, il ne faut pas oublier que Kpatcha est subitement devenu pour ses fans, un héros. Ses avocats aussi ont compris qu’il fallait prendre la queue de Faure pour l’enrôler et le dénuder aux yeux du monde sur sa discutable manière d’interprêter un Etat de droit. En témoigne, la première sortie du député  avec un écharpe de l’Assemblée nationale au cou et non dépoussiéré de son immunité pour être jugé. Fort  des articles 77 et 78 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale qui précisent : «Aucun député ne peut, pendant la durée des sessions, être poursuivi ou arrêté en matière criminelle ou correctionnelle qu’avec l’autorisation de l’Assemblée nationale, sauf les cas de flagrant délit. L’immunité parlementaire peut être levée dans les cas ci-après : cas de délit ou de crime flagrant lorsque le député, auteur, co-auteur ou complice de l’infraction poursuivie, aura déjà été ou non arrêté cas de délit ou de crime lorsque des poursuites doivent être engagées contre le député, auteur, co-auteur ou complice d’une infraction ; cas de délit ou de crime, lorsque des poursuites engagées contre le député auteur, co-auteur ou complice de l’infraction sont provisoirement suspendues », les avocats de Kpatcha peuvent battre à  plate de couture dans leur argumentaire, les argousins d’avocats de Faure qui seront payés par les contribuables togolais.

Le tonnerre d’applaudissements lors de la descente de voiture du député au palais de la justice montre le degré de déchirure au sein du RPT. Aussi, la défense tactique de ses avocats qui  ont réussi à faire de Kpatcha un prisonnier à part entière qu’un prisonnier de fait avec la demande de transfert de l’ANR vers la prison civile de Lomé n’est pas pour rendre la tâche facile au pouvoir qui sera désormais  « bousculé » par les organisations des droits de l’homme et les Togolais qui se reconnaissent dans l’idéologie de leur champion avec des marches. Le confrère l’Union, très « Pro- Faure » aurait aimé que le prisonnier reste dans les quatre murs du tortionnaire Yétrofei Massina avec villa dorée, que d’aller au Guantanamo local dont seuls, les plus chanceux sortent vivants : « Me Afangbédji a insisté et obtenu que les inculpés soient transférés à la prison civile de Lomé. Une vraie contreperformance qui étonne lorsqu’on sait que la prison civile de Lomé est tout sauf un cinq étoiles » écrit l’Union.

Mais que  vaut une villa dorée de l’ANR selon « l’Union » quand les violations du droit devenaient intolérables pour l’accusé ?  Les journalistes de l’Union seront fiers d’être dans une villa sans visites de leurs avocats, de leur famille, amis et autres  pendant deux ans de détention? Bien pire, les « Fauristes » rappellent au député qu’il n’a pas offensé leur star mais l’Etat qui l’accuse : « d’atteinte à sa sûreté ». La bataille peut devenir âpre voire rude si on en croit tous les analystes qui sont depuis dans les secrets des deux frères. Mais en attendant, il paraît que le député menace de faire exploser la république 20.000 fois si son frère  président persistait à vouloir sa peau. En témoigne, la hargne à vouloir déballer tous les dossiers d’Etat à la première audience. Que dire de la fougue du général Assani Tidjani qui criait à tue-tête qu’il voudrait parler, menottes aux mains ?

Une pluie de révélations est annoncée !

Faure pourrait avec ce procès devenir encore plus petit qu’il ne le pensait. Et pour cause, l’angle d’attaque des avocats de Kpatcha va être plus brutal avec des effets collatéraux qu’il est à craindre que tout le staff autour de lui s’écroule comme un château de cartes. Le premier peut être celui-là même qu’il avait envoyé lancer les obus en direction de la villa de Kpatcha : le commandant Félix Kadhanga. L’officier a d’abord fait un long chemin avec Kpatcha qui l’a gratifié de l’or de ce monde pour se rabattre chez Faure aussitôt que celui-ci avait perdu son poste de ministre de la Défense. Il y a aussi le général Tidjani qui peut bien enfoncer les deux fils (Kpatcha et Faure ) pour tout le mal et les humiliations qu’ils l’ont fait subir depuis 2005. Il y a des civils comme l’ex-ministre Payadowa Boukpessi  qui ont trempé dans tous les cafouillages entre les deux princes de la République (crimes économiques). Barry Moussa Barqué l’équilibriste entre les deux fils à son nom qui revient toujours dans nos recoupements. On susurre que pour le besoin de la cause,  il a même laissé sa fille s’approcher « faurtement » d’un des deux enfants ennemis. Et dans la liste, de nombreux officiers qui jouent sur tous les tableaux. A cela, il y a des idéologues du RPT, tapis dans l’ombre qui ont activé les deux réseaux en sciant sur la branche défavorable  à leurs intérêts. On parle aussi des hommes d’affaires comme Bolloré qui n’aimait pas Kpatcha  parce que, ce dernier voulait que tout ce qui était propriété du français soit taxé au port.

Pour tout dire, c’est un procès à relent d’un Tsunami qui s’annonce. Pour le bonheur des Togolais ?

Djima Matapari Lynx.info

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