Togo Presse : Assih Banafey Rémy assure la descente aux enfers

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Au début des problèmes de la société EDITOGO, éditrice du quotidien national Togo-Presse étaient la mauvaise gestion et la suspension de la subvention accordée chaque année à cette boîte par l’Etat. Début 2013, l’Etat décide de suspendre sa subvention à Togo-Presse en attendant de voir plus clair dans la gestion de cette boîte. A partir de ces instants, les difficultés vont démarrer avec des retards dans le payement de salaires et un découvert de plusieurs dizaines de millions de F CFA à l’Union Togolaise de Banque (UTB). Chapeau au ministre Ayassor qui a mis fin à la supercherie ayant consisté à faire croire qu’EDITOGO était bien gérée alors que tel n’était le cas. Pour ceux qui l’ignorent, feignent de le savoir et versent dans la défense éhontée de leur ami Assih, les fonds débloqués pour appuyer Togo-Presse ne servaient au fait qu’à enrichir le directeur et ses potes. Pour un quotidien qui brasse des millions par mois à travers des marchés d’annonces et de publicités, l’Etat n’avait pas à lui verser encore d’importantes sommes. Des sommes qui, au lieu de servir à polir et à offrir la qualité à Togo-Presse resté médiocre jusque-là, ont pris la direction des poches de certains.

EDITOGO est dans une impasse et particulièrement Togo Presse. Les agents de la boîte sont désemparés et ne savent plus à quel saint se vouer. Les dégâts ont été occasionnés depuis par les directeurs qui se sont succédé au poste mais le pic a été atteint avec Pouwi Dadja et actuellement Assih Banafey Rémy. Ce dernier a fini par transformer Togo-Presse en une épicerie de village recrutant à tour de bras des agents sans aucun contrôle. Des agents qui sont généralement des recommandés de ses proches et des barons du régime. Le chauffeur d’un ancien ministre de la communication, suivez très bien nos regards, émarge à Togo-Presse alors qu’il n’en est pas un employé. Une gestion calamiteuse que d’aucuns veulent camoufler à travers des manœuvres de diversion savamment organisées. Notre confrère La Dépêche est passé par le même chemin tordu en titrant courant 2013: « Le DG de Togo Presse est victime de son caractère débonnaire ». Nous ne savons pas à quel niveau au juste se trouve le qualificatif débonnaire lorsqu’un responsable s’offre le plaisir de recruter des gens pour recruter et de puiser dans les caisses de l’entreprise dont il a les commandes pour sucrer ses proches. Au Lynx, nous refusons que d’aucuns prennent les Togolais pour des imbéciles toujours bons à être manipulés et trompés à longueur de temps. Le fait de recruter comme l’on vendrait de petits pains juste pour faire plaisir à certains ne veut pas signifier que l’on est débonnaire. La Dépêche est en tout cas dans son rôle de défense de son ami Assih. Ce qui ne nous empêche guère de dénoncer avec force et vigueur la gestion archaïque du sieur Assih et de tous ceux qui rament à contre courant de la modernité et qui veulent maintenir le Togo dans un statu quo inacceptable. A Togo-Presse, la gestion est digne de celle d’une épicerie de village. Au moment où dans la sous région, les quotidiens publics sont tirés en couleurs avec des titres attrayants, Togo-Presse continue dans la médiocrité et l’archaïsme. Ses unes sont rebutantes et les photos floues difficiles à reconnaître. Sur ce plan, le quotidien privé Liberté avec peu de moyens fait mieux que Togo-Presse. Les unes du confrère sont meilleures avec des photos bien identifiables. Alors que Liberté n’emploie qu’une dizaine d’agents, dessinateurs, photographes, infographes et journalistes compris face à Togo-Presse qui en compte environ 425. Apparemment, les photographes du quotidien national ont de la peine à traiter leurs photos dans les logiciels Photoshop et autres de traitement d’images. Ils donnent l’impression de prendre seulement des vues et de les rassembler pour la parution. Une vieille recette qui n’est plus à la mode depuis des lustres.  Tenez-vous bien, Togo Presse devrait normalement compter 200 employés toutes catégories confondues mais grâce au « caractère débonnaire » de son directeur Assih, l’entreprise s’est retrouvée avec environ 425 agents dont une partie passe son temps à observer le service minimum. Le double de l’effectif donc. A croire que Togo Presse est sa propriété. Et même une société privée et personnelle est gérée avec tact.

Au Togo, la plupart des entreprises publiques pour ne pas dire toutes, sont en mode mauvaise gestion avec en toile de fond un saignement à blanc et un pillage à ciel ouvert. Les premiers responsables s’affairent plus à se remplir les poches, à entretenir leurs proches et courtisans qu’à développer les structures à leur charge. Une société publique que l’on gère comme une épicerie du coin sans aucune innovation, projection et vision futuriste ne peut que se porter mal au point de tomber dans le coma. Togo Presse est dans ce cas depuis des années et son directeur actuel Assih Banafey Rémy est venu enfoncer le clou. Celui-ci ne fait que s’enrichir et multiplier des biens au moment où Togo Presse tire le diable par la queue.

A en croire des sources, l’on s’achemine pour le cas de Togo-Presse vers une issue à la SNPT où le gouvernement a été contraint de casser pour reconstruire avec à la clé des licenciements et des mutations d’agents dans d’autres secteurs. Les semaines à venir promettent donc. Mais diantre que fait-on toujours avec Assih Banafey Rémy qui a montré ses limites ?

Anicet Moutouari Lynx.info

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