Le business de la présidentielle au Togo

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Le business s’étend aussi à une panoplie d’organisations et d’associations bidon dont la plupart sont nées hier matin.

Dans exactement trois semaines, les Togolais iront aux urnes pour élire leur président. En attendant le jour J, beaucoup d’individus du côté de Lomé s’en mettent plein les poches. Les membres du gouvernement, de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC), les organisations de presse, la presse elle-même, les opérateurs économiques, d’obscurs communicants introduits dans la cour du prince et certains oiseaux de mauvais plumage sont ceux qui tirent profit de l’élection à venir. Comme le dirait l’autre, c’est la saison du cacao pour ce beau monde. Le business a démarré depuis et est à son apothéose. Faure, son premier ministre et ses ministres ont retrouvé leurs jambes de jeunes de dix huit ans au point d’avaler des kilomètres pour apporter le message de non-violence, de paix comme si quelqu’un leur avait soufflé qu’il va faire la guerre.

Le Togolais est trop pacifique pour s’adonner à la violence sauf que ce qu’il demande, c’est que les élections soient organisées dans la crédibilité et la transparence. Des élections qui reflètent réellement leur vote. Si ceci est garanti, l’on n’a même pas besoin de dépenser un rond pour aller sensibiliser les jeunes à être pacifiques lors des joutes électorales. Celui qui s’est illustré dans cette mission est « Tamara » Gilbert Bawara, le premier flic de Faure.

L’homme vient de boucler une tournée à Lomé et ses environs pour parler de non-violence, paix et autres. Mais Bawara n’est pas le seul messager de l’équipe, il y a aussi certains de ses collègues qui s’agitent sur le terrain comme de jeunes puceaux devant des femelles. Ils y vont munis de pacotilles comme dons. A croire que c’est maintenant qu’ils se rendent compte que les populations ont des problèmes ou qu’ils découvrent le Togo pour la première fois de leur vie. A la suite des émissaires du gouvernement, la HAAC de Kokou Tozoun. Voilà une institution qui a retrouvé tous ses talents actuellement. La HAAC multiplie les séminaires et ateliers sur toute l’étendue du territoire ces jours-ci avec les mêmes contenus à quelques exceptions près que cela devient ennuyeux et contre-productif. La routine à chaque veille d’élection au Togo. Code d’éthique et de déontologie du journaliste et patati patata. Apparemment à la HAAC, le disque refuse de se rayer même s’il faut rassembler parfois les mêmes têtes pour des séances de répétition qui vont finir par le partage du gâteau des membres de l’institution. Le business s’étend aussi à une panoplie d’organisations et d’associations bidon dont la plupart sont nées hier matin. Celles-ci disent d’ailleurs défendre les idéaux et la politique d’une seule personne, Faure qui se trouve être celui qui est le plus fortuné d’entre les cinq candidats à la magistrature suprême. Faure seul fait battre le cœur de plusieurs associations à Lomé et à l’intérieur du pays. Il fait tourner le business de la présidentielle en interne et à l’extérieur où des pages lui sont consacrées dans des revues et magazines comme l’incontournable Jeune Afrique. Des milliards sont ainsi déversés à l’heure où les travailleurs crient à l’augmentation de leurs salaires et menacent de secouer le cocotier à Lomé. Vont-ils être entendus au moment où Faure, ses amis, ses ministres, ses DG, son parti n’ont d’oreilles que pour le 25 avril 2015?

Taffa Biassi Lynx.info
 

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