Norbert Zongo : On s’éloigne de lui

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Quatorze après ans après la disparition du Directeur de publication de « L’Indépendant » l’heure est au bilan à mi-parcours. Et si bilan il y a, on peut dire que la lutte pour la justice, la vérité pour l’illustre disparu n’a pas produit les effets escomptés. A leurs actifs, les différents mouvements, d’associations, d’artistes, de réseaux en lutte depuis la disparition de Norbert Zongo peuvent brandir plus de liberté d’expression, moins d’injustices, et de censure au Burkina Faso…Par contre, l’irrespect, le mépris de l’autre, l’admission des « va-nu-pieds » sont devenus l’apanage de certaines organisations de masses. Depuis le 13 décembre 1998 et sous l’égide du Collectif, du MBDHP, de l’ANEB…, des élèves insultent des enseignants, des universités sont devenues des sanctuaires de boycotts, des « tours de Babel » où l’autre est tout sauf un interlocuteur.

Somme toute, c’est tout le contraire de l’idéal recherché par Norbert Zongo, qui avait le mérite de partager son temps, son savoir, sa conviction avec les apprenants et toutes personnes disposées à écouter. Norbert n’avait pas d’ennemis, mais il avait des principes. Et ce sont ces principes qui le poussaient à « fouiner » un peu partout pour cerner et révéler au grand jour ceux qui s’hasardaient à marcher dans la nuit. Est-ce pour rendre justice à ce monsieur qu’on a appris aux Burkinabè à ne pas dialoguer, à casser et à outrepasser l’éthique, la morale, la loi ?

Demander qui était Norbert Zongo, qu’est devenu son journal, sa famille et vous serez déçus par des réponses de scolaires et d’étudiants. Si avant 1998 les problèmes du Burkina étaient la toute puissance de la quatrième République, l’élimination des « mauvaises graines », le « Yel kayé », on peut dire que le mal est bien plus fort et plus sournois de nos jours. De quelques poignées d’individus, on s’est retrouvé avec des générations de Burkinabè sans repère, sans foi ni loi et qui réclament souvent sans savoir. Toute raison gardée, les « avant-gardistes » de la lutte pour la justice, la démocratie, l’équité, doivent accepter de se regarder dans un miroir.

De revenir sur leurs stratégies de lutte afin de dire aux élèves que le boycott des cours permet à de cupides fondateurs d’établissements d’engranger des millions, à des fonctionnaires de l’Etat de « toucher » sans travailler, à des voleurs de s’immiscer dans le lot des honnêtes citoyens, à des « fils à papa » d’empêcher des enfants du bas peuple d’étudier, et donne le temps aux accusés de se dédouaner et de revenir en « col-blancs ». Malheureusement, ceux qui sont à craindre aujourd’hui sont les syndicats et les associations, parce qu’ils n’admettent plus de critiques, ils divulguent de moins en moins les valeurs. Ils sont tout simplement plus blancs que neige. Et c’est dangereux !

Ousséni BANCE

L’Express du Faso

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