Togo : Pour le parti communiste, la France et l’Union européenne doivent demander un recomptage des voix

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 Le résultat sorti des urnes a été à l’évidence truqué

Au terme d’une opération rocambolesque qui a vu les gendarmes s’en prendre aux représentants de l’opposition membres de la Commission électorale (Céni), le président sortant, Faure Gnassingbé, a été proclamé vainqueur avec 58,7% des voix contre 34,9% à son challenger, l’opposant Jean-Pierre Fabre.

Au moment de la proclamation des résultats par le président de la Céni, le processus de vérification était pourtant loin d’être terminé : il restait encore un tiers des procès-verbaux à examiner. Même le général Sangaré, le chef de la mission de l’Organisation internationale de la Francophonie, l’OIF, qui a joué un rôle de modérateur à la Commission électorale, a été surpris par ce dénouement.

Le résultat sorti des urnes a été à l’évidence truqué. D’ailleurs, qui peut croire sérieusement qu’un tel régime marqué par la corruption, la violence et un bilan social et humain catastrophique, gagne une élection dès le premier tour ?

Depuis un demi-siècle, la famille Gnassingbé règne d’une main de fer. Au père, Gnassingbé Eyadéma, a succédé le fils, Faure, en 2005. La population du Togo, dont plus des trois quarts a moins de 40 ans, n’a connu dans son écrasante majorité que la dictature des Gnassingbé. Les contentieux post-électoraux en 2010, 2005, 1998 et 1992 ont été réprimés dans le sang faisant, à chaque épisode, des centaines de morts.

De lourdes questions se posent. L’OIF et le comité ad hoc de suivi technique des élections au Togo (composé des ambassadeurs de France, d’Allemagne, des États-Unis, de l’UE, des représentants du Programme des Nations unies pour le développement, de l’Union africaine et de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest) n’ont pas dénoncé le coup de force opéré à la Céni alors que le résultat ne peut pas être reconnu.

Il est impératif que la Céni reprenne le processus de validation des procès-verbaux pour proclamer les vrais résultats. Faute de quoi, malgré l’aval complice de la Cour constitutionnelle togolaise, l’élection de Faure Gnassingbé n’a aucune validité démocratique.

La France et les chancelleries européennes ne doivent pas simplement « prendre acte » des résultats de cette élection. Elles doivent exiger, a minima, un recomptage des voix.
Sans cela, ce serait cautionner un troisième mandat illégitime, issu d’un coup de force lourd de dangers pour l’avenir du pays. Ce serait cautionner un régime assassin qui n’utilise que la forfaiture et la répression pour survivre.

Parti communiste français,
Paris le 4 mai 2015

 

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