Syrie. Hollande ou l’agitation impuissante

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Nous serions en pleine dérision si le risque d’une tragédie humaine de grande ampleur n’était pas présent.

Philippe Tesson écrit dans le point que « le désaveu de Cameron par son Parlement et la volte-face d’Obama ont modifié les données de la situation et laissent Hollande seul sur le champ d’une bataille qu’il a conçue et annoncée, mais qui n’a pas commencé et ne commencera peut-être jamais. »

Mais Toute honte bue le président français, au lieu de digérer calmement sa déconvenue de supplétif éconduit, veut persister à « persuader » des partenaires à « punir » la Syrie. Par là même nous pouvons mesurer la gravité de la situation où il se trouve, marquée par les échéances politiques et sociales qui se profilent dans les semaines qui viennent.

Ne pouvant faire la guerre seul, comme le dernier stratège peut le savoir, il se fait le relais de l’ »opposition syrienne » en se transformant en cyberactiviste. Il fait diffuser sur Internet une «note de synthèse nationale de renseignement» qui « prouve » que «  le 21 août 2013, le régime syrien a lancé une attaque sur certains quartiers de la banlieue de Damas tenus par les unités de l’opposition, associant moyens conventionnels et usage massif d’agents chimiques».

Ce à quoi le directeur de Marianne, Jean-François Kahn répond, dans une polémique avec la directrice du Monde, plus guerrière que jamais. Il dit ceci, entre autres piques : « Bachar al-Assad est absolument capable d’un tel forfait. Quand ? Au moment, juste au moment, où les inspecteurs de l’ONU arrivent à Damas, et cela à 10 km de la capitale syrienne ? Aucun doute ? Admettons… ».

Et M.Kahn n’est pas le seul à moquer un pouvoir français plus mal à l’aise que jamais et d’autant plus dangereux qu’il a le comportement de la bête blessée. Heureusement que le bémol de l’impuissance est là pour réfréner la frénésie criminelle. François Hollande veut « convaincre des partenaires ». Lesquels ? Pas les Britanniques qui ont vu leur parlement voter contre le crime. Pas les Allemands plus soucieux de leurs intérêts géostratégiques européens (la Russie est à côté et la géographie est importante en cas de dérapage). Pas les Italiens de même. Alors qui d’autre ?

C’est tout simple, il veut simplement démontrer au grand chef, Barak Obama, qu’il se maintient à ses côtés, faire en sorte qu’il ne se décourage pas et, peut-être, l’aider à persuader le Congrès d’aller casser du syrien. Ici, nous ne pouvons nous empêcher de penser à ce que peut bien en penser le Potus, qui ne doit pas raccrocher son téléphone rouge avec Moscou et Pékin, pour trouver une sortie honorable, du moins, moins coûteuse pour son pays.

Et les choses vont se compliquer, d’ici que les élus étatsuniens rejoignent leurs sièges pour écouter Obama leur expliquer sa « ligne rouge ». Car les choses bougent. Les Syriens d’abord qui vont constituer des boucliers humains autour des « cibles » des missiles assassins, autour de leur armée aussi. Ensuite ce sont tous les épris d’humanité qui se mobilisent contre la barbarie et les peuples du Moyen-Orient ne seront pas les derniers à démontrer aux prédateurs que rien ne peut se faire sans eux.

Ahmad Halaoui

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