Faure Gnassingbé: dernier cancre de la démocratie dans la sous-région

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Selon les informations de Mounafica, Faure aurait piqué une colère noire et se serait saisi de la radio pour menacer l’agent de la tour de contrôle

À Lomé, dans les locaux de la présidence togolaise on a sans doute prié et fait venir des marabouts et autres féticheurs pour que les élections présidentielles au Burkina-Faso se terminent par un fiasco. C´est connu que des gens sans coeur et de mauvaise foi comme les membres du clan tribal qui prétendent diriger le Togo, se sentent bien à l´aise et en sécurité en compagnie de personnes avec qui ils partagent les mêmes défauts.

Mais heureusement pour nous démocrates les dieux de la démocratie ont encore une fois montré qu´ils n´abandonnent pas un peuple qui se bat et se sacrifie pour sa libération. Et malheureusement pour les preneurs d´otages du peuple togolais la roue de la liberté et de la démocratie mise en branle sous les cieux de Ouagadougou avec la fuite de Blaise Compaoré ne s´arrêtera pas en mi-chemin. Et l´avancée de la démocratie burkinabè couronnée aujourd´hui par des élections présidentielles exemplaires vient mettre davantage à nu, comme s´il en était encore besoin, la trahison d´un soi-disant régime politique à son peuple.

Au cours de ces élections burkinabè nous avons guetté en vain jusqu´à la fin sur nos petits écrans l´apparition d´un Taffa Tabiou pour annoncer en cavalier seul des résultats de la honte. Il nous fallu beaucoup d´efforts de réflexion pour nous rappeler qu´il s´agit du pays des hommes intègres, et non du Togo

Thomas Sankara peut se retourner dans sa tombe, son peuple mérite bien le nom qu´il lui a choisi avant de disparaître dans la trappe de l´histoire. La CENI burkinabè mérite bien l´adjectif « Indépendante »coincé dans son sigle. Elle n´a rien à voir avec ce ramassis d´opportunistes, d´égoïstes et de sans-coeur qui composent en majorité ce machin de CENI togolaise.
On n´a pas besoin de brandir des diplômes de Sciences Po avant de savoir que le changement heureux, que dis-je?, l´aternance qui vient de se produire chez nos voisins du Nord ne peut pas être du goût du régime de Lomé.

Plusieurs raisons peuvent êtrte avancées pour corroborer mon affirmation.

Éyadéma, avant de mourir, avait confié son fils Faure aux soins d´un des derniers valets locaux de la Françafrique qu´était Blaise Compaoré. Ce dernier resta fidèle à promesse faite au défunt tyran de Pya en aidant Faure Gnassingbé à devenir recommandable face à une opinion internationale méfiante aux premières heures de « sa prise du pouvoir » en 2005 d´abord et en 2010 ensuite. Compaoré était devenu le parrain et surtout le soutien, pour ne pas dire le tuteur du « président togolais ».

De Chirac à Hollande, en passant par Sarkozy, Blaise Compaoré était devenu l´avocat discret de Faure Gnassingbé auprès de l´Élysée afin que le locataire de la présidence française ferme les yeux devant les effets dévastateurs de la mauvaise gouvernance au Togo. Et les affres de la révolution qui avait emporté le « beau Blaise »ne se firent pas seulement sentir chez les partisans de Compaoré au Burkina-Faso, elles avaient dû semer la panique au sein de nos usurpateurs de Lomé.

Désormais orphelin et boudé par son peuple, la tentative de coup d´état du Général Diendéré contre la transition burkinabè parut à Faure Gnassingbé comme une occasion rêvée de renvoyer l´ascenseur à son ex-protecteur Blaise Compaoré, proche des conjurés.

Et si aujourd´hui l´implication de la Côte d´Ivoire dans cette malencontreuse aventure de Diendéré semble plus ou moins avérée, de terribles soupçons pèsent sur Gnassingbé II quant à son soutien ou sympathie pour la troupe à Diendéré. Le gouvernement de transition du pays des hommes intègres avait à l´époque, dans un communiqué, accusé les comploteurs d´avoir fait appel à des forces étrangères. Lisons ensemble un extrait publié à ce sujet par « Les Echos du Faso »:
« Les grandes oreilles de Mounafica continuent de collecter ses informations sur le putsch déjoué du général Gilbert Diendéré. C’est l’actualité qui vaille et si on nous impose de ne pas en parler, mieux vaut la fermer une fois pour toute. Nous ne prétendons pas faire le boulot des fins limiers à leur place.

Mounafica est donc tombé sur une information de taille qui tend à confirmer que les auteurs de ce coup de force avaient fait appel à des forces étrangères comme l’a déjà stipulé un communiqué du gouvernement burkinabè. De quoi s’est-il agi?

Le 24 septembre 2015, M’ba Michel venait de faire sa déclaration au ministère des Affaires étrangères pour annoncer la remise en place des institutions de la Transition et la reprise du travail gouvernemental. Pendant ce temps, le général putschiste se trouvait à l’aéroport pour accueillir les chefs d’Etat de la CEDEAO qui venaient continuer les négociations pour une sortie de crise. Ces chefs d’Etat s’étaient réunis la veille à Abuja, au cours d’un sommet extraordinaire sur la situation au Burkina Faso. Huit d’entre eux étaient annoncés mais Ouagadougou n’en accueillera que trois, à savoir ceux du Niger, du Ghana et du Bénin. Le président sénégalais, médiateur en chef de la CEDEAO, n’a pas daigné quitter Dakar pour Ouagadougou. Son homologue togolais, Faure Gnassingbé, a quitté Lomé pour Ouaga mais n’atterrira pas.

A l’approche de Ouagadougou, son pilote aurait annoncé que l’avion présidentiel, qui transporterait 18 personnes, est suivi par un second avion de transport avec 23 personnes à son bord. La tour de contrôle aurait répondu au pilote qu’elle n’a pas reçu de consignes pour laisser atterrir le second avion.

Selon les informations de Mounafica, Faure aurait piqué une colère noire et se serait saisi de la radio pour menacer l’agent de la tour de contrôle. Ce dernier, en bon «burkin bila» est resté stoïque, opposant un NON catégorique à l’atterrissage. Les deux avions togolais auraient donc rebroussé chemin. Voilà pourquoi notre beauf’ Faure, attendu pour partager la Beaufort de la bonne nouvelle, nous a posé un lapin.

Si l’avion de Faure a continué à Lomé, le second avion aurait atterri à l’aéroport de Niamtougou, localité située au centre du Togo et proche du Burkina Faso. Alors, que cherchait le second avion togolais au-dessus de Ouagadougou ?

Selon nos informations, cet avion transportait des troupes venant du Togo pour aider le RSP en position de faiblesse dans le combat contre l’armée nationale qui l’encerclait. Aussi, il devait permettre l’exfiltration de Fatou Diendéré, épouse du général, vers le Togo.

Pendant que l’on parle de forces qui devaient venir de la Côte d’Ivoire voisine, si l’information concernant le Togo s’avérait juste, les Burkinabè doivent continuer à remercier Dieu parce que le pays a évité une grande déstabilisation par ces forces du mal.

Les Echos du Faso

Comme on le voit Faure Gnassingbé, comme son père Éyadéma, essaie de jouer à l´inoffensif, à l´homme de la paix alors qu´il est en réalité l´hypocrite pyromane. Il ne pouvait pas être animé de nobles intentions en se rendant à Ouagadougou dans la foulée des négociations après le coup d´état râté d´un fidèle de son ex-protecteur. « …Alors, que cherchait le second avion togolais au-dessus de Ouagadougou? ».

À cette question les auto-proclamées autorités de Lomé n´ont jamais apporté une réponse satisfaisante. Comme l´ivoirien Alassane Ouattara qui avait adopté un silence lourd de suspicion au cours de la crise burkinabè de Septembre, le jeune tyran togolais ne pouvait pas voir d´un bon oeil que les autorités de la transition fussent remises en selle à Ouagadougou.

Le site de propagande du régime togolais « Republic of Togo », d´habitude prompt à sauter sur toute information pour la déformer, est resté muet comme une carpe sur le bon déroulement et les résultats de l´élection présidentielle au Burkina, signe que le courant ne passe toujours pas entre les deux capitales et que surtout n´allez pas demander au pouvoir de Lomé, habitué à l´impunité et allergique à la démocratie, de jubiler quand un à un ses voisins se démocratisent sincèrement.
Mais jusqu´à quand continuera à brûler le torchon entre les deux voisins que désormais rien de solide n´unit plus? Une chose est sûre: l´oncle méchant, mesquin qui malmène ses enfants et leur bouche par son comportement les perspectives d´un bel avenir ne peut pas et ne veut pas cohabiter avec le voisin d´à côté dont l´intégrité, la sincérité et la bonté ne sont plus à démontrer. À moins d´un miracle, ceux qui ont juré la perte du Togo et qui, cyniquement et hypocritement prétendent le gouverner, ne reculeront devant rien pour maintenir le statu quo qui les protège et les arrange. Mais jusqu´à quand ?

Coincé désormais entre trois démocraties, Faure Gnassingbé aura de plus en plus du mal à toujours se faire « élire »manu militari contre la volonté de son peuple.

Si en Côte d´Ivoire Alassane Ouattara sait saisir la chance qui s´offre à lui pour cesser d´être le président de la communauté internationale, mettre fin à sa justice à sens unique, celle des vainqueurs et poser des actes courageux et intelligents afin de pouvoir réussir sur le plan de la réconciliation, il aura jeté des bases solides pour débarrasser la démocratie ivoirienne de son caractère bancal.

Alors le Togo restera dans la sous-région ouest-africaine cette gangrène incurable, le pays où le monde est à l´envers, où les charrues sont placées devant les boeufs. Surtout le pays où les dirigeants se comportent comme en territoire conquis sans aucun égard aux souffrances qu´ils infligent à leur peuple.

Et dans ce territoire à part qu´est notre pays, Faure Gnassingbé qui se comporte plus en prince-héritier qu´en chef d´état qui doit être à l´écoute de son peuple, sera devenu l´un des derniers cancres de la démocratie en Afrique de l´ouest.
Mais jusqu´à quand résistera-t-il?
Wait and see!!!

Samari Tchadjobo
Allemagne

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