Les membres de la CENI élus n’acquièrent pas le consentement de toute la société civile

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Dix sept nouveaux membres de la Commission Electorale Nationale Indépendante ( CENI) ont été désigné le 21 Août dernier par l’Assemblée Nationale, lors d’une session extraordinaire de l’année . Ces dix sept (17) membres chargés d’organiser et de superviser l’élection présidentielle de 2010 au Togo, sont composes à parité de 5 membres pour la majorité présidentielle et l’opposition parlementaire, de trois membres de l’opposition extraparlementaire, trois de la société civile et d’un de l’administration publique. La composition de cette CENI longtemps source de polémique, a été possible grâce à la facilitation du président du Burkina-Faso Blaise Compaoré  qui a réussi à obtenir un accord de distribution de sièges au cour d’une récente rencontre qui a eu le 7 et 8 août  à Ouagadougou avec la mouvance présidentielle et l’opposition parlementaire. 

Mais cette distribution de sièges que les principaux partis politiques qualifient de « consensuelle » est vivement contestée par une organisation de la société civile togolaise, le groupe de réflexion et d’Action Femme Démocratie et développement (GF2D). Ce groupe  connu pour avoir pris part à la signature de l’Accord Politique global (APG) dénonce le point du récent accord relatif à la désignation des trois membres de la société civile, membres dont le choix est désormais parrainé par les partis politiques parlementaires,à raison d’un pour l’opposition, d’un pour le pouvoir et le 3e en tant qu’une proposition commune au GF2D et le Réseaux des Femmes Africaines Ministres et Parlementaires( REFAMP), deux organisations signataires de l’APG.

 

Dans un communiqué lors d’un point de presse, le GF2D estime qu’ils sont deux organisations ayant chacune «  une identité propre » et qu’il refuse de «  s’engager dans une démarche qui risque de l’opposer aux organisations ayant des visions propres ». En ce qui concerne le parrainage, le groupe a fait savoir  que «  le parrainage est un risque d’atteinte grave au principe d’ indépendance et d’impartialité de la société » qui les « fragilise et les empêche de jouer le rôle de veille et de contre pouvoir ». Par ailleurs, le GF2D a fait remarquer que le nouveau accord est « une tendance de la classe politique togolaise à embrigader ou à écarter le société civile dans la gestion des affaires publiques ». Ce qui constitue » une dérive grave et un danger » à l’encontre de la démocratie et des droits universels.

Il est à noter que, par le passé, le GF2D et la REFAMTJ avaient chacun un représentant au sein de la CENI. La nouvelle répartition a tenu compte seulement des préoccupations des principaux protagonistes et semble laisser pour l’instant, celles « des petits partis » .

Signalons par ailleurs que l’Assemblée avant d’élire les nouveaux membres de la CENI, avait modifiée le code électoral notamment en ces articles 63, 168 et 170. Ces modifications allègent les conditions d’éligibilité à l’élection présidentielle. Il  n’est plus nécessaire à un candidat présidentiable de renoncer à d’autre ni de présenter un quitus fiscal, comme l’exigeait l’ancienne loi. Ces amendements faits dans un souci d’apaisement ouvrent désormais la porte à la candidature de M. Gilchrist Olympio, leader du principal parti d’opposition parlementaire, l’Union des Forces de changement(UFC).

Pour le reste, on note qu’avec l’élection des membres de la CENI et des amendements apportés au code électoral,  que le processus   pour l’élection présidentielle est définitivement enclenché, même si il y’a encore des sujets de discordes sur des problèmes portant sur la constitution en vigueur.

Bernadin Adjosse

 

 

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