Quand « Ado pissanci » s’invite au siège du FPI

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Après la panique générale provoquée par les attaques du commando – presque – mystérieux, on a pensé à une petite accalmie, ces derniers jours. Erreur ! Les attaques continuent. Cette fois, les assaillants auraient-ils décidé de s’attaquer au siège du FPI sis à Attoban ? Sauf que pour cette fois-ci, la cible n’est pas militaire. Les armes utilisées ne sont pas lourdes et la stratégie est carrément différente. A moins qu’il ne s’agisse pas des mêmes assaillants.

Pour sûr, ce  ne sont pas eux. Ceux du « commando mystérieux ». Car comme on le dit, « on ne change pas une équipe qui gagne ». On ne change pas une stratégie qui semble marcher, comme sur des roulettes. Cette fois, « le commando » est connu, clairement identifié. Il n’est même pas mystérieux. Cette fois, en lieu et place du « Oh Christ !» (N’est-ce pas commandant Ousmane ?), les assaillants chantaient en chœur « pissanci, Ado pissanci, â magni dèh ! ». (Puissance, la puissance d’Ado est terrible !).

Eh oui, le concept « Ado pissanci » est terrible, voire mortel. Il a, à lui tout seul, jeté ses plusieurs de ses opposants politiques et militaires en prison. Si puissante, l’« Ado pissanci » contraint des milliers d’ivoiriens à l’exil. Vraiment « Ado pissanci, â magni dèh ! » (C’est mauvais dèh !).

Une telle puissance à la tête d’un Etat, de l’Etat ivoirien, ne peut être que « mauvais » », comme le chantaient si bien ces assaillants. L’ « Ado pissanci » vient de saccager et incendier les locaux du siège du FPI à Attoban, de dérober le matériel de bureautique,  non sans avoir molestée les responsables de ce parti politique qui y étaient en réunion.

Les chansonniers de ce refrain, « Ado pissanci », ne sont pas venus nuitamment, à bord de véhicules non identifiés. Non. Ils ont attendus que le soleil soit à son zénith. En plein jour. A bord d’un gbagka (mini car) bondé. Tout au long de leur trajet, ils se sont fait remarquer. Chantant à tue-tête : « Pissanci, Ado pissanci, â magni dèh ! ». Comme pour dire aux passants médusés  qui les regardaient: « Nous on n’a pas besoin de se cacher. On casse tout, on brûle tout. On brutalise et si ça ne suffit pas, on t’élimine et puis… y a rien ! Chez nous l’impunité, ce n’est pas un vain mot. C’est un comportement ».

Le constat est clair. Assaillants « Oh Christ » contre assaillants « Ado pissanci », franchement, « y a pas match ». Pendant que les premiers, à armes égales, s’attaquent à des cibles militaires, les seconds, quant à eux, s’attaquent à des civils sans défense. Et quels civils ? Des responsables de parti politique, qui n’ont d’armes que leurs idées et leurs arguments politiques.

Cela vous étonne ? Vous êtes scandalisés ? Mais pourquoi donc ? Cela a toujours été ainsi, depuis l’avènement du régime « Ado pissanci ». Le concept « Ado pissanci » s’est toujours invité à travers la violence, la barbarie et la sauvagerie dans le débat intellectuel et politique ivoirien. Débat auquel, ses militants ne comprennent, bien entendu,  que dalle. D’ailleurs, ne demandez pas à « Ado pissanci » ce que c’est qu’une opposition. «  Connait pas », répondra-t-il. Si vous insistez, il vous demandera si « ça se mange ». Car il ne connait que ça, le « bramogo », l’adopissanciste. Se bourrer le ventre et cogner ensuite très fort sur tout ce qui l’embête. Pour lui, la « réconciliation », « ça peut attendre », jusqu’à ce que…, les poulets aient des dents. D’ailleurs à quoi sert la réconciliation nationale, pour le régime qu’il soutient ? Sinon à faire les yeux doux à l’opinion internationale. Rien de plus. Monsieur Banny et sa CDVR peuvent aller voir ailleurs. Ici, il n’y a que l’« Ado pissanci » qui tienne.

Pourquoi donc vous lamentez-vous, « pro-Gbagbo » ? « Ado pissanci », c’est ça ! Depuis longtemps, ils vous ont prévenus, vous les « pro-Gbagbo », et les « gens » du FPI. Ils disent que c’est vous qui attaquez leurs FRCI. Leurs médias de propagande, pires que « les milles collines », vous ont prévenus. Les adopissancistes n’ont pas besoin d’enquêtes, ni de preuves. Trop parler les fatigue. Ils ne sont pas dans les débats contradictoires et constructifs. Quand ça les dépasse, ils font une descente musclée, avec des militants surexcités et des FRCI assoiffés de sang, sans oublier les dozos, chasseurs de viande humaine. Ils « gnagami » (mélangent) tout. Cassent tout. Brûlent tout. Volent tout, même les stylos (qui sait, ça peut se vendre au marché d’Adjamé).

Alors qu’est-ce que vous pensiez, « pro-Gbagbo » ? S’ils ont bombardé le domicile de votre chef – bois vert – l’ont arrêté, puis l’ont déporté. Malmenés certains de ses partisans et les ont jetés en prison, après en avoir tué une bonne partie, pensiez-vous, vous les rescapés – bois sec –  qu’ils vous dorloteraient ?

Sortez donc de votre sommeil, ce n’est pas un cauchemar ! Non. On est en plein dans la réalité. Dans un Etat de non-droit, où le civisme, le respect de la démocratie…, de l’Homme tout simplement, de sa Dignité, ont foutu le camp. On est en plein dans un pays où les disparitions, les enlèvements d’hommes sont des pratiques quotidiennes, qui ne semblent plus émouvoir personne. Un Etat-chaos, un Etat-barbare, un Etat… Ado-pissanci.

Mais sachez-le, une bonne fois pour toute. Derrière ce concept « Ado-pissanci », se cachent en réalité la couardise, l’incompétence et la fébrilité d’un régime en plein doute. Et comme toujours, dans pareilles situations, on s’attaque à plus faible que soi. Mais…

Pensez-vous, un seul instant : la force brutale, sauvage et barbare peut-elle faire long feu devant la conviction, la détermination et le courage ? Peut-elle prospérer d’avantage devant l’intelligence et la force de la sagesse ?

Marc Micael

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