La démocratie participative selon Gilbert Bawara !

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La scène est surréaliste et mérite bien qu’on en parle.  Pour parler de la démocratie à la base, donc locale, le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectives locales, Gilbert Bawara ne s’est pas fait prier. Au lieu des opposants togolais à ses côtés pour parler et trouver des solutions idoines à la démocratie locale qui fait bien défaut à la république, l’homme est plutôt aller puiser dans le vivier de la démocratie française qui a montré toutes ses limites en invitant des coqs blancs à sa messe.  Leur média de propagande www.republicoftogo.com titre avec un air d’humour qui frise le faux et la duplicité : « La démocratie locale est le principal vecteur de développement ». Autant demander à Gilbert Bawara s’il fallait attendre toutes ces années pour lancer ce que lui même appelle “ 9e Journée nationale des communes”. Mieux, le ministre a bien compris que leur pouvoir ne se trouve pas à Lomé ; au milieu des populations togolaises. N’a-t-il pas toujours en tête la mythique phrase que le dictateur défunt  Eyadema Gnassingbé avait lancé  à Jacques Chirac ? : « Ecoutez, si la France ne veut plus de moi, vous n’aurez qu’à me le dire, je partirai tout de suite » in Chirac et dépendances de Jean- François Probst page 83. Alors, l’idée trouvée  par le ministre Gilbert Bawara pour ne pas énerver la France qui ne pardonne pas les récalcitrants a été de taille. Réunir les faiseurs de roi français et s’entourer des ambassadeurs de France, d’Allemagne et des représentants de l’UE pour  jeter les bases de la démocratie locale au Togo. Loin des opposants togolais, loin des premiers concernés. On imagine un peu, le ministre de l’intérieur de France, Manuel Valls entouré de l’ambassadeur du Togo à Paris ou flanqué du député  Dahuku Péré (Unir) parlé de la démocratie locale dans les Yvelines. Complexe d’infériorité quand tu nous tiens ! Passons. Gilbert  Bawara sait que, leur pouvoir peut bien partir en fumée pour peu que, François Hollande depuis les caves de l’Elysée le décide.  Et pour se faire « équilibriste », notre ministre a  préféré pour son show médiatique un député de droite, Jean-Marie Tetard. Dans son homélie, le Gaulois en bon professeur de politique nous enseigne que : « La démocratie locale est le principal vecteur de développement ». Merci l’artiste ! Et de poursuivre «Faire prospérer la décentralisation au bénéfice du développement, tel doit être le crédo des autorités ». Autant lui demander combien il a déjà reçu comme liquidité pour nous apprendre ce que nous connaissons déjà au Togo ! Si on comprend bien, pour le ministre Gilbert Bawara, il revient aux blancs de nous expliquer ce que nous devrions faire. Et pourtant, avant que le Pr Atsutsé Agbobli ne soit retrouvé mort, l’historien avait fait de ce pilier de la démocratie son dada. Il disait, parle et doit parler celui qui a les suffrages du peuple. Le vrai pouvoir en démocratie est locale, martelait-il lors de toutes ses sorties médiatiques. Six ans après sa mort, le ministre Gilbert Bawara semble avoir compris que le piège de ce mensonge permanent de son parti et de son patron Faure Gnassingbé sur une démocratie locale qui n’arrive jamais peut un matin se refermer sur eux. D’où la volonté de vouloir libérer les esprits en invitant un curieux bidon député francais pour parler à un peuple qui en à marre d’écouter louvoyer de tordus élus  francais.

Quand on sait que l’ex ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectives locales, Pascal Bodjona avait  déjà en 2007 promis aux Togolais des élections locales qui ne se sont jamais déroulées, on se demande, si son successur sait au moins que le peuple en a marre d’être éternellement dupé par le prince et sa cour ?

Djima Matapari Lynx.info

 

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