A deux mois de la présidentielle, le frère de Guy André Kieffer avoue : « Je doute de l’implication de Laurent Gbagbo dans l’assassinat de mon frère »

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Je ne suis pas sûre que Gbagbo soit impliqué dans la disparition de mon frère 

« À trois reprises Laurent Gbagbo a évité à mon frère l’expulsion du territoire ivoirien. Pourquoi éviter l’expulsion à quelqu’un et vouloir l’assassiner par la suite ? Cela parait invraisemblable. Je ne suis pas sûre que Gbagbo soit impliqué dans la disparition de mon frère ». Telle est la quintessence des propos de Bernard Kieffer, frère du journaliste français Guy André Kiffer.
À l’occasion de la conférence de presse de la présentation de son livre intitulé « Le frère perdu », le mercredi 12 aout 2015. Un ouvrage témoignage dans lequel l’auteur livre de bout en bout les péripéties liées à l’enquête concernant la disparition de son défunt frère.

Pour Bernard Kieffer, cette affaire possède trop de zones d’ombre et laisse un gout d’inachevé d’autant plus que depuis plus d’une dizaine d’année, aucune action réelle n’a aboutit à sa résolution. Si les témoignages, dans le temps ont incriminé certaines personnalités du camp Gbagbo, Bernard Kieffer reconnait tout de même qu’il y a eu un manque de volonté politique aussi bien au niveau de la Côte d’Ivoire que de l’Elysée. « Certainement que cette affaire était un obstacle au jeu diplomatique entre la France et la Côte d’Ivoire », précise t-il. Avant de clamer plus loin : « il n’y a pas d’élément probant pour attester ou du moins confirmer la piste de l’assassinat, mais je reste convaincu d’une chose, mon frère a été assassiné ».
Par ailleurs, le conférencier révèle que plusieurs personnalités de la filière café-cacao avaient des raisons d’éliminer le journaliste. Il cite nommément Tapé Doh Lucien qui, au cours d’une conférence aurait agressé verbalement le journaliste. « Guy André Kieffer gênait les personnalités de cette filière parce qu’il expliquait constamment à travers ses publications la manière dont s’organisait le pillage de la filière café-cacao. Des témoins ont même confié que ces responsables disaient tout haut ce Guy André Kieffer gêne, il va falloir le faire taire », lâche t-il.

Poursuivant, l’auteur de l’ouvrage « Le frère perdu » explique que sa présence en Côte d’Ivoire doit être interprétée comme une volonté manifeste de relancer l’enquête, si possible d’élucider enfin l’affaire. Surtout d’accompagner la diffusion de son ouvrage dont la présentation officielle se fera après une dédicace à librairie de France.

Noura Kamagaté

 

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