Ouattara : Ich bin ein berliner Baratineur !

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Lors du voyage de John Kennedy en Allemagne, et plus précisément à Berlin Ouest, le 26 juin 1963 après le traumatisme de la seconde guerre mondiale, la partition de l’Allemagne, quinze ans après le blocus de Berlin, le président américain avait osé ce «Ich bin ein Berliner» dans la langue de Goethe, et qui était allé droit au cœur des Berlinois de l’Ouest, qui vivaient enclavés en Allemagne de l’Est et craignaient une possible annexion par les Rouges. Ce soutien du Grand frère américain était une bouffée d’oxygène pour eux ! Voici cette expression dans son contexte :

« Il y a 2 000 ans, la phrase la plus glorieuse était civis romanus sum (« je suis citoyen romain »). Aujourd’hui, dans le monde de la liberté, la phrase la plus glorieuse est Ich bin ein Berliner… Tous les hommes libres, quel que soit l’endroit où ils vivent, sont des citoyens de Berlin, et, en tant qu’homme libre, je suis fier des mots : Ich bin ein Berliner ! »

Il est évident que l’Elephant déchainé ne pouvait pas mettre l’expression originelle dans la bouche de Ouattara, parce que Ouattara est tout sauf le représentant d’un monde libre : depuis son accession au pouvoir, porté sur les ailes du Coq français Nicolas, il a tout fait pour désosser, démembrer son pays d’adoption et mépriser, miner , laminer ses habitants, les appauvrir, les tuer lentement et sûrement par petites touches superposées, avec le sourire et la démocratie accrochées à chacune de ses dents carnassières !il est vrai également, que si l’expression a été détournée en 2009 par le Canard Enchainé qui en a fait « Ich bin in Baratineur » en parlant du mensonge éhonté d’un certain Nicolas Sarkosy qui se voulait être à Berlin le jour de la chute du mur de Berlin, cette phrase lâchée depuis un bateau à la dérive, la Nouvelle Côte d’Ivoire du régime Ouattara, est comme une bouteille d’eau à la Mer, peu de gens auront la chance de la récupérer, et de comprendre le sens de son message, le sens derrière le sens !

Mais voila affirmer dans sa page de garde le 15 janvier 2012,« ich bin in Baratineur », vaut à l’Eléphant déchainé d’offenser la couronne de l’Empereur de Kong, qui apparemment n’est même pas d’ascendance impériale, selon les dernières recherches. Les français ont l’habitude de ces singeries : Valéry Giscard n’avait-il pas rajouté « d’Estaing », un nom et une particule qui ne se rattachaient à aucune famille, aucun château, aucune lignée ; et Mitterand, l’homme de gauche, l’homme du peuple, n’avait-il pas rétabli le protocole qui était tombé un peu en désuétude sous ses prédécesseurs à l’Elysée…

« Ich bin in Baratineur » : est-ce faux d’affirmer que Ouattara a été le poulain de Sarkosy, lequel avait endossé sans sourciller cette appellation, car effectivement les journaux allemands avaient affirmé que la mémoire de Nicolas avait été déficiente dans l’évocation de cet événement ! Si Nicolas n’a pas vu d’outrage, pourquoi Dramane le verrait-il ? Après tout, son passage à Berlin a laissé tout le monde sous le charme, Ouattara sans Dominique à ses côtés, -un évènement tellement exceptionnel qu’il mérite d’être signalé-, a séduit littéralement Mme Merkel, qui était aux anges ! Il a su flatter la Chancelière et ses sujets en haussant l’Allemagne aussi haut que la France dans son amour pour l’Occident ! Ya, Frau Bundeskanzlerin, je vous aime autant que Nicolas, et d’ailleurs je viens seul, sans ma blonde pour vous honorer ! Parce que vous êtes une vraie femme politique, vous ne passez pas votre temps à distribuer des bonbons et des cartables aux enfants d’Abobo, commander des messes funèbres ! Vous etes une blonde, une vraie, comme ma sœur Christine Lagarde qui m’a rassuré dans mon fauteuil de Président-Economiste, je peux même après son passage affirmer que la croissance n’est pas de 8;5 pour cent cette année, mais 8,6 ! la reine Christine du FMI m’a boostée et je suis au mieux de ma forme pour supplier les allemands et les investisseurs : venez chez moi en Elfenbeinkuste (la Côte d’Ivoire en allemand), prenez ce qui reste à prendre, ce que Nicolas et les autres n’ont pas encore raflé ! Ich bin in Baratineur ! »

Et c’est vrai le charme a opéré ! Alors quel dommage que le ministre de la justice ivoirien annonce des poursuites contre « L’Eléphant » Déchaîné » qui n’a mis en avant que le charisme incroyable de Dramane dont la pluie de paroles, en ce 16 janvier glacial de Berlin a fait fondre toutes les appréhensions et a rendu le sourire à la Chancelière allemande. Plutôt sérieuse et réservée, elle a même reçu le « Kandidat », devenu « Herr Präsident » en le faisant passer devant une haie d’honneur militaire ! J’imagine qu’il a eu quelques petites sueurs en passant entre les rangées de militaires : imaginez, ils étaient tous armés ! Pas comme en Côte d’Ivoire, où tout le monde est démilitarisé (sauf l’armée tribale du chef), version peace and love, comme il l’a encore dit dans son discours, mettant en avant la réconciliation, les portes des prisons grandement ouvertes pour quelques 8 opposants, les élections à venir où tout le monde va se retrouver avec des accolades et des bisous, car la page est tournée !

Oui, toute la Côte d’Ivoire est là, souriante, radieuse devant le programme électoral qui n’en finit pas de se dérouler depuis deux ans et dont le versant concret n’est jamais allé plus loin que le plan com de Nicolas Sarkozy, et que l’on peut sans aucun doute résumer ainsi « Ich bin ein Baratineur », et avec son équipe de racoleurs des investisseurs potentiels allemands, nous pouvons affirmer tous en chœur avec Ouattara, le danseur de claquettes, en mettant chapeau bas devant Frau Angela « Wir sind alle Baratineurs » !

Shlomit Abel, 17 janvier 2013

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