La CPI, 15 ans et 29 Africains en ligne de mire

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La réunion exceptionnelle des dirigeants de l’Union africaine (UA) dont l’objet est de réexaminer ses relations avec le Cour pénale internationale (CPI) s’est ouverte, ce vendredi, à Addis Abeba. “Loin de promouvoir la justice et la réconciliation (…), la CPI s’est transformée en instrument politique”, a notamment déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, le ministre éthiopien des Affaires étrangères, dont le pays préside l’UA. De Joseph Kony à Charles Blé Goudé, ce sont pas moins de 29 ressortissants du continent qui sont ou ont été dans le viseur de la CPI.

Cet article a été publié le 18 juillet 2013. Depuis, la CPI a délivré deux nouveaux mandats d’arrêt à l’encontre de Charles Blé Goudé, ex-chef des Jeunes patriotes et ancien ministre ivoirien, et de Walter Basara, un journaliste kényan.

La Cour pénale internationale est-elle raciste ? Mènerait-elle « une sorte de chasse raciale », comme l’a affirmé récemment Hailemariam Desalegn, Premier ministre éthiopien et président en exercice de l’Union africaine ? Instituée le 17 juillet 1998 avec la signature du Statut de Rome par les représentants de 120 pays, la CPI fête ses 15 ans sur fond des critiques sur sa politique des poursuites.

En une décennie et demie, la juridiction pénale internationale, créée pour poursuivre et juger les personnes accusées d’avoir commis des crimes graves (crimes de guerre, crimes contre l’humanité, génocide et crimes d’agression), n’a ouvert des enquêtes que dans huit pays, tous sur le continent africain : le Soudan, la RDC, l’Ouganda, la Centrafrique, le Kenya, la Libye, la Côte d’Ivoire et le Mali. Mais sa procureure, Fatou Bensouda, rassure : « La CPI permet d’éviter les crimes les plus graves, partout dans le monde (…). Elle suit déjà, même si ce n’est pas connu, les crimes commis sur tous les autres continents. » En attendant, seuls les Africains se sont retrouvés, pour l’instant, dans le collimateur de la CPI, depuis son entrée en vigueur le 1e juillet 2002 …

Jeune Afrique

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