La règle d’or de Bienvenu MABILEMONO aux opposants de Sassou Nguesso

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A la très haute attention de tous les responsables de partis politiques et Associations de l’opposition congolaise,

Chers responsables de partis politiques et Associations de l’opposition congolaise, l’heure est grave et nous devons prendre nos responsabilités face à l’Histoire.

Sur place au Congo ou à l’extérieur, dans les mois qui viennent, nous avons besoin de nous rassembler sur des questions essentielles, au-delà des intérêts partisans et égoïstes. Nous devons être dignes d’incarner la volonté profonde du peuple congolais et ce n’est qu’en étant unis que nous incarnerons véritablement cette volonté profonde du peuple, et cela jouera, nous en sommes persuadés, un rôle majeur pour assurer le sens de notre responsabilité commune face à l’Histoire.

Après la mise en place d’un PCT version « retour au parti unique cher à Denis Sassou Nguesso », et à l’heure où Sassou Nguesso savoure sa victoire après ce 6è congrès du Parti Congolais du Travail qui vient de parachever sa volonté d’enterrer définitivement les acquis de la Conférence Nationale Souveraine qui lui est toujours restée au travers de la gorge plus de vingt-ans après, nous pensons que l’heure est venue pour tous les défenseurs de la démocratie congolaise de s’organiser plus en profondeur.

Disons les choses franchement, au-delà des quelques timides velléités de progrès et des avancées observées ici et là au sein de l’opposition intérieure, la question fondamentale et récurrente reste celle de l’organisation très en profondeur de l’opposition dans notre pays et à l’extérieur du pays, en vue de sa mise en ordre de bataille de façon beaucoup plus efficace pour faire face aux enjeux futurs. Et Dieu sait si ceux-ci sont nombreux.

Par exemple, est-ce qu’il faudra ou non participer aux élections législatives (pièges) de 2012 ? Si oui, dans quelles conditions et quels sont les leviers à mettre en œuvre pour contraindre le pouvoir à satisfaire aux exigences de l’opposition (révision de la loi électorale, notamment l’abrogation de l’actuelle CONEL et mise en place d’une Commission électorale paritaire et véritablement indépendante, révision du corps électoral et adoption d’un découpage électoral plus juste et conforme aux exigences démographiques, contrôle et plafonnement des dépenses relatives aux campagnes électorales qui sont officiellement limitées à 5 millions de francs CFA pour les élections législatives et à 500 millions pour les présidentielles…) ? Si non, quelle est alors la stratégie politique à appliquer pour pousser le pouvoir à la faute et créer ainsi une crise politique dans le pays ? Ou encore, quelle stratégie adopter pour empêcher le pouvoir de modifier la Constitution d’ici à 2016 ? Il s’agit là des questions cruciales face auxquelles l’opposition congolaise doit impérativement avoir une ligne directrice commune très claire et scrupuleusement respectée par tous.

Sur ce sujet fondamental de l’unité de l’opposition congolaise, nous pensons que toutes les forces politiques et associatives de l’opposition devraient travailler main dans la main afin de pouvoir faire des propositions communes avant la fin de cette année 2011. L’objectif est de mettre le pouvoir en difficulté et d’éviter de tomber dans ce nouveau piège qu’il vient de tendre à l’opposition après ce 6è congrès du PCT qui vient de s’achever en donnant l’image d’une majorité présidentielle unie et en ordre de bataille contrairement à l’opposition qui, elle, demeure, il faut bien le reconnaître, très morcelée et désorganisée.

Dans ce contexte de crise avérée de l’opposition dans notre pays et en vue de la reconquête de l’opinion, chacun se doit d’être humble et exemplaire dans la remise en ordre de l’opposition en mettant en avant le principe fondamental de la cohésion et de l’unité d’actions. Chaque membre de l’opposition doit donc avaler son égo et continuer à œuvrer pour le renforcement de l’unité de notre opposition. »

Chacun l’aura compris, l’unité de l’opposition doit être la règle d’or si nous voulons inverser les rapports de force dans notre pays. Nous le disons avec beaucoup d’insistance parce que c’est un sujet extrêmement sérieux et le redressement du Congo en dépend, bien que cela ne saurait avoir, il est vrai, un objet exclusivement politicien.

Bienvenu MABILEMONO
S.G. du Mouvement pour l’Unité et le Développement du Congo (M.U.D.C.)

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