Douanes togolaises : Bidamon et son bras droit Agbenda tiennent à sauvegarder leurs acquis

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« Les recettes de la douane explosent. Les poches de Marc Ably-Bidamon aussi ! ». Nous ne croyions pas si bien dire lorsque le 19 septembre dernier, nous avions choisi ce titre pour un article sur la gestion actuelle du patron des douanes au Togo. Marc Dèdèriwè Ably-Bidamon, puisque c’est de lui qu’il s’agit, celui qui laisse ses amis s’occuper de sa femme pour après tout bomber le torse d’être le géniteur des progénitures d’autrui, a décidé d’engager un sérieux bras de fer avec son supérieur hiérarchique Adji Otèth Ayassor. Ce dernier s’appuyant sur les textes en vigueur et ce, conformément aux nécessités de service, a décidé de l’affectation d’un certain nombre d’agents (voir l’arrêté N° 213/MEF/CAB/SG/DGD portant nominations) signé le 08 septembre 2011.  Crime de lèse- majesté du ministre Ayassor, le plus expert d’entre les experts des douanes togolaises, Agbenda Amana, celui qui couvre tous les faits d’arme de Bidamon faisait partie du lot de ceux qui sont affectés. Agbenda Amana est débarqué de son poste très, très juteux et stratégique de Directeur de l’Informatique, de la Comptabilité, des Statistiques et du Budget pour être affecté comme Directeur Régional des Plateaux. Une décision ministérielle qui a mis Marc Ably-Bidamon dans tous ses états. Pourquoi Ayassor a-t-il osé toucher à son bras droit Agbenda Amana, semble se dire Bidamon. Cela a suffi à mettre le feu aux poudres. Les rapports entre Bidamon et son ministre de tutelle sont devenus du coup tendus.

 Guerre des tranchées entre le ministre Ayassor et le DG des douanes Bidamon

 A l’heure où vous lisez ces lignes,  les douanes togolaises sont sous tension au point où deux camps ont fini par naître. L’un soutenant que le ministre Ayassor a raison mais qu’il aurait pu user de la voie diplomatique pour éviter des situations fâcheuses comme le fait d’affecter des agents sans préciser leurs attributions. Ce camp rapporte aussi par exemple qu’Ayassor ne connaissant pas la réalité dans la maison douanes, s’est mis à nommer ou affecter des agents sans tenir compte de certains paramètres tels l’ancienneté ou la compétence. « Comment un douanier qui vient d’être recruté au dernier concours peut être nommé à un poste d’expérience. Et puis, celui qui est nommé chef bureau de la Raffinerie (bureau situé dans le périmètre du port autonome de Lomé sur la route d’Aného), l’inspecteur des douanes Kpégba Yao Anani avait déjà occupé ce poste pendant 5 ans. Vous ne voyez pas que cela peut engendrer des frustrations», a confié une source très introduite dans le milieu.

  Un autre camp trouve la décision du ministre Ayassor très salutaire car, elle vient faire voler en éclats tous les réseaux mis en place par Bidamon et son pote Agbenda Amana, qui en profitaient pour se mettre plein les poches. Etant en charge de la direction de l’Informatique, de la Comptabilité, des Statistiques et du Budget, Agbenda Amana sait couvrir les magouilles et malversations de son DG Bidamon avec qui il s’entend bien comme des jumeaux, laissent entendre des sources proches des douanes. « Agbenda Amana est arrivé à la douane comme assistant en informatique. C’est Bidamon qui l’a envoyé en formation en Europe pour en revenir comme inspecteur des douanes. Sinon, il n’est pas recruté au départ comme douanier. Il était administratif mais aujourd’hui, il fait partie des tout puissants ici », déclare un douanier sous couvert de l’anonymat qui précise bien qu’il ne voudrait pas de problème. Fortigba Ganda Sourma le remplaçant du tout puissant Agbenda Amana doit ronger son frein, le temps que ce dernier supprime beaucoup de choses sur les disques durs des ordinateurs de la Direction de l’Informatique, de la Comptabilité, des Statistiques et du Budget. Et puis, Agbenda qui en sait trop n’a pas encore dit son dernier mot.

Très soutenu par son DG Bidamon qui craint de voir ses manigances être mises à nu, Agbenda est encore en poste à Lomé. Bidamon rechigne à le faire partir.  Or, le décret 97-104/ PR du 23 juillet 1997 qui décide que les directeurs centraux des douanes, leurs adjoints, les chefs de division et les chefs de bureaux sont nommés par arrêté du ministre de l’Economie et des Finances sur proposition du directeur général, est très clair. Ayassor a arrêté sur proposition de Bidamon, pourquoi ce dernier s’émeut à présent au point de refuser de décrocher tous les appels venant du ministère de l’Economie et des Finances ? Est-il dans la logique d’insubordination ou compte-t-il sur son amitié avec le big boss  pour ne vouloir faire qu’à sa tête? Bidamon persiste et signe comme quoi, Ayassor ne fait rien pour lui rendre la tâche facile. Mais entre nous, qu’a-t-il fait pour entrer en discussion avec son supérieur hiérarchique afin de convaincre ce dernier. A moins qu’il ne soit guidé par des intentions inavouées, Bidamon aurait pu faire un pas pour aller voir son ministre de tutelle en vue d’aplanir les divergences. Entre la Direction Générale des Douanes et le ministère de l’Economie et des Finances logé au Centre Administratif des Services Economiques et Financiers (CASEF), il n’y a qu’un petit pas d’environ 150 m à franchir pour ceux qui connaissent bien le centre ville de Lomé encore appelé quartier administratif. Même si Bidamon ne veut pas se déplacer pour se rendre au cabinet de son ministre, et ses téléphones portables et filaires, ils servent à quoi ?
 
   En tout cas, la guerre ouverte entre Ayassor et son subordonné Bidamon ne fait que commencer.
   A suivre donc !

Anicet Moutouari / Baba Toundé Lynx.info

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