Le renard passe, passe… chacun à son tour

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«Au moment où je dois faire face à l’épreuve d’une mise en examen injuste et infondée, je remercie du fond du cœur tous ceux qui ont tenu à me témoigner de leur confiance. A tous ceux qui m’ont soutenu comme à ceux qui m’ont combattu, je veux affirmer qu’à aucun moment de ma vie publique, je n’ai trahi les devoirs de la charge. Je vais consacrer toute mon énergie à démontrer ma probité et mon honnêteté. La vérité finira par triompher. Je n’en doute pas. Il va de soi que je ne réclame aucun traitement particulier si ce n’est celui de tout citoyen d’avoir le droit à une Justice impartiale et sereine. C’est parce que j’ai confiance dans l’institution judiciaire que j’utiliserai les voies de droit qui sont ouvertes à tout citoyen. NS ».

La signature NS renvoie à Nicolas Sarkozy. Ces propos sont un post de l’ancien chef de l’Etat français fait, le lundi 25 mars 2013, sur le réseau social Facebook. M. Sarkozy réagissait ainsi officiellement à sa mise en examen, jeudi dernier, par le Tribunal de Bordeaux (France) pour abus de faiblesse à l’encontre de l’héritière de l’Oréal, Liliane Bettencourt. Une décision intervenue après cinq ans d’enquête. Sarkozy est fortement soupçonné par la Justice française d’avoir perçu de l’argent de la part de Mme Bettencourt pour financer sa campagne présidentielle en 2007. Ce que l’ancien patron de l’UMP (droite) nie, visiblement sans convaincre. Puisque des employés de la milliardaire soutiennent le contraire.

A lire le post de Nicolas Sarkozy sur Facebook, on croirait entendre Dominique De Villepin. L’ex-Premier ministre de Chirac et « ennemi » juré de Sarkozy avait également été mis en examen par la Justice française. C’était le 27 juillet 2007 dans l’affaire Clearstream. De Villepin sonné comme l’est aujourd’hui Sarkozy, avait crié au complot et pointer du doigt son « ennemi » juré, «Nicolas». Ironie du sort, Nicolas Sarkozy embouche aujourd’hui la même trompette. Sans le dire explicitement, il se présente comme la victime d’un complot ourdi par les tenants actuels du pouvoir. C’est-à-dire François Hollande et la gauche. Vrai ou faux, un fait demeure certain. Chacun à son tour. Comme le dit la chansonnette : «Le renard passe, passe…chacun à son tour ».

A Bangui, c’est le même schéma. Le général-président centrafricain François Bozizé a quitté le pouvoir comme il y est arrivé. Par un coup d’Etat. Renversé par la rébellion armée de la Séléka, le dimanche 24 mars 2013, Bozizé a trouvé refuge au Cameroun. A l’instar de son prédécesseur, Ange-Félix Patassé, qu’il avait renversé en 2003 par un coup d’Etat. Patassé s’était enfui vers le Cameroun avant de s’exiler au Togo. «Quand on est au pouvoir, il faut agir comme si l’on est dans l’opposition ». Disait un homme politique pour signifier qu’il faut moins brandir l’étendard de la haine, de la violence et de la «toute puissance». Parce qu’à la vérité, «le renard passe, passe… ».

Didier Depry Notre Voie

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