Massina et Yark : Duel entre deux tortionnaires

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Pendant que de gros nuages qui n’augurent rien de bon s’amoncellent sur le pouvoir et que l’ambiance au sein du sérail est de plus en plus délétère, les différents acteurs, pour ne pas dire les protagonistes de cette tragicomédie font feu de tout bois pour donner à l’opinion l’image d’une parfaite harmonie et sérénité au sommet de l’Etat. Ainsi l’homme qu’on présente comme la probable cible de cette agitation particulière qui secoue le sérail sur fond de «complotite» continue d’afficher la plus grande entente avec le Prince.

Il y a de cela trois semaines, c’est ensemble avec le Prince et l’officier «sécurocrate» que le ministre «Grand Format» s’est rendu chez Blaise Compaoré. Selon des indiscrétions, le Facilitateur malgré ses propres déboires aurait tenté d’amener les trois mousquetaires à la raison. Samedi 21 mai 2011, jour d’investiture du Président ivoirien Alassane Dramane Ouattara, à la demande du Prince, Pascal Bodjona était de nouveau du voyage en compagnie de la belle et discrète Cina Lawson. Malgré cette ambiance d’accalmie, les choses ne semblent pas aller comme sur des roulettes.

Les montages ubuesques, les coups bas, les mesquineries sont toujours d’actualité et tendent même à se propager au-delà du cercle restreint. Le débarquement impromptu et humiliant de Robert Bakaï, le propriétaire de tous les dossiers du poste de Procureur de la République n’est rien d’autre qu’un épisode de cette série que d’aucuns qualifient déjà de Cercle de feu. En soufflant le chaud et le froid, Faure Gnassingbé donne l’impression d’un crocodile qui dort les yeux ouverts. Il est au centre de toutes les manœuvres. Et dans ce sens, il semble donner raison à Mimi et Abidé Gnassingbé qui déclaraient jeudi dernier sur les ondes que Faure est un homme pervers, cynique et méchant. Avec feu Eyadema, on savait à qui on avait affaire mais avec le fils rien n’est évident.
Bisbilles entre officiers

De Sow Agba Bertin en passant par Robert Bakaï pour atteindre le ministre «Grand Format», la Nuit des longs couteaux continue. Dans ce jeu, chaque protagoniste compte ses amis et passe en revue ses fidèles. Mais lorsque la mésentente s’invite entre les corps habillés, il y a lieu de s’inquiéter.

Selon des sources autorisées, l’ambiance est délétère entre le chef du Guantanamo local le colonel Yotroféi Massina et le DG de la gendarmerie le Lieutenant-Colonel Yark Damehane. Le second accuse le premier d’outrepasser ses prérogatives et d’empiéter sur les siens.

On sait que l’ANR (Agence Nationale de Renseignement) s’invite dans tous les dossiers, ce qui n’est pas de nature à plaire à d’autres services concurrents. Mais la situation s’est dégradée davantage entre les deux hommes lorsque le chef du Guantanamo, selon les mêmes sources, a tenté d’ouvrir une enquête sur la femme du DG de la gendarmerie qui serait propriétaire d’un luxueux hôtel dans la banlieue Nord de Lomé. Le DG de l’ANR voulait savoir d’où proviennent les fonds qui ont permis de construire le Blue Angel Hôtel, un bâtiment construit sur à peine un lot mais qui compte environ 40 chambres, le tout dans un confort total. C’était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Informé de la situation, le jeune monarque qui a toujours le temps pour autre chose, a confié le dossier au chef d’Etat-major des FAT, le Général Atcha Titikpina pour désamorcer la bombe entre les deux frères d’armes. Mais toutes ses tentatives se sont révélées vaines. «Entre les deux hommes, ce n’est pas la guerre, mais ce n’est pas la paix non plus», nous a confié une source qui ironise sur ce différend.

Du reste, les bisbilles qui naissent entre des frères d’armes ne sont que la résultante de la purge qui est organisée depuis un certain temps au sommet pour mettre à la touche certains barons jugés encombrants. Pris donc sous cet angle, on se demande ce que cherche vraiment Faure Gnassingbé en laissant s’instaurer dans son entourage une ambiance délétère où des gens qui s’entendaient hier comme des larrons en foire, en viennent à se regarder en chiens de faïence prêts à en découdre à la moindre incartade.

C’est dans cette atmosphère que l’épineuse question de la dissolution du RPT revient sur le tapis, à plus d’un an des prochaines législatives. Faure Gnassingbé a-t-il suffisamment de couilles pour mener la guerre dans son propre camp sur plusieurs fronts? Les jours à venir nous situeront.

Mensah K.

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