Jean Ping, le plus grand raté de la françafrique

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L’escapade politique de Jean Ping à Paris se voulait être officielle. Il se croit être le président virtuel du Gabon et se rend dans le pays sur qui il comptait pour l’imposer à Libreville, au Palais du bord de mer. Malheureusement pour lui, le rôle historique de la France en Afrique a sérieusement décliné et l’ancienne puissance coloniale a aussi vite fait de se convaincre que Ping n’était pas digne de confiance.

« Le Gabon est l’exemple le plus abouti de la Françafrique». Ce n’est pas avec de telle déclaration que Jean Ping va mobiliser les Gabonais à renverser le régime en place. Le perdant de la dernière élection présidentielle fait évidemment les yeux doux à la France, puisque « jusqu’à récemment c’est toujours Paris qui a choisi les dirigeants gabonais », dit-il.

« Jusqu’à récemment », cela veut-dire que le Gabon s’est émancipé, devenu indépendant et fort. Celui qui est arrivé deuxième au scrutin du 27 août 2016, ne cache pas son intention de solliciter l’aide de la France pour l’imposer au Gabonais. Selon Jean Ping, le chef de canton Léon Mba et le postier Omar Bongo n’avaient pas mérité d’être imposés par l’Elysée, contrairement à lui.
La dernière intervention de Manuel Valls sur France 24 sonne comme une douche froide pour le diplomate échu. Le Premier ministre français qui a donné la position définitive de la France : reconnaissance sans ambiguïté de la réélection d’Ali Bongo Ondimba, invitation de l’opposition à dialoguer.

L’ancien président de la Commission africaine constate amèrement aujourd’hui que la diplomatie française et européenne est impuissante pour l’aider à accéder au pouvoir. Des sanctions contre le président Ali Bongo ou le régime ne vont que compliquer les relations avec le Gabon et pourraient au contraire rapprocher les Gabonais de leur président. Nombreux regrettent encore d’avoir été floués par la propagande française sur l’adoption inventée du premier fils d’Omar Bongo, une calomnie qui a influencé de nombreux votes en faveur de Ping.

C’est bel et bien l’Union africaine qui a la légitimité de s’occuper du cas Gabon afin d’éviter que la crise post-électorale fomentée depuis l’Europe ne puisse avoir lieu. Le Quai d’Orsay est conscient d’avoir perdu la main. Le ministre français des affaires étrangères a reconnu en l’UA, et non l’UE, la légitimité pour aider le Gabon à « trouver une solution de réconciliation politique».

La françafrique ne peut décidément rien pour Jean Ping.

Le Défi Gabon

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