Il ne sert à rien de hurler « libérez Gbagbo » il faut plutôt demander une justice équitable

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Pr. Mamadou Koulibaly: « La voix de LIDER vient de sauver Laurent Gbagbo d’un procès inique à la CPI »

LIDER se félicite de cette décision des juges de la Cpi.

Les juges de la Cpi demandent au procureur entre autres d’approfondir ses enquêtes sur les tous les groupes armés qui étaient opposés aux forces pro Gbagbo entre novembre 2010 et mai 2011, de donner plus de détails sur les assassinats et les viols ciblés de part et d’autres durant la même période et cela aussi bien à Abidjan qu’ailleurs en Côte d’Ivoire.

Cette demande semble montrer l’embarras de la cour pénale de n’avoir que Laurent Gbagbo dans le dossier du procureur, alors qu’il y a ici en Côte d’Ivoire de nombreuses autres personnes qui mériteraient elles aussi de rendre compte, dont elle demande la mise à disposition depuis de longs mois sans avoir de suites favorables. La Cour pénale internationale n’a certainement pas envie de se présenter à la face du monde comme une cour partiale et injuste. Et, à défaut de libérer le président Gbagbo, trouve un modus vivendi, c’est-à-dire, un arrangement permettant au procureur et aux avocats de Gbagbo de s’accommoder de cette situation dans laquelle de nombreux autres coupables sont promus en Côte d’Ivoire, alors que selon les termes de références de la cour, ils devraient être eux aussi à La Haye.

Ce modus vivendi qui reporte l’audience en début d’année 2014 est à mon avis une disposition provisoire qui signifie que certaines charges pourraient être confirmées sous réserve que d’autres co-auteurs soient présentés à la cour et que d’autres charges pourraient être infirmées comme restant sans preuves. Il me semble, sans rien savoir dans le fond du dossier, en m’en tenant à la seule logique des tribunaux justes, que les juges disent au procureur : si Ouattara et les autres ne sont pas là, il nous est difficile de faire un procès à Gbagbo. Et cela n’est pas que pure spéculation de ma part.

L’éthique, la morale et le droit font parfois bon ménage quand il faut que la justice soit juste. En revanche, je pense que ceux qui m’ont accusé ces derniers jours d’avoir enfoncé Gbagbo par mes propos dans la presse camerounaise vont se convaincre désormais que soit je l’ai sauvé d’un procès, soit ma voix n’a pas du tout été entendue. Mais en toute logique, ils ne peuvent plus dire que j’ai agi contre lui. Je pense sincèrement que depuis son arrestation en avril 2011, mes différentes déclarations demandant plus de justice à son égard sont en train de payer. Ceux qui m’ont condamné sans savoir comment fonctionne le droit international et la cour pénale internationale devraient maintenant me présenter des excuses.

Ceux qui n’ont jamais compris ce que c’est qu’une lutte méthodique doivent se poser bien des questions. Il ne sert à rien de hurler «libérez Gbagbo», il faut simplement demander justice. J’espère qu’ils ont reçu une belle leçon de procédure et de méthode de lutte. La voix de LIDER vient de sauver Laurent Gbagbo d’un procès inique Cpi.

Mamadou Koulibaly, Président de LIDER

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