Littérature – Décès de Chinua Achebe «Le monde s’effondre»

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D’origine Ibo et cinquième d’une famille de six enfants, il se range du côté des siens lors de la sécession du Biafra en 1967

Révélé au monde de la littérature avec son roman «Le monde s’effondre» ou Things Fall apart , Chinua Achebe est décédé ce weekend 21 mars dans un hôpital de Boston (Etats Unis).

Né le 16 novembre 1930 à Ogidi (Nigeria), Chinua Achebe fut un personnage aux mots crus, parfois à l’endroit du gouvernement nigérian ou à des intellectuels occidentaux, tentant à présenter le continent noire comme une peine perdue. Pêle mêle, il refusa à deux reprises la médaille de commandeur de la République fédérale du Nigeria qu’il juge comme un pays malade.

«Des auteurs comme Ernest Hemingway ont représenté la population noire africaine comme des sauvages et sont ainsi à l’origine d’un immense blasphème. c’est pourquoi j’ai décidé de tenter d’écrire des livres où les personnages étaient des Africains comme je les connais», disait-il.

Après des études universitaires à l’Université d’Ibadan et des enseignements à l’université de son pays, il collabore par la suite avec la chaîne Nbc (Nigerian Broadcasting Corporation), avant de s’envoler pour les Etats Unis, où il dispense des cours dans des universités.

D’origine Ibo et cinquième d’une famille de six enfants, il se range du côté des siens lors de la sécession du Biafra en 1967. Après «le monde s’effondre», vendu à des millions d’exemplaire, qui relate une Afrique face à l’orage occidentale, Achebe a publié une vingtaine d’ouvrages, sanctionnés par des distinctions, comme en 2002 le Prix de la paix des libraires allemands et en 2007 le Prix international Man Booker pour l’ensemble de son œuvre.

Considéré par Lla sud-africaine Nadine Gordimer (prix nobel de la littéraure en 91) comme une des voix les plus fortes et les plus subtiles de l’Afrique dans la littérature du XXe siècle, un moraliste et un grand narrateur, Chinua Achébé déclarait en 1965: «Pour ma part, je serais plus que satisfait si mes romans pouvaient déjà montrer à mes lecteurs que leur passé -avec toutes ses imperfections- n’était pas une longue nuit de sauvagerie dont ils ont été délivrés par les premiers Européens agissant au nom de Dieu ».

Kamagaté Issouf
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