À ton école, Djobo

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(Hommage posthume à Djobo Boukari,
décédé le 15 Novembre 1997 à Sokodé-Togo)

Par un soir nu et sans étoiles
Une nuit sans rêve,
Sans lendemain
Une nuit arrachée à nos plaisirs,
Tu fermas pour toujours les yeux
Sur des pages maculées de sang
Comme pour dire non à l’horreur.
Mais ta bouche fut pleine de choses
Des mots rudes de tendresse
Des mots durs restés en suspens.
Le temps des adieux nous a échappé
Pour glisser à tes oreilles raidies
Les maux que portent chacun de nous.
Quand durera-t-il encore le temps
Le temps des amours ensevelis
Jeté sur nos ruelles incertaines ? 

Nous portons néanmoins ta pensée
Et le message de ton cœur blessé
Et la voix de ton silence troublant
Qui retentit encore jusqu’à nous.
Dans notre ventre tournoie leur blues
Et l’harmattan de petits faux dieux
Lacère nos fragiles panses ulcérées
Depuis un demi-siècle, une éternité !

Nous mènerons la marche jusque-là
Devant le portique de leur palais de sable
Jusqu’aux portes de leur trône de cire.
Les petits rois sont méchants et cruels
Certes. Mais ils ne sont pas invincibles.

Nous nous mettons à ton école, Djobo :
L’école du courage et de la bravoure
Nous reviendrons un jour, un beau jour
Remettre à ton peuple brave, le sceptre
Celui que lui ont arraché les Voleurs.

Allemagne, le 15 Novembre 2011.

Ali Akondoh

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