Faure: Merci Gbagbo !

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C’est en temps de crise qu’on fait les meilleures affaires. Avec le drame ivoirien au devant de la scène, petits et grands dictateurs africains se frottent les mains. Ceux, comme Faure que personne ne voulait avoir à ses côtés, est du coup devenu fréquentable. On se sert les coudes, et pour une mobilisation internationale contre la Côte d’Ivoire, ce sont les voix des petits pays qu’on a le plus besoin. Un politologue nous lançait pour crier « Faure » à l’ONU, la France a même besoin des voix de Djibouti et des Comores. Sans ces petits îlots, elle est perçue comme une petite puissance ». Quand les cloches de la CEDEAO ont détonné pour que tout le monde soit présent à la mise en pièce de la RCI, était présent le petit « despote » togolais, le nom n’est pas du Lynx mais du socialiste Launay.

Mais chose curieuse, quand il a fallu qu’une bande de généraux corrompus togolais le fassent asseoir pour la deuxième fois comme président il n’y avait pas grand monde pour fêter sa grande victoire, Abdoulaye Wade, Jonathan, n’y étaient pas au rendez-vous du prince, mais Laurent Gbagbo bien. Une source du Lynx à Abidjan nous martèle que : « Laurent voulait qu’ils fassent cause commune pour ne pas défiler avec Nicolas Sarkozy le 14 juillet sur les Champs Elysées qui a sanctionné les cinquante ans d’indépendance de plusieurs pays africains ». Vrai ou faux, Laurent aurait péché en s’approchant d’un néophyte aussi moribond comme le despote togolais. Et ça ne se pardonne pas quand on a des fils infects à qui papa et maman n’ont pas appris le civisme élémentaire d’aimer son pays et de mourir pour son pays. A part se partager les milliards de Mouamar Kadhafi avec l’achat de l’hôtel du 2 février, les Gnassingbé, dont Faure chef de file, n’ont pas eu une autre éducation.

Et Faure se frotte les mains !

Dans le jargon des décideurs de ce monde, les dés sont simples à jouer pourvu qu’on sois là au bon moment et à la place qu’il faut. Faure qui a pratiquement vécu comme « fils émérite » de papa Eyadema connait aussi ce langage depuis que Gnassingbé père et fils ont été envoyés par le bon Dieu pour diriger le Togo. Le message est aussi simple pour tous : « Tu cèdes la souveraineté de ton pays, tu perds ta dignité aussi et le tour est joué ». La Banque Mondiale comme le FMI qui ne sont qu’une fabrication des puissants de ce monde sont aux aguets. Signe des temps, les Etats-Unis qui hébergent les deux institutions préfèrent prendre des prêts à la Chine que dans ces gaulags de la finance. L’Irlande du Nord qui avec un déficit refuse « gentiment » les prêts du FMI comme de l’UE devrait interpeller tout Africain ! Faure qui sait qu’il peut se cacher derrière la crise ivoirienne afin de se rendre un « peu clean » est de la partie. Tour à tour, on livre les soldats togolais dans les périmètres les plus dangereux à Abidjan. Il faut bien protéger le soldat Alassane Wattara. C’est lui qui a gagné selon tout esprit qui vit sur la planète terre! Au lieu de prendre les vies des militaires togolais comme sacrées et demander que le dispositif face un travail de roulement avec les soldats des autres pays, on a plus surfé sur la formation des militaires togolais. Le site de propagande a plutôt commenté sur la bravoure des militaires togolais qui seraient à même de défendre Wattara même avec l’assaut de tout le peuple ivoirien. Et que vaut la mort d’un militaire togolais quand un ministre peut du haut de sa Toureg l’écraser sans avoir à répondre devant un tribunal? C’est la première victoire de Faure. Les créanciers qui n’entendaient que ce signal « Faure » d’un président marionnette et sans réel pouvoir chez lui saute sur l’occasion. Coup sur coup, la Banque Mondiale et le FMI disent avoir libéré près de 82% de la dette togolaise. Suit le Club de Paris, le club que le nationaliste Thomas Sankara disait aux Africains de « s’éloigner totalement et complètement ». Une semaine auparavant l’Allemagne décidait de construire 15 km de rue goudronné. Les voyous qui ont cassé son Institut Goethe peuvent se balader royalement dans les rues de Lomé, pire prendre des visas pour l’Europe. Et au ministre de l’économie Adji Otteh Ayassor qui rumine sa joie d’avertir : « Le Togo est désormais solvable, il peut se rendetter ». Son compatriote et ex-ministre de la coopération et « des projets FED » de l’UE, Gilbert Bawara, qui officie désormais comme conseiller de Faure apporte aussi sa petite touche dans un mépris le plus total aux togolais: « De 1991 à 2005, nous avons perdu trop de temps, il y a eu trop de radicalisme qui n’a rien donné. Ce n’est pas la faute des uns et des autres, mais c’est une faute collective. Il faut que nous allions maintenant à l’essentiel ». Comme si les pauvres Togolais avaient mis aussi ces milliards dans leurs comptes personnels au même titre que les pilleurs du RPT.

Faure n’a jamais été aussi heureux que quand la Communauté Internationale avilit son peuple et lui avec…

Severin Gomaro Lynx.info

 

 

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