L’armée, cette énigme!

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Comment peut-on vouloir le soutien et l’appui d’un corps dont on ignore tout: son langage, ses attentes et surtout ses appels du pied. Il faut arrêter de lui tirer dessus à boulets rouges car les vrais coupables sont à rechercher ailleurs. Les leaders doivent d’abord comprendre la complexité de l’armée togolaise avant de porter sur elle un quelconque jugement.

Pendant longtemps, les militaires qui sont nos frères, nos enfants et nos pères ont été identifiés comme la branche armée d’abord d’Eyadema, ensuite du RPT. En réalité, il y a une minorité de perturbateurs, composée du clan (frères, cousins, enfants, neveux et gendres) qui détient tout l’appareil du commandement. Tout le reste est tenu en respect par le “pacte d’allégeance et de fidélité”. Toute entrave ou tout égarement est sanctionné par la mort. Le parcours de survie du supplicié passe par un passage rédhibitoire qui est le féticheur Tanaw de Djamdé, véritable cauchemar des officiers. Sa potion magique peut s’avérer être un puissant poison mortel (Lieutenant Amouzou, Colonel Assila, Colonel Merlaud et Capitaine Francisco. Le refus de se présenter devant Djamde expose aussi les récalcitrants à la mort par assassinat (Gaston Gnéou, Osseyi, Koffi Kongo). Certains qui ont eu le courage de critiquer les dérives de l’armée ont été purement et simplement assassinés ou exécutés. C’est le cas d’Ameyi, de Tepe, d’Akpoh, d’Epou, de Tokofai, etc.

Tout comme le peuple, l’armée cherche son rédempteur. Tant qu’elle ne l’aura pas trouvé, elle ne franchira pas le Rubicon, d’où la nécessité de désigner un leader à la fois dur et souple, intraitable et flexible. L’armée s’engagera clairement et résolument quand elle aura identifié ce leader intrépide.

Où était l’opposition quand on a voulu assassiner le Général Bonfoh? Le Général Tidjani a eu la vie sauve grâce à la bravoure et à la témérité du soldat Gbessa (ancien chauffeur du Colonel Biténéwé) quand Ernest a tenté de l’assassiner au camp Landja. Le Colonel Biténéwé a été sauvé du glaive par le clergé, mobilisé de la base au sommet, tandis que le Capitaine Pelo et le Colonel Assih ont dû choisir entre la mort et l’exil. Le jeune Lieutenant Innocent Kpandang et bien d’autres encore ont été empoisonnés. Face à toutes ces tragédies, les leaders de l’opposition n’ont pas cru bon de lever le petit doigt, s’enfermant plutôt dans leurs calculs mesquins, cherchant à éliminer un candidat jugé dangereux pour leur accession à la présidence. Ils ont ignoré l’appel au secours de l’armée qui leur envoyait des “SOS”.

Aujourd’hui que nous voulons une refonte de l’armée dans la société, il incombe à l’opposition de désigner en son sein l’oiseau rare, celui là même qui pourra répondre à l’appel de l’armée tout en restant près du peuple.

De 1990 a 2010, soit pendant 20 ans, nous avons pu voir nos leaders (à l’exception d’un seul, Gilchrist Olympio) à l’œuvre. A la moindre incartade, ils sont hors des frontières, abandonnant le brave et courageux peuple à son sort. Agboyibo, Gnininvi, Jean-Pierre Fabre en passant par Edouard Kodjo, Adani Ifê, Zarifou Ayeva, Jean-Lucien Savi de Tové ont tous été sur le terrain. Certains ont eu le courage, il faut le noter , de retourner leur veste. C’est le cas de Zarifou Ayeva, d’Edouard Kodjo, de Jean-Lucien Savi de Tové, et plus récemment de Léopold Gnininvi.

D’autres comme Agboyibo ont été échaudés par leur expérience carcérale (qui a émoussé sa verve). Le plus inquiétant cependant est le cas de Jean-Pierre Fabre, l’homme aux deux visages. En effet, le plus proche collaborateur de Gilchrist Olympio a profité d’un instant de faiblesse de celui-ci, terrassé par la maladie pour le poignarder dans le dos; acte diabolique et lâche à la faveur d’un pacte dénommé contrat social avec Faure Gnassingbé.

Medjeougani Tchalla   Lynx.info

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