Comment faire pour réduire le chômage de 80% au Togo…

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Le chômage frappe 90% des diplômés et 50% de la population active au Togo. Heureusement que l’Informel vient, tant bien que mal, au secours de l’emploi, sinon, le chômage serait à son comble dans notre pays. Les approches de solutions s’orientent vers quatre directions privilégiées :

1- Les travaux à grande consommation de main- d’œuvre ;

2- L’Agriculture et l’Elevage (l’agropastoral) ;

3- L’Industrialisation légère ;

4- Le « braintrusting » et la lutte contre le « braindrain »

Le pays le plus endetté du monde n’est pas, aujourd’hui, la Grèce ou Congo Kinshasa, mais les Etats-Unis d’Amérique ! Mais c’est un endettement « intelligent et stratégique ». Les réserves en devises, en hydrocarbures, en minerais et en inventivités font plus de mille fois la totalité des dettes américaines. Lorsqu’un Etat a des stratégies de développement et des ressources humaines performantes, l’endettement n’est lui même qu’une stratégie de développement …

1- Les grands travaux à grande consommation de main- d’œuvre

Il s’agit des infrastructures (routières, ferroviaires, fluviales et aéroportuaires, et de l’habitat

a) L’habitat : Combien de fois je n’ai pas indiqué, à l’intention de nos autorités, l’impérieuse nécessité de construire des logements, tous standings confondus. Architectes, dessinateurs, contremaîtres, maçons, charpentiers, menuisiers, plombiers, peintres, électriciens, jardiniers, paysagistes etc.  Il faut construire dix mille (10 000) logements de tous standings dans Lomé et nos villes de l’intérieur ! Où trouver le financement ? Si nos gouvernants managent bien, l’Etat ne dépensera même pas un franc pour boucler le budget ; ou dépensera à peine 10% du budget de cette gigantesque opération. Si les grandes sociétés immobilières européennes, américaines et asiatiques sont mises intelligemment à contribution, avec une garantis juridique de l’Etat togolais, nul doute que cette gigantesque entreprise se fera sans accrocs. L’Etat fournira les terrains à bâtir, au titre de sa contribution et les sociétés immobilières feront le reste !

Mes oreilles ont sifflé cette année, je crois, que le gouvernement va lancer la construction de 1000 ou 30000 logements sociaux. Je ne sais pas si j’ai rêvé ou si le gouvernement voulait nous  laisser avec des effets l’annonce décente, Résorption du chômage, salubrité citadine, gain sur le plan environnemental… Tout  est gagnant pour le peuple togolais tout entier !

b) Les infrastructures routières

Il s’agit ici d’entreprendre de grands travaux de création et de rénovation de nos axes routiers, dans un plan global et simultané de développement intégré de nos voies de communication terrestres. C’est ici que des emprunts massifs doivent être programmés avec plusieurs partenaires.

L’Etat entièrement rénové de nos routes boostera notre agriculture, notre tourisme, notre industrie légère et notre élevage…

Dans la région maritime :

La route Lomé – Tsévié- Tabligbo

Le tronçon Tsévié – Vogan – Aného – Aklakou – Avévé

Le tronçon Aného – Vogan – Tsévié

Le tronçon Tsévié – Kévé (à construire)

Le tronçon Tabligbo – Tohoun (à construire)

Dans la région des plateaux :

L’axe Atakpamé – Amlamé – Kpalimé

L’axe Atakpamé – Badou

Le tronçon Notsè – Tohoun

Le tronçon Atakpamé – Nangbéto – Tohoun (à reconstruire)

Le tronçon Anié – Séregbana (à construire)

Le tronçon Anié – Elavagnon – Kamina (à construire)

  Dans la région centrale : les tronçons suivants :

Sotouboua – Guobi – Tchamba (à construire)

Blitta – Pagala (à construire)

Langabou – Pagala – Dikpeleou (à conctruire)

Tchamba – Kazakali – Borboua – Bafilo (à construire)

Sokodé – Kabiarbora – Djarapanga (à construir)

Sotouboua – Koueda (à construire)

  Dans la région de la Kozah : les tronçons suivants :

Bafilo – Bassar – Laouame – Benata – Taouleba (à construire)

Bassar – Natchamba – Guerinkouka

Guerinkouka – Kabongou (à construire)

Kante – Kkabongou – Koumongou – Mango (à construire)

Niamtougou – Kabongou

Dans la région des Savanes : les tronçons suivants :

Mango – Mogou – Yalouandeni (à construire)

Tandjoare – Konkon – Yalouandeni (à construire)

Yalouandeni – Mandouri

Dapaong – Mandouri – Koundjouare

Dapaong – Mandouri – Koundjouare

Dapaong – Korbongou – Bandali

Dapaong – Tami – Wokombo – Biankoule – Cinkassé

Tandjouare – Nakdon – Warke – Biankoule

c) Les rails

«  Un pays ne peut pas se développer sans les rails », avait écrit un grand spécialiste du développement. Le réseau ferroviaire allait, avant, de Lomé à Blitta, de Lomé à Aného et de Lomé à Kpalimé. Les colons l’avaient bien compris. Aujourd’hui, il nous faut reposer les rails :

De Lomé à Sinkansé, jusqu’à Yaho ;

D’Atakpamé à Badou ;

De Sokodé à Mango, en passant par Guérinkouka ;

De Mango à Bandali, en passant par Mandouki ;

De Tsévié à Tohoun, en passant par TABLIGBO.

Les investissements colossaux peuvent être fournis par des pays amis comme la Chine, avec mise sous tutelle des recettes générées par ces voies ferrées, dans les proportions de 80 % pour la Chine par exemple, et 20 % pour le Togo, pour une période de 20 ans. Nos amis chinois ont construit six mille (6 000) Kilomètre s de voies ferrées en Tanzanie, avec un contrat – bail avec le pays de Julius Nyerere ! Ils peuvent le faire avec nous !

La mise en route de ces travaux embauchera au moins vingt mille (20 000) travailleurs ! Mais, surtout ces voies ferrées vont booster l’agriculture, l’élevage, le tourisme, l’industrie  légère et les industries extractives…

II) L’AGRO – PASTORAL

Les récents résultats des productions agricoles des trois dernières années sont encourageantes (coton, café, cacao, cultures vivrières…), mais le constat est amer : nos campagnes se meurent ! Les jeunes, découragés, déboussolés démissionnent et ne recherchent qu’une moto – taxi à  conduire, pour vivre ou survivre ! Alors qu’ils peuvent devenir rapidement de jeunes agriculteurs millionnaires, comme l’ont été certains de leurs pères et grand -pères.

a) Comment revaloriser notre agriculture ?

L’expérience encourageante des nouvelles coopératives est parlante. Il faut encourager les agriculteurs à s’organiser en coopératives de petites et moyennes tailles (10 à 50 agriculteurs au maximum), les former et leur donner le financement nécessaire. D’où la nécessité de créer, en priorité, une BANQUE AGRICO-PASTORALE pour faire des prêts et suivre l’activité des coopératives ou des particuliers…

Mais l’assistance technique et l’expertise appropriée sont nécessaires. C’est pourquoi je réitère ma proposition faite au gouvernement, de demander l’aide israélienne. Cinquante (50) experts israéliens seront sollicités pour venir nous aider, pendant deux ans, à booster notre agriculture, en symbiose avec nos ingénieurs agronomes.

Mais, comment convoyer nos produits agricoles d’exportation et de consommation si nous n’avons pas de routes et de pistes en bon état ?

b) L’élevage, autre richesse négligée

Comment peut-on manquer de protéines dans notre alimentation, alors que nous avons toutes les potentialités dans notre pays ? L’élevage de bovins, caprins, volailles, doit s’inscrire dans la même lignée que l’agriculture. Aide orientée aux éleveurs, production de foins pour nos animaux. Tout ce que les européens reprochent aux Africains, dans le domaine pastoral, est que nous ne connaissons pas le foin. Malgré l’hiver qui peut durer de trois à six mois dans certains pays du Nord,, les agropastoraux préparent le foin pour le bétail. Le foin, c’est de l’herbe des prairies fauchées et séchées pour la nourriture du bétail. Ici, nous brûlons nos herbes et notre cheptel a besoin parfois d’une transhumance de plusieurs dizaines ou centaines de kilomètres pour pouvoir survivre !

Ici aussi, les éleveurs toutes catégories, doivent être regroupés en coopératives d’éleveurs, avec l’appui technique et financier de l’Etat et de la Banque Agricole ou Banque Agro Pastorale…

III- Les industries légères

Tomate en gelée, tomates (fruits) en boîtes, jus d’orange, jus de pamplemousse, jus de papaye, fécule d’igname, fécule de manioc, farine de maïs, maïs frais en boîte, jus de gingembre, vin de palme en bouteilles, vin de raphia en bouteilles, vin de mil en bouteilles, haricot blanc et haricot rouge en boîtes, fonio en sachets, tapioca made in Togo… tout est possible au Togo !

Des industries légères peuvent transformer sur place nos productions légères vivrières…

Par ailleurs, il est regrettable que l’usine de production d’huile de palme d’ALOKOEGBE soit fermée et que ce projet prometteur soit cassé. Maintenant, il faut reprendre la culture intensive de palmiers à huile et rouvrir l’usine de production d’huile de palme…

Combiens de litres d’huile d’arachide nous importons chaque année ? Il est temps que notre production d’arachide soit transformée en huile. L’usine (ou les usines) de transformation et de production de bouteilles en plastique d’huile d’arachide de 1, 2, 3 et 4 litres peuvent embaucher au moins trois cent employés et ouvriers ! La mise en place de ces industries légères permettra aussi et surtout, de booster l’agriculture et la pêche. Ainsi on gagnera sur tous les plans.

L’autre volet de l’industrialisation est la possibilité qu’offre le Togo, de délocaliser des industries et des usines européennes chez nous et c’est la démarche du gouvernement qui ouvrira de nouvelles portes…

Pourquoi ne pas reprendre les activités de l’usine textile de DATCHA ? Cette usine a bien marché et employait plus de trois cent à quatre cent ouvriers. Les installations pourrissent sur le site, de même que les villas du personnel. Vivement que des repreneurs, démarchés et sollicités, se manifestent !

L’industrialisation d’un pays sous-développé est une condition indispensable pour le décollage de ce pays.

Infrastructures adéquates, agriculture et élevage performants, industries primaires et secondaires… tout cela est indispensable, mais il reste un autre élément important : le « braintrusting ».

IV-  Le «braintrusting » et la lutte contre le « braindrain »

Le « braindrain », c’est la fuite des cerveaux. Aucun pays ne peut se développer s’il n’a pas beaucoup de cadres compétents et dans tous les domaines. Si en plus, le peu de cadres formés prennent la tangente, où allons-nous ?

Faire confiance aux diplômés conscients, les utiliser à bon escient, et veiller à ce qu’ils reviennent au pays une fois leur formation terminée, telle est la démarche indispensable des gouvernants. Cela pose le problème de l’Ecole et de l’Enseignement, jusqu’à l’université. Ecoles primaires, lycées et collèges, universités et écoles de formation, tout cela constitue un gros chapitre que nous évoquerons dans une autre rubrique prochainement.

Une entreprise moyenne européenne ou nord américaine, ne peut pas « délocaliser » aujourd’hui au Togo, parce qu’elle ne pourra pas trouver les cadres moyens et supérieurs au Togo. Mais il faut les « démarcher », ces entreprises, parce quelles peuvent trouver une main- d’œuvre assez qualifiée (ou à former) sur place, en misant sur des togolais, mais aussi sur nos voisins béninois, ghanéens, ivoiriens, burkinabé…

Mais ce qui décourage, c’est que l’Etat togolais n’a pas une autosuffisance énergétique garantie, pour que des industries dévoreuses d’énergie puissent s’implanter chez nous. C’est une plaie dans notre sous -région.

Comment des pays qui ont du soleil presque 365 jours sur 365, n’ont- ils pas assez d’électricité, alors que l’énergie solaire nous est donnée gratuitement ? Et les éoliennes ?

Comme on le voit, tout est interdépendant : pour avoir des usines, il faut avoir des cadres et des ouvriers qualifiés ! Si nos agriculteurs acquièrent des tracteurs et qu’ils ne peuvent pas trouver des techniciens qualifiés pour les réparer, en cas de panne, que ferons-nous ? Si nos concitoyens sont malades et qu’ils ne peuvent pas se faire soigner décemment dans des structures sanitaires adéquates, où allons- nous ?

Le développement est un tout, unique et indivisible, et pour reculer le chômage d’au moins 80%, il faut une bonne gouvernance multidimensionnelle…

Dr. David IHOU

 

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