Il n’est pas impossible que Bachar Al Assad gagne la bataille contre les insurgés

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Depuis le 13 mars 2011, la Syrie s’enlise dans un imbroglio politique et  révolutionnaire qui tend à s’étendre dans la sous région du proche orient avec notamment un embrasement chi’ites sunnites au Liban et des attentats horribles  et inhumains en Turquie.

La facilité  avec laquelle sont tombés les barons des régimes dictatoriaux tunisien, yéménite, égyptien et libyen laissait entrevoir la chute à vitesse d’onde  du régime syrien qui a à sa tête Bachar Al-Asaad arrivé au pouvoir en 2000 après la mort de son père Hafiz Al Asaad. Pourtant, contre toute attente, l’avancée du temps montre plutôt qu’il n’en est rien de tout cela. Bachar est toujours au pouvoir et sans cesse continue systématiquement et farouchement d’affaiblir la rébellion.

La stratégie mise en place par les rebelles est progressivement vouée à l’échec malgré le soutien d’une communauté internationale qui a du mal à s’engager de manière physique et militaire comme tel a été le cas en Libye. L’opposition syrienne tient de plus en plus un discours qui prend en compte  la présence de Bachar. Les positions de chacune des parties à quelques jours de la conférence des amis de la Syrie, mettent en avant l’arrêt du bain de sang et la présence de l’actuel régime reste sine qua none. Il est question dans cet article d’analyser les chances du régime de Damas de pouvoir se maintenir au pouvoir.

Les raisons de la crise syrienne restent et demeurent légitimes dans leur fond et dans leur essence. Mais toutefois, la forme que prend cet imbroglio politique ou plutôt,  la confessionnalisation du conflit et surtout l’entrée en jeu de certains groupes terroristes visent à rendre complexe la situation.  Avec un soulèvement général du peuple qui laisse la place à la guérilla. C’est d’ailleurs ce qui diminue la franche volonté de la communauté internationale et son incapacité à pouvoir trancher avec fermeté la fin de ce printemps syrien laissant le temps à Bachar Al Asaad de mieux s’organiser dans sa représailles face à une opposition qui souffre d’un intro sectarisme .

La crise turque un avantage pour Bachar?

Comme nous l’avons vu ces derniers temps, la Turquie joue un rôle particulier sur la scène internationale. Alliée incontestable et stratégique de l’occident lors de la guerre froide, elle catalyse et s’active aujourd’hui dans les révolutions arabes ; le cas de la Syrie dont la révolution est en cours.  Mais depuis le 31 Mai 2013, la Turquie vibre elle aussi sous la violence des échauffourées qui opposent les manifestants turcs aux forces de police.  Ces manifestants s’insurgent contre un projet d’urbanisation. Sur le terrain, des échauffourées qui prennent de plus en plus une connotation politique au point de penser que le printemps arabe s’est déporté en Turquie. Sans doute que si tel était le cas, cela serait un gros avantage pour le régime de Bachar qui souhaiterait voir dans un profond conflit, cette Turquie qui soutient ouvertement la rébellion syrienne.  Et dans ce cas, la Turquie serait occupée à résoudre sa propre crise plutôt que de s’occuper  de son voisin. La Syrie.

Est-il plausible que Bachar Al Asaad gagne la bataille ?

Au regard des sommations externes sur le régime en place et compte tenu de l’ampleur même de l’insurrection syrienne, on pourrait penser que d’aussitôt, la crise serait solder par la victoire des rebelles. Pourtant telle que la bataille évolue dans le champ de bataille, les faits  montrent une plausible victoire de Bachar qui pourrait venir non seulement des divisions au sein de l’opposition syrienne mais aussi du soutien logistique incontestable de la Chine et la Russie d’un coté, et de l’autre coté l’Iran et l’Irak chi’ite.   Aussi, Bachar s’appuie sur les expériences de la Syrie dans l’endiguement des crises qui l’ont incendiée au cours de son histoire notamment celle de1980 à 1982 orchestrés par les frères musulmans  farouchement opposés au régime Alaouite de Hafiz Al Saad.

Que vient chercher le Hezbollah libanais en Syrie ?

Il faut comprendre l’intervention du hezbollah en Syrie à travers  le prisme de la solidarité confessionnelle. Le hezbollah qui est un parti chi’ite est ravitaillé en munitions et en logistique par son protecteur Iranien sur le sol syrien. Il faut donc par tous les moyens œuvrer au maintien du régime Alaouite de Damas dont la chute stratégique serait un probable affaiblissement de l’Iran qui développe un programme nucléaire très inquiétant à la fois pour Israël et pour les monarchies sunnites arabes du golf persique. Et d’ailleurs, l’Iran a clairement reconnu que  la Syrie est « le premier des champs de bataille de la guerre qui s’annonce contre l’Amérique ».

La Syrie bientôt un champ de violence terroriste

Ce serait une erreur monumentale d’armée la rébellion belliciste syrienne telle que les puissances occidentales sont entrain de vouloir le faire. Cela ne fait aucun doute l’opposition syrienne est majoritairement composée de frères musulmans syriens de la diaspora en exile depuis  1964 date de la première guerre opposant sunnites et alaouites.  Sur le terrain, combattent une large faction d’extrémistes qui entendent imposer leurs lois à la composante confessionnelle restante ce qui pourrait inéluctablement créer des tensions comme tel a été le cas en Libye.  Recevant à Damas une délégation des partis politiques tunisiens, Bachar Al Asaad a dit  la détermination de la Syrie à faire face au terrorisme et à ceux qui le soutiennent dans la région et dans le monde. Ce qui laisse croire dans tous les cas que le lion syrien ne quittera pas le pouvoir avant l’élection présidentielle de 2014. Et quelque soit le cas Bachar Al Asaad combattra la rébellion même au prix de sa vie comme l’a fait l’ancien guide et auteur du livre vert. Kadhafi le père de la révolution libyenne.

Erick-Achille Nkoo

Ecrivain et analyste de la géopolitique arabe

E-mail : [email protected]

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