Il y a 20 ans, les massacres de Fréau Jardin et du quartier Bè

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PT : 25, 27, 28, 30, 31 janvier 1993 – 25, 27, 28, 30, 31 janvier 2013 : Il y a 20 ans, les massacres de Fréau Jardin et du quartier Bè

 

L’esplanade du Palais des Congrès où devait se terminer cette marche pacifique ayant été bouclée par les forces de l’ordre, celle-ci fut réorientée sur le Jardin Fréau. Là, les manifestants furent pris au piège d’une fusillade nourrie déclenchée par les forces de l’ordre appuyées de l’intérieur même de la manifestation par des militaires et miliciens en civil, puissamment armés dont certains portaient sur eux des bidons d’essence.

Ce fut un génocide parfaitement planifié qui fut perpétré par les forces de l’ordre et des membres du HACAME et du MJSO5 qui avaient quadrillé toute la ville, traquant les manifestants surtout ceux d’entre eux qui portaient du blanc comme les organisateurs de la marche pacifique l’avaient demandé. Ceux-ci furent poursuivis jusque dans les maisons et institutions où ils tentèrent de se réfugier et où ils furent affreusement massacrés, rendant certaines rues complètement rouges de sang.

Le bilan des tués fut particulièrement lourd :plus de 100 morts !

A ceux qui sont tombés sous les balles, il faut ajouter les assassinés par flèches et piqûres empoisonnées, par couteaux, ceux qui ont été piétinés à mort ou ayant succombé par étouffement et crise cardiaque (victimes parmi lesquelles il faut compter surtout nombre de vieillards, d’enfants et de femmes).

Dans les maisons avoisinantes, les forces de l’ordre et miliciens n’hésitaient pas à pénétrer pour perpétrer de véritables carnages sous prétexte que des manifestants s’y étaient réfugiés.

Après les massacres, on compta de nombreux disparus, les forces de répression ramassant les cadavres des manifestants pour les embarquer dans des camions de l’armée, à l’insu de la Croix Rouge, pour les faire disparaître en allant les enterrer dans des fosses communes. Jusqu’à ce jour, de nombreuses familles continuent à rechercher leurs membres, demeurés introuvables.

Au décompte des corps retrouvés, un bilan très partiel de 17 morts seulement dont les corps ont été retrouvés pour la journée du 25 janvier 1993 fut ainsi établi :

— 1. Akuélé DOUMASSI ;

— 2. Esther KASSEKPO ;

— 3. Dieudonné Laté LAWSON ;

— 4. Hospice KUNAGAH ;

— 5. Innocent DOH ;

— 6. Kossi AKAKPO ;

— 7. Kokou BLITTI ;

— 8. Djibril FATAOU ;

— 9. ABENTEY ;

— 10. Olivier K. DANSOU ;

— 11. Claude SENAH ;

— 12. Koffi DOLOU ;

— 13. Calice ADJOGBLE ;

— 14. Papa GBONFOU ;

— 15. Adéoyor ARIOUNDELE ;

— 16-17. 2 corps non identifiées.

Mercredi 27, jeudi 28, vendredi 29, samedi 30 et dimanche 31 janvier 1993 :

Poursuite de la tuerie sanglante au quartier martyr de Bè !

Après le Jardin Fréau, la violence assassine continua à se déchaîner dans la capitale avec la poursuite des massacres au quartier martyr de Bè où la population a tenté d’organiser la résistance en dressant des barricades malgré un rapport de forces considérablement disproportionné en sa défaveur.

Plus de 50 morts : tel aura été le bilan des victimes qu’il y a eu lors de la poursuite de ces odieux massacres qui se sont poursuivis cinq jours durant au quartier Bè.

Au bilan partiel de ceux dont les corps ont seulement été retrouvés pour les journées des 27, 28, 29, 30 et 31 janvier 1993 on compte les 4 morts suivants :

— 1. AZIANGUE ;

— 2. ASSANI ;

— 3. Le gendarme Komlan ADJALLE ;

— 4. Le militaire TAGBA.

Face au climat de terreur et de psychose généralisées qui fut ainsi créé dans toute la ville, l’écrasante majorité de la population, fortement traumatisée, sera contrainte à fuir la capitale.

C’est ainsi que, pour la première fois de l’histoire de la ville de Lomé, plus de 600 000 citadins prendront le chemin de l’exil vers les pays voisins du Ghana et du Bénin où à se déplacer vers les villes et villages de l’intérieur du pays pour avoir vie sauve et marquer ainsi leur rejet du régime dictatorial qui les assassine.

Depuis 20 ans, une totale impunité couvre ces odieux massacres, aucune enquête n’ayant été diligentée pour retrouver, arrêter, juger et châtier leurs auteurs et commanditaires.

N’est-il pas temps de dire : 20 ans, c’est assez ! 20 ans, c’est trop ! 20 ans, ça suffit !

Non ! à l’impunité : Justice pour les martyrs de Fréau Jardin !

Recherche, arrestation, jugement et châtiment des auteurs et commanditaires de ces massacres !

Ne doit-on pas aujourd’hui constater que Faure Essozimna GNASSINGBE a suivi la voie de son père, en organisant les plus gigantesques massacres de l’histoire de notre pays, plus considérables encore que ceux de Fréau Jardin et du quartier Bè, pour prendre le pouvoir à la mort de son père en 2005, avec de plus de 1 000 citoyens innocents massacrés (selon la LTDH), de 400 à 500 selon la Mission de vérification des faits de l’ONU ?

C’est pourquoi, au moment où de terribles tragédies frappent à nouveau nos populations avec les incendies qui ne cessent d’éclater sur toute l’étendue du territoire national tout particulièrement sur les marchés, ruinant et semant la désolation dans des familles entières qui se retrouvent subitement démunies, le Parti des travailleurs vous invite,  à l’occasion de la commémoration du 20e anniversaire des massacres de Fréau Jardin et du quartier Bè, à participer massivement au :

Rassemblement d’hommage à la mémoire des martyrs de Fréau Jardin et du quartier Bè

Vendredi 25 janvier 2013, à 9H : Place des martyrs du 25 janvier 1993 (ex Fréau Jardin)

Venez-y nombreux !

Lomé, le 19 janvier 2013,

Pour le Parti des Travailleurs,

Le Secrétaire chargé de la coordination

Claude AMEGANVI

 

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