Révolution togolaise, pourquoi la mayonnaise ne prend pas?

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Il ne s´agit pas d´arriver au pouvoir pour simplement remplacer Faure Gnassingbé…

Réformes constitutionnelles et institutionnelles, réformes constitutionnelles et institutionnelles. On entend plus que cette expression depuis plusieurs mois au Togo, bien qu´on en parlait depuis des années, sinon des décennies; « réformes constitutionnelles et institutionnelles » qui mérite d´être désignée expression de l´année 2014 au Togo, a encore gagné en importance après que la rue burkinabè ait réussi à faire partir Blaise Compaoré du pouvoir.

Le départ aussi facile, la fuite aussi inattendue du tombeur de Thomas Sankara a donné de nouvelles idées aux oppositions africaines qui peinent à faire partir leus dictateurs. La réussite de la révolution burkinabè a fait surtout renaître l´espoir chez moi au Togo où les mainifestations ont repris de plus belle, pour obliger le régime à faire des réformes avant les élections présidentielles. Nous avons même caressé l´espoir naïf qu´en marchant Faure Gnassingbé prendrait son hélicoptère pour fuir le pays. On a même entendu des manifestants demander aux agents des forces de l´ordre de faire comme leurs collègues burkinabè en les laissant passer.

Un leader de l´opposition a même créé dans la foulée un mouvement citoyen qu´il baptise « balai citoyen » textuellement comme l´organisation burkinabè ayant joué un grand rôle dans la fuite de Compaoré. J´ai trouvé ce mimétisme ridicule et presqu´enfantin, car je ne crois pas que les togolais manquent aussi d´imagination pour donner un nom à un de leurs mouvements.Tout ceci explique l´euphorie qui s´était emparée de l´opposition togolaise après la fuite de Blaise Compaoré. Euphorie du côté de l´opposition, panique dans le camp du pouvoir.C´est ainsi qu´on pouvait titrer l´ambiance qui règnait à Lomé au lendemain de la victoire du peuple burkinabè. Le pouvoir togolais était d´autant plus paniqué que la chute relativement facile d´un de ses principaux soutiens a pris tout le monde de court.

Lors de la toute première grande manifestation de l´opposition pour réclamer les réformes tout juste après la chute du président burkinabè, le pouvoir togolais avait dû faire venir des militaires de l´intérieur du pays et s´était cru obligé d´organiser une manifestation parallèle de ses « partisans ». Même des chars furent déployés à certains points névralgiques de la capitale. Le reste aurait été courronné dans l´après-midi par un survol de Lomé en hélicoptère de Faure Gnassingbé. Comme quoi on est jamais trop prudent.

Donc la panique et la peur étaient bien palpables dans les couloirs de la présidence togolaise. Mais la panique du pouvoir togolais était-elle vraiment justifíée? Humainement je dirais oui.

Quand notre voisin décède subitement alors qu´il était relativement en bonne santé, la peur nous envahit. Nous avons soudainement peur de connaître le même sort même si apparemment nous ne souffrons d´aucune maladie. Nous nous rappelons que la mort existe et qu´elle peut à tout moment nous terrasser. C´est humain !

Mais dans le fond cette peur qu´a eue ou qu´a Faure Gnassingbé peut-elle s´expliquer?

Elle pourrait s´expliquer si les deux peuples avaient la même histoire, s´ils avaient connu le même parcours. Les tenants du pouvoir togolais savent très bien que les maux qui rongent la société togolaise ne sont pas les mêmes que connaissent nos voisins burkinabè. Ils savent et nous savons aussi que chaque pays a ses problèmes, ses réalités propres à lui. Il y a beaucoup de raisons qui corroborent la thèse selon laquelle la révolution burkinabè n´est pas aussi facilement calquable au Togo, comme nous l´avions espéré.

Depuis les indépendances en 1960 les deux pays ont connu des destins et des parcours différents. Une différence de destins et de parcours qui montre que les togolais ont encore hélas! du pain sur la planche.

Parlons tout d´abord de « notre » armée:

Si Compaoré avait dû prendre la décision de partir c´est parce qu´il se sentait abandonné par plusieurs de ses proches, civils et surtout militaires.
Après sa fuite il aurait expliqué qu´il était au courant des tractations entre certains officiers de l´armée et des leaders de l´opposition, qu´il savait tout. C´est pourquoi d´ailleurs il a estimé que son départ était la conséquence d´une trahison de certains de ses anciens collaborateurs.
Donc en un mot « le beau Blaise » voulait éviter l´humiliation d´une arrestation ou même d´être purement et simplement déscendu.

S´il a été possible de faire tomber aussi bêtement un régime qui paraissait stable, c´est qu´il n´était plus soutenu par l´armée, cette faiseuse et défaiseuse de rois dans beaucoup de pays d´Afrique.
Et si c´est l´armée qui a laissé tomber Compaoré, c´est que cette armée burkinabè est d´une autre nature que celle que nous connaissons chez nous au Togo.

Au Burkina-Faso la « grande muette » a toujours fait entendre sa voix depuis les indépendances à plusieurs reprises en faisant changer presque régulièrement les régimes politiques du pays.
Il y a quelques années des mutineries de soldats de l´armée du Faso avaient failli faire chuter le pouvoir qui vient de disparaître.

Au Togo l´armée constituée par Etienne Éyadéma depuis l´assassinat du premier président démocratiquement élu en 1963, est demeurée une armée « soudée » derrière son chef jusqu´à ce jour. Les rares militaires, soldats comme officiers, qui avaient osé lever le petit doigt, furent impitoyablement éliminés.

Qui n´est pas au courant de la grande terreur qui règne dans les casernes togolaises? Et qui ne se rappelle pas de l´épuration éthnique opérée au sein de l´armée togolaise en 1992,1993 et 1994?

Des militaires, sur simple suspicion d´avoir une sympathie avec les forces démocratiques furent sommairement abattus dans toutes les casernes du pays sans autre forme de procès.

Et il serait ici superflu de revenir sur les assassinats et traîtements inhumains de toutes sortes au sein de la grande muette togolaise depuis presqu´un demi-siècle.

Je peux dire qu´Éyadéma, sur le plan de la stratégie pour la conservation éternelle du pouvoir était en avance sur son temps. Le défunt dictateur avait très tôt compris que s´il voulait que l´armée soit de son côté et ce, pendant longtemps, il fallait la personnaliser, la chosifier, l´instrumentaliser, la désarmer et surtout l´éthniciser.

Et il réussit, hélas! pour le malheur des togolais, avec la complicité de certains officiers issus de presque toutes les éthnies du pays qui lui étaient proches.

C´était ainsi qu´Éyadéma réussit à vider l´armée togolaise de sa substance pour en faire une coquille vide et en même temps un monstre pour son peuple.

Les Togolais doivent entretenir une armée phlétorique, budgétivore, au sein de laquelle règne un groupuscule tribal qui fait la pluie et le beau temps. Un groupuscule de soldats, sous-officiers et officiers dits « incontrôlés » qui n´est en fait qu´une armée dans l´armée.
Autour de ce petit groupe de dangereux tribalistes qui est en fait le noeud du pouvoir, gravitent quelques officiers de paille qui ne sont que des zombies sans aucun pouvoir de décision dont tous les faits, gestes et mouvements sont épiés, analysés.

Il arrive que de jeunes officiers intellectuels qui ont fait leur preuve dans des grandes écoles militaires, généralement originaires d´éthnies pas forcément alliées du sérail, soient affectés à des postes civils qui n´ont rien à voir avec leur formation d´officiers, histoire de les éloigner du commandement des troupes.

Voilà ce que nous appelons armée togolaise, une armée très loin d´être républicaine; elle est au contraire politisée à outrance et toute velléité de mutinerie au sein de la troupe ou de tentative de coup d´état est étouffée dans l´oeuf, pour ne pas dire dans le sang.
Et c´est cette armée qui a porté Faure Gnassingbé au pouvoir, et c´est d´elle qu´il tire sa légitimité.

En face d´une telle « armée » jusqu´au-boutiste, méchante, prête à tout pour que le pouvoir reste dans le clan, vous avez un peuple aux mains nues, une opposition bizarre et aux intérêts contradictoires. Il est donc évident de quel côté se penche le rapport de forces sur la balance.

La nature du régime des Gnassingbé

Du jamais vu sur le continent ce qui se passe au Togo depuis presqu´un demi-siècle. Le tout premier coup d´état en Afrique avec assassinat du chef de l´état tout juste après les indépendances, c´était au Togo.

Après avoir vainement tenté d´interrompre les travaux de la conférence nationale en Juillet 1991, des chars furent envoyés contre la primature, des citoyens furent tués des deux côtés, certains officiers qui commandaient la garde de la primature furent froidement abattus, le premier ministre arrêté, humilié et emmené de force chez le dictateur. C´était en décembre 1991 et c´était le premier coup contre la démocratie en Afrique et c´était encore au Togo.

En Octobre 1992 les membres du Haut Conseil de la République (HCR), parlement transitoire furent séquestrés pendant plusieurs jours dans l´enceinte du palais des congrès où ils siégeaient, battus, humiliés par un groupe de militaires dits « incontrôlés ». Pendant ce temps le tyran était tapis dans son palais et disait ne pas être au courant. C´était toujours au Togo.

En Février 2005 Eyadéma le sanguinaire meurt. Enfin la liberté! S´étaient écriés beaucoup de togolais, ils font un ouf de soulagement. Mais ils ne savaient pas qu´ils n´étaient pas au bout de leurs peines.

Gnassingbé Éyadéma avait décidé de leur faire voir de toutes les couleurs même après sa mort. Qui a oublié cet après-midi de Juin 1991, où, revenant d´Abuja, interviewé par un certain Koffi Panou, Éyadéma menaça les togolais de faire reculer le pays de cent ans?
Pour faire payer aux togolais l´audace d´avoir osé contester son pouvoir, il prépara son fils pour lui succéder et nos généraux de pacotille respectèrent à la lettre cette dernière volonté du dictateur.

Donc le régime changea en apparence mais l´ombre d´Éyadéma à travers son fils Faure plane toujours sur le Togo comme une épée de Damoclès.
Car le système politique, les instruments de fraude et de terreur, la pratique du népotisme, du tribalisme, la haine du peuple, le pillage des ressources du pays, la mauvaise foi, tout était resté en place.
Et quand vous avez affaire à un tel régime de voyous pour qui les mots patriotisme et amour du peuple ne veulent rien dire, et que vous n´avez que votre stylo et votre bouche comme moyens de lutte vous serez toujours perdant.

C´est pourquoi face à de tels bandits sans foi ni loi comme dirigeants il faut que le peuple soit bien informé, bien formé et bien sensibilisé pour qu´aux côtés de personnalités sérieuses, dévouées et désintéressées de la société civile et de l´opposition politique l´avènement de la liberté et de la démocratie soit possible.

Ce que devrait faire l´opposition

Faute d´avoir au Togo une armée qui puisse terminer le travail entamé par les populations, l´opposition vraie doit faire preuve de dépassement de soi, de patriotisme et surtout d´habileté pour arriver à une révolution qui permettrait la victoire du peuple.Car il s´agit d´une révolution pour faire table-rase, remettre les choses à plat pour pouvoir asseoir les bases d´un véritable état de droit. Il ne s´agit pas d´arriver au pouvoir pour simplement remplacer Faure Gnassingbé, si c´est ça l´agenda de certains, ils perdent leur temps et se trompent de programme et de combat. Car une alternance au pouvoir qui consisterait à remplacer les hommes par d´autres hommes pour continuer avec le même système, n´aura pas sorti notre pays du marasme dans lequel il se trouve.

Il faut une vraie révolution pour changer de fond en comble l´actuel système politique. Au lieu de nous inspirer de la révoltution burkinabè pour apprendre de nos erreurs du passé et faire enfin l´union, c´est au déchirement de l´opposition que nous assistons. L´euphorie des premières heures après la fuite de Compaoré et le semblant d´unité au sein de l´opposition s´étaient vite révélés comme un éphémère feu de paille.
Presque quotidiennement des partis de l´opposition qui devraient prendre les devants et mobiliser les populations se donnent en spectacle honteux face aux ennemis du peuple.

La raison à tout ce désordre au sein de l´opposition, à mon avis, est le repli trop prononcé de beaucoup de responsables politiques en vue sur leurs partis politiques. Nous sommes au stade du combat pour la libération du pays et à voir ce qui se passe on aurait l´impression que certains n´ont pas encore compris la portée du mal togolais.

Par la popularité de son parti, par le nombre de ses députés à l´assemblée nationale, l´ANC est le parti le plus important au sein de l´opposition et qu´on le veuille ou non son chef Jean-Pierre Fabre est par conséquent le chef de file de l´opposition. Et ce dernier aime bien le rappeler.

Mais être le chef de file de l´opposition dans la situation actuelle de notre pays doit-il être une fin en soi? Ne porte-t-il pas sur ses épaules l´espoir de tout un peuple? N´a-t-il pas le devoir de fédérer autour de lui toutes les forces démocratiques afin de chercher la meilleure stratégie pour faire partir le régime qui ne veut pas entendre parler d´alternance? Le peuple togolais a besoin de liberté, de démocratie, il a besoin que les ressources du pays lui reviennent de façon équitable. Il n´a pas besoin d´opposants éternels, incapables de s´entendre pour faire partir ceux qui le baillonnent.

« Démocratie d´abord, multipartisme après ».

Même après presque 25 ans le slogan de Tchèkpo du professeur Léopold Gnininvi doit encore bourdonner dans nos oreilles comme c´était hier.

Après chaque échec de l´opposition togolaise pour retrouver son unité indispensable à la lutte, le slogan de Tchèkpo devrait normalement revenir comme un refrain et surtout comme un avertissement.
L´homme politique Gnininvi avait certes ses défauts et ses qualités comme tout un chacun d´entre nous, mais qui peut nier la sagesse d´un tel slogan?

L´activité des partis politiques devrait être reléguée au second plan pour favoriser l´union de toutes les forces démocratiques afin de chercher les stratégies qui permettraient d´aboutir à un vrai changement de système politique dans notre pays.

Je ne comprends pas pourquoi l´ANC et ce qui reste de ses amis au sein du CAP 2015 sont focalisés sur les élections présendielles sans être capables de s´entendre avec les autres vraies forces démocratiques pour exiger le départ immédiat de Faure Gnassingbé ou à défaut les réformes constitutionnelles et institutionnelles avant toute élection.

Que d´élections n´avons-nous pas vécues au Togo et que de désenchantement, de violence et de morts n´avons-nous pas comptés? Des élections présidentielles en 2015 sans réformes sont déjà « perdues » d´avance.

Les nouvelles qui nous arrivent de Lomé sont tristes et méprisantes pour les populations togolaises.La mauvaise foi et la méchanceté du régime en place ne sont plus à démontrer et ce désordre, ces défections au sein du CAP 2015 ne font que décourager les vaillantes populations et les démobiliser, et constitue une grande aubaine pour le pouvoir qui n´attendait que ça. (Je ne veux pas parler du départ ou de l´exclusion des partis satellittes d´UNIR comme le NET)
Et on a l´impression que certains seraient plus préoccupés par leurs intérêts personnels et par les activités de leurs partis que de chercher une vraie union de l´opposition. Un seul parti ou un seul leader aussi populare soit-il, ne peut pas sauver le Togo, c´est ensemble que nous arriverons.

Permettez-moi de reprendre un passage de la très bonne analyse de mon ami Kodjo Épou sur icilomé.com:

« La stratégie du pouvoir est claire. Ne pas faire les réformes avant les élections présidentielles. L’après correspond à la volonté du chef de l’état qui veut écrire par perte et profit les 2 premiers mandats et si nécessaire celui qui va commencer en 2015. On s’attendait que Jean- Pierre Fabre voie ce gros piège, qu’il devance les évenement et, en bon leader, trouve de concert avec ses amis de l’opposition les moyens d’y précipiter les auteurs au lieu de s’y laisser prendre. Il faut pour cela du génie, l’effacement de soi et surtout ce que les Américains appellent «the ability to lead from the back » (la capacité de diriger en tenant une position arrière). Ce qui est bizarre, c’est que l’ANC ne dit pas clairement qu’elle veut les réformes avant les prochaines présidentielles mais se contente de jouer dans la cour de Faure Gnassingbé et le régime RPT-UNIR… »

Nous attendons des leaders de l´ANC et surtout de M. Jean-Pierre, en tant que chef de fil de l´opposition d´éclairer le peuple sur ce qui se passe vraiment au sein de l´opposition vraie. »Jean Pierre Fabre a reconnu qu’il y a une divergence profonde entre son parti et l’ADDI. Mais, M. Jean Pierre Fabre n’est pas parvenu à dire réellement le point de divergence qui a fait voler en éclat la cohabitation ADDI/ANC. »pouvait-on lire sur le site icilomé.com. Nous sommes restés sur notre soif après avoir lu le message du nouvel an du chef de l´ANC. Extrait :

« J’en appelle instamment au chef de l’Etat et au parti au pouvoir à se joindre à la volonté populaire pour que soient adoptées toutes les réformes déjà négociées et de manière consensuelle depuis 2006 et contenues dans la proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale par l’opposition »,Le temps des discours et des slogans creux est révolu, il faut des actions fortes à travers une forte mobilisation des populations.

Tout le monde sait que Faure Gnassingbé ne se joindra jamais à la volonté populaire pour scier la branche sur laquelle il est assis.

Il faut s´organiser de telle sorte que le rapport de force soit renversé, il faut obliger l´usurpateur soit à quitter le pouvoir tout de suite, soit à faire des réformes, et pour cela il nous faut la dynamique unitaire de l´opposition et M. Fabre doit nous dire pourquoi ça ne marche pas ce qu´il entend faire pour y rémédier.

Notre pays le Togo n´a pas le monopole de la trahison au sein de l´opposition et de l´existence de faux opposants. La roublardise du CAR à travers M. Agboyibo est devenue presque légendaire et l´apparition de temps en temps de petits comédiens d´opposants sur la scène politique nous est devenue habituelle, mais les forces démocratiques de bonne foi qui forment l´opposition vraie doivent se connaître quand même.

Pour terminer, encore une fois un rappel:
Nous avons en face des dirigeants pas ordinaires, il sont uniques sur le continent, ils cherchent à règner éternellement si on les laisse faire. Le peuple et ses souffrances constituent leur dernier souci.C´est pourquoi au sein de l´opposition aucun calcul partisan n´a plus sa place.
Comme les leaders de la société civile qui semblent parler d´une voix, nos leaders de l´opposition politique doivent laisser de côté leurs ego, ils doivent regarder la souffrance du peuple pour se mettre ensemble et mobiliser les populations pour le dernier assaut contre l´imposture qui dure depuis presqu´un demi-siècle. Autrement le peuple ne pardonnera pas.

Samari Tchadjobo

Allemagne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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