L’Afrique du Sud et le championnat du monde de Foot-ball

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Eric Cantona: « Je ne joue pas contre une équipe en particulier. Je joue pour me battre contre l’idée de perdre
Les plaisanteries, la démagogie, ont une fin, celle de la débâcle de l’équipe nationale Française en Afrique du Sud, signe annonciateur de la débâcle humiliante pour une France en mal sportivement, et en mal de la gestion de la fédération trouve un bouc émissaire.

La chasse à courre contre Anelka  a commencé par le top départ du président de la fédération aux nationalistes tueurs, pour laver l’affront  causé par ce noir , fier, millionnaire, qui n’a pas marqué le but tant escompté, qui devrait faire rêver les français et donner une joie en France.

Les journalistes qui trouvent leur orgasme en tapant sur les jeunes footballeurs français qui ont commis une faute très grave, c’est de gagner beaucoup d’argent à la sueur de leur front dans leur équipe professionnelle respective.
Les mots blessants et les injures ne sont pas de trop, sauf la trahison raciale en sortant de ce lot un footballeur du nom de Yohan Gourcuff, qui devient le premier de la classe, sans jouer ni en Italie, ni en Allemagne, ni en Grande Bretagne, ni en Espagne,  les championnats les plus cotés sur le plan de football.
Ces cagoulards, à l’instar du Klan aux Etats-Unis, qui paraissent respectables ou personnalités, le jour et la nuit brulent les noirs ou les pendent pour leur plaisir.

Je ne suis pas raciste, mais, je les aime pas ses afro-africains qui gagnent plus que moi et ne respectent pas notre maillot, ni la France.

On ressort cette discrimination hypocrite où seule la France a le secret par l’expression de ses mots.
Les philosophes, les écrivains, les barmans, les français moyens pleurent leur défaite et trouvent comme plusieurs siècles avant des boucs émissaires de la défaite, « les noirs »
L’Allemagne, l’Italie et la Grande Bretagne sont dans le même cas, la même difficulté sportive, mais cherchent mieux les erreurs dans la tactique du jeu, le placement des joueurs, la France, elle a trouvé le pourquoi, « les noirs ».
Le président de la Fédération qui sanctionne en mondial un joueur, désorganise une équipe en difficulté, s’applaudit lui-même.

Il a trouvé la solution, Anelka ne marque pas de but, refuse d’obéir à l’entraineur, et a le culot de prononcer une phrase déformée par le journal l’équipe.

La Fédération Française n’a pas été à la hauteur de l’enjeu, du challenge, alors trouvons un poulet pour faire le sacrifice rituel sacrificiel, égorgeons Anelka pour montrer au monde entier le fautif noir, qui n’a pas par ardeur au travail, ou par magie, réussir dans un salut public pour la jeunesse de la nation.
Cette formule excuse l’entraineur, l’encadrement de la fédération, voilà le cynisme de la fédération française de football dans son rôle de machiavel. L’important pour eux, c’est de participer aux bénéfices, à défaut de cela, brulons en plein mondial, nos joueurs noirs.

INSTRUMENT DE PROPAGANDE.

En 1936, l’Allemagne hitlérienne organisait le jeu olympique et en faisait un instrument de propagande. Le grand Aryen blond au visage énergique, dû au ciseau d’Arno Breker ou sorti de la pellicule de Leni Riefenstahl, doit incarner la suprématie du parti nazi. Il y a un grain de sable, Jesse Owens. L’Afro-américain Jesse-Owens donna une gifle à toute l’idéologie allemande en raflant des médailles en or devant le führer Hitler qui quitta le stade qui abhorrait fièrement les bannières à croix gammées, comme aux grand-messes de Nuremberg, où les officiers allemands sont en uniforme au brassard portant la même croix gammée.
En Afrique du Sud, il faut montrer la richesse du pays, et surtout la réussite de l’unité nationale.
Oui ils ont réussi mieux que les européens, en vivant maintenant ensemble, noir, asiatique, métis, blanc, indien, pakistanais, indous.
Bref un pays où tous vivent ensemble aujourd’hui malgré le cancer racial de l’apartheid de plusieurs siècles.
Seize ans ne suffisent pas, ils leur restent encore du temps pour parfaire ou retomber dans le chaos.

LES DIEUX DU STADE

«Au-delà de la compétition qui est une sorte de guerre ou l’autre ne doit jamais mourir, le sport se plie aux exigences d’un ordre semblable à la chevalerie».
Point n’est besoin de philosopher, sur le terrain sportif où se trouvent des êtres que la vie sociale sépare. Il n’est plus question à ce moment de collaborer, d’aplanir les différences ou de gommer les disparités, les êtres communient dans une même passion. Ce lien qui unit les sportifs, assemble tout d’un coup, l’étudiant au prolétaire, le riche au pauvre, le nanti au démuni et cette réconciliation étonnante est ressentie par tous ceux qui ont connu le bonheur de pénétrer sur une pelouse ou une piste. La beauté du sport ne concerne pas seulement l’élégance du mouvement, la finesse et l’habilité technique, ne se limite pas à la grâce du saut, à la saillie des muscles tendus, aux élans des relayeurs, elle métamorphose le corps humain en une poésie de l’amour.

VULGAIRE NATIONALISME ET CHAUVINISME

Participer ne suffit pas, l’indispensable se nomme action, engagement abnégation et fraternité. Il nous faut constater qu’à la notion d’idéal, s’est substituée celle de partialité, à la compétition celle de partialité et celle d’acharnement, à l’abnégation celle de tricherie, à la sportivité celle de combine. L’affrontement sportif sur le terrain se transforme sur les gradins, les tribunes, les palais présidentiels, les messes des officiers, à un marché où se côtoient des démagogues, des marchants de toutes sortes, de bons pères de familles, des moralistes oxygénés, des politiques, des racistes, des démocrates. Derrière les drapeaux, vestiges des conquêtes, quelques girouettes haranguent les acteurs de ce combat idéologique, les nouveaux dieux de stades se préparent à une olympiade moins noble que celle des grecs. Un univers de tricherie que tout le monde connaît. Tant il a été dénoncé par tout le monde, tant il est sujet à caution, tant les blâmes, et les louanges ne correspondent à rien. Est-ce l’heure des bonnes consciences et que vaut le discours maréchaliste de tel ou tel prédicateur? Parler de la jeunesse et du sport, les associer en un langage hygiénique de bon aloi, ne suffit pas. Le courage consiste à dénoncer la médecine truqueuse, le commerce des records, le pourrissement des jeux du stade. Dire la vérité relève de la conscience, celle-là même qui imprègne le plus humble des coureurs à pied non encore soumis aux bienfaits des élixirs souverains.

LE ROI ARGENT «Dollar, ou Euro»

Camus « Vraiment, le peu de morale que je sais, je l’ai appris sur les terrains de
football et les scènes de théâtre qui resteront mes vraies universités. »
Telle la manne moderne, se succèdent alcaloïdes, stimulants énergétiques capables de fluidifier les secondes d’un sprinter et les centimètres d’un perchiste, mais surtout divinité incontournable, idole absolue, entre la flamme sacrée et le peuple subjugué se tient le roi argent. S’érige peu à peu la structure nécessaire à la bonne marche de la société des profits. La pelouse et la cendrée se transforment en hall de bourse, les médailles et les coupes servent de tiroirs-caisses.

Que demeure-t-il des exaltations prodiguées par tant de héros à la fois porteurs de valeurs païennes et messages d’illusions salvatrices? Nous pouvons toujours balayer les aspirations, les nécessités qui président à l’élan vital, cette vigueur où s’amalgament les instantanés du corps et de l’esprit. Personne ne nous reprochera de croire encore à cette communion épanouissante en dépit des dérives qu’elle génère. Mais rien ne sera plus jamais vrai si dans le même élan, nous ne nous décidons pas à fustiger des pratiques mensongères dont le but sert à exploiter ceux qui cherchent un exemple, ceux qui souhaitent une reconnaissance, ceux qui trouvent un terrain d’entente en dehors des considérations sociales, ethniques et nationalistes.

Aux propos fleuris sur la santé morale du pays, la place privilégiée des jeunes, le sens civique et moral de l’élan sportif, répondent l’argent et la tricherie, les fausses valeurs et les mirages castrateurs promulgués par les promoteurs de l’idyllique imposture. Qui ose ou à l’audace de désigner du doigt le fossoyeur à col blanc ou en tenue de général chargé de distribuer les trophées, lorsque les sportifs aux tendons déchirés, au cerveau éteint, grimperont à la tribune pour chercher leur médaille?

Jacob ATA-AYI

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