La tragédie du continent noir…

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Le CNT (Conseil National de Transition)

libyen a annoncé que la révolution du pays a causé la mort de cinquante mille (50.000) libyens. Sûrement qu’il y en a plus du double et au moins cent mille blessés …Les chiffres n’étonnent personne, vu la férocité des frappes aériennes de l’OTAN et la férocité des  combats terrestres entre les partisans de KHADAFI et les rebelles…

Les FRCI (Forces Républicaines de Côte d’Ivoire) ont annoncé que les violences post électorales ont causé la mort de trois mille (3000) malheureux vivant en Côte d’Ivoire. Sûrement qu’il faut compter dix mille (10.000) morts et vingt mille (20.000) blessés, en 3 mois de conflits, sans compter les milliers de morts causés par la rébellion depuis 2002…
 
Voici, en moins d’un an, deux tragédies qu’on pouvait éviter au continent noir, un continent sous-développé, mais avec des pays qui ont des fortunes diverses…

On a vu des images d’insurgés libyens bien gras et bien nourris, dans des pick up rutilants, roulant dans des villes propres aux rues bien tracées, bien goudronnées, bien éclairées, à MISRATA, TRIPOLI, BENGHAZI etc. On a vu des combattants ivoiriens mal nourris, mal fagotés, roulant dans des véhicules d’un autre âge parcourir les rues cabossées des quartiers pouilleux d’Abidjan, comme Abobo, ou Adjame…

On a surtout vu que KHADAFI a  placé dans des institutions environ cent (100) milliards d’Euros et la Communauté Internationale  en a débloqué déjà quinze milliards au CNT ! KHADAFI n’a pas placé ces fonds dans son compte privé, mais dans des institutions financières qui peuvent les libérer sans problème. Quand Laurent GBAGBO est vaincu, les pauvres ivoiriens n’ont rien trouvé dans des banques ou des institutions internationales comme fonds placés. Dans cette Côte d’Ivoire, producteur N°1de cacao au monde, et qui a d’autres atouts financiers, le dirigeant mangeur d’Atieké n’a pas la même ambition pour son pays qu’un KHADAFI par exemple. Nous rappelons aussi, le départ calamiteux du pouvoir du Maréchal MOBUTU, après trente deux ans de règne, sur un Zaïre scandaleusement riche. Le maréchal a raclé le fond des tiroirs des caisses de l’Etat, avant de fuir, en catastrophe, sur Lomé. Les pauvres zaïrois d’alors, n’avaient rien trouvé dans les caisses de l’Etat ! Un dollar valait à l’époque 4500 zaïres, alors qu’un zaïre s’échangeait, en 1975, contre … deux (2) dollars US !

Et que dire de la Somalie ?

La plus grosse tragédie du continent est aujourd’hui la SOMALIE. Il y a quelques jours, d’odieux attentats ont secoué Magadisho, avec près de 100 morts et 150 blessés. Aucune personnalité du régime n’était parmi les victimes. C’était des étudiants, des passants innocents qui perdirent la vie. Les SHEBAB avaient revendiqué l’attentat… Et les attentats continuent ! Ces jeunes islamistes ont laissé toutes leurs activités pour  tenter de conquérir le  pouvoir coûte que coûte. Les bras valides qui devaient produire fruits, légumes et céréales, élever bovins et caprins, ont tout abandonné pour s’adonner à la piraterie en haute mer, au maniement des bombes, armes et explosifs…Résultats: la famine est en train d’exterminer le  peuple somalien !. Ceux qui vont garder le pouvoir ou le conquérir vont diriger un pays où vivront fantômes et squelettes vivants. Les habitants et les Shebabs sont affamés et crèvent comme des mouches ! C’est cela un pays nègre !  Tout le monde veut le pouvoir, même si ce désir peut entraîner la mort des deux tiers de la population !…

C’est également en Afrique que les dirigeants vendent la terre de nos ancêtres, à des sociétés européennes et asiatiques, pour produire du biocarburant. Ils empochent l’argent et on ne sait pas ce qu’ils font de cet argent. Un jour, ils vendront toutes nos terres à des Blancs et à des Jaunes, et les peuples Noirs n’auront que leurs yeux pour pleurer !
 

Combien de dirigeants africains sont sauvagement assassinés depuis nos indépendances ?

Sylvanus Olympio du Togo, a ouvert le bal macabre des dirigeants africains assassinés ; puis, c’est tout le contient qui s’y est mis ! Furent sauvagement liquidés, Tafawa BALEWA et Mohamed MURTALA du Nigeria, KOTOKA, ACHEAMPONG, AKUFO ADDO et ANKRAH, tous officiers dirigeants du Ghana, William TOLBERT et Samuel DOE du Libéria (sans compter les huit autres dignitaires du pays, fusillés sur la plage par le sergent-chef DOE),Thomas SANKARA du Burkina FASO, François TOMBALBAYE du Tchad, l’empereur HAILE SELASSIE d’Ethiopie,Patrice LUMUMBA et J. KABILA  du Congo Kinshasa, Marien N’GOUABI du Congo Brazzaville, Ibrahim Barre MAINASSARA du Niger, le Gal BOUDIAF d’Algérie, Juvénal HABYARIMANA du Rwanda, et le président burundais qui périrent dans leur avion, sans oublier Gamal Abdel NASSER, le raïs égyptien, mort accidentellement, ayant ingurgité le poison destiné au souverain jordanien qui déjeunait avec lui ! Et Anouar el SADATE qui fut mitraillé, en plein défilé militaire, pour marquer la seule victoire que l’Egypte a eue sur ISRAEL !

J’en passe et tous ceux que j’oublie ! Mais je ne peux oublier Mouammar KHADHAFI qui vient d’être sauvagement assassiné par les siens, dans une folie meurtrière généralisée…

Sur le plan politique, certains pays, et non des moindres, exposent aux yeux du monde, l’incurie des Africains. Tout le monde veut être « Président de la République » ! Si ce n’est pas par la rue, comme à Madagascar, c’est par des coups de force de ceux qui sont au pouvoir. Les oppositions politiques, au lieu de développer une stratégie de conquête du pouvoir par les urnes, se contentent d’affronter le Président en exercice à dix, quinze, vingt ou plus, dans une élection à un tour ! Et avant même le dépouillement, ils crient aux fraudes ! Pourquoi les opposants ne peuvent ils pas faire des « primaires » et présenter un seul candidat contre le tenant du pouvoir ? Pourquoi les Présidents qui ont fait 20, 25 ou 30 ans au pouvoir, ne peuvent-ils pas se retirer élégamment pour permettre à la Démocratie de bien s’implanter en Afrique ? Qu’est-ce qu’un BIYA, un WADE ou un  MUGABE peuvent faire en cinq ans qu’ils n’ont pu faire en 15 ou 30ans ?

Aujourd’hui, il  y a encore, après plus d’un demi siècle d’indépendance, du délestage dans plusieurs pays africains. La corne de l’Afrique est ravagée par une famine récurrente, les guerres civiles perdurent, outre la Somalie, en Ouganda, en RDC, en Centrafrique, au SOUDAN etc.

Mais l’espoir est permis, si on se réfère aux pays qui ont amorcé leur développement dans le bon sens, en faisant installer une démocratie réelle et une gouvernance acceptable. Parmi ces heureux élus, il faut placer en tête de peloton le GHANA. Ce pays a commencé à exploiter l’or noir, en plus de l’or jaune et une production de plus d’un million de tonnes de cacao l’année dernière. La  démocratie est stable avec un régime présidentiel fort (Présidence et Vice Présidence) et des institutions solides.
Puis vient le Mali, avec une classe politique conscientisée et  responsable et un régime semi présidentiel qui marche. Le triplet gagnant trouve en troisième place le Bénin avec un régime présidentiel fort. Ce pays a connu un nombre impressionnant de coups d’Etat, mais jamais, il n’y avait eu de morts ! Le Nigeria aurait pu tirer le continent tout entier vers le haut , si les démons de la division ethnico-réligieuse, la menace récurrente des putschs militaires et les rebellions régionalistes ne font pas craindre une descente aux enfers d’un pays qui a tout mais qui est gangrené par une corruption endémique.

Le Libéria, le Niger et la Guinée, viennent de goûter à la démocratie et nous leur souhaitons une bonne conclusion de l’essai. Quant au Togo, la sclérose de la classe politique actuelle et l’incapacité de cette  classe à se renouveler n’augurent rien d’encourageant. Un pays qui n’avance pas recule et nous prions pour que le Togo se réveille et marche à grands pas vers la lumière.

La grande interrogation reste la corne de l’Afrique et l’Afrique de l’Est. Le drame somalien doit rapidement se solder, peut être par une intervention ponctuelle massive des forces africaines et même des Nations Unies pour sécuriser la Somalie et permettre aux pays environnants de respirer librement et de se développer sans crainte des extrémistes de tous bords…
 
Le grand pessimisme est à mettre au crédit de l’Afrique Centrale.

 Le RDC (Congo Kinshasa) est un pays en perdition, malgré les fabuleuses richesses du sol et du sous-sol de ce pays ; le Congo Brazzaville se cherche éternellement, la Centrafrique fait pitié tout bonnement.
Enfin, l’espoir est permis au Rwanda si Paul KAGAME ne se dictatorise pas,  tandis que le Burundi fait pleurer encore…

Peut-être que seuls le pays de Nelson MANDELA, l’Afrique du SUD et la Namibie nous surprendront agréablement, pour que ce malheureux continent commence à vivre, en s’assagissant…

Dr IHOU
Ancien Ministre de la Santé et de la Population

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