Le peuple wê pleure, Ouattara lui sert des discours politiques

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« Aucun ivoirien ne sera plus refugié dans son propre pays. Tous les camps internes seront définitivement fermés. Tous ceux qui occupent illicitement les plantations, les maisons d’autrui, les églises ou mosquées doivent immédiatement les libérer. Des bataillons mixtes seront également installés à Duékoué pour la sécurisation des biens et des personnes». (Koné Kafana Gilbert, ministre, au nombre des émissaires de monsieur Alassane Ouattara, dépêchés à Duékoué).

Comme d’habitude, ils sont arrivés, ces émissaires de monsieur Ouattara. Ils sont arrivés plus d’une semaine après que le sang des réfugiés du camp de Nahibly eut coulé. Ces médecins après la mort.

Etaient-ils venus, sur les lieux du crime pour compatir à la douleur des familles endeuillées ? Non, pas du tout. Ils étaient là en réalité, pour laver l’image salie de leur grand patron. Car le drame des refugiés massacrés ici en Côte d’Ivoire, pendant que lui, le grand chef faisait les yeux doux aux chinois, a gravement entaché son image déjà terne. Et du coup, la thèse selon laquelle « la réconciliation est en marche en Côte d’Ivoire », ne tient plus la route. Ce énième massacre illustre la profondeur de la fracture sociale de la société ivoirienne sous son règne.

« Aucun ivoirien ne sera plus refugié dans son propre pays » ? Cette belle phrase va-t-elle ramener toutes ces personnes assassinées à Duékoué ? Ces morts que leurs familles pleurent encore dans une douleur indicible ? Le discours est beau et alléchant, certes. Mais il n’est pas pour eux, non pas du tout. Pas pour les wê meurtris dans leur chair et dans leur âme. Ces vœux pieux sont pour la propagande politique, pour les média. Un tel discours a été tenu pour que dans les jours qui suivent, l’on entende dire dans les journaux, à la radio et à la télévision Tci-Rti : « voilà, monsieur Ouattara travaille pour les réfugiés, pour les ivoiriens. Le gouvernement a pris des mesures énergiques pour régler les conflits à Duékoué. La paix et la réconciliation ont été scellées entre malinké et wê ». Et quoi d’autre encore ?

Tous ces déplacés, ces réfugiés, relégués au rang de clochards, abandonnés et livrés aux assassins par le régime ouattariste, tels des chiens errant dans leur propres pays, où voulez-vous qu’ils aillent ? Ils n’ont plus rien. Tout leur a été arraché, même leur dignité. Et leurs bourreaux qui sont encore sur leurs terres, dans leurs champs. Qui les y attendent encore pour régler leurs comptes, une bonne fois pour toutes.

Les émissaires de monsieur Ouattara ont aussi parlé de bataillons mixtes qui seront également installés à Duékoué pour la sécurisation des biens et des personnes ». C’est à tomber de rire ! Ces mêmes forces qui composeront ce « bataillon », étaient-là et sont encore-là, dans cette région de l’ouest de la Côte d’Ivoire, quand les wê se faisaient massacrer. On peut même affirmer que c’est sous leurs yeux et avec la complicité de certaines, que le génocide wê s’est perpétré. Que peut donc faire la force de l’Onuci, cette grande incapable ? Que peut faire le Hcr, impuissante ?

« Tous ceux qui occupent illicitement les plantations, les maisons d’autrui (…), doivent immédiatement les libérer ». « Occupation », le mot est lâché. Quand nous donnions l’alerte au sujet du drame des wê, sur l’expropriation de leurs terres par des étrangers, ces mêmes chantres de la ouattarandie, faisaient mine de ne point l’entendre. Les voilà aujourd’hui rattrapés par la réalité. Il est bien beau d’en parler. Mais joindre l’acte à la parole est mille fois mieux.

Malheureusement, comme toujours, dans cette nouvelle Côte d’Ivoire, « des enquêtes qui sont toujours en cours », les réfugiés, à peine retournés sur la terre de leurs ancêtres, se feront encore massacrer. Et comme d’habitude, ces mêmes émissaires de monsieur Ouattara viendront une fois de plus, pour leur servir des discours politiques, relevant de l’utopie.

Marc Micael La Riposte

 

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