D’où viendra le salut du Congo?

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Les Congolais ont tort de penser que leur salut viendra de ceux qui sont sur place au pays

Comme chacun le sait, je n’ai jamais fait mystère de mon jugement sur l’opposition congolaise actuelle. Pour moi, il n’existe pas sur place au Congo une véritable opposition, structurée, organisée, déterminée et capable d’inverser les rapports de forces face à la dictature féroce et clanique de Sassou NGuesso. C’est autant dire que les Congolais ont tort de penser que leur salut viendra de ceux qui sont sur place au pays.

S’agissant par exemple du soi-disant FPOC (le Front des Partis de l’Opposition Congolaise), il y a bien longtemps qu’il est perçu comme porteur d’une opposition d’accompagnement. De plus sa stratégie de la non prise de risques est désormais mise à mal. Tous les observateurs avisés savent qu’en réalité le FPOC n’existe plus que de nom.

Quant à l’ARD (Alliance pour la République et la démocratie), chacun sait qu’à part publier des communiqués ou écrire des lettres à Sassou NGuesso et ses ministres, toujours pour se plaindre d’ailleurs comme de petits enfants, elle est totalement inexistante sur le terrain. A vrai dire, l’ARD n’est rien d’autre qu’un petit groupe de rêveurs repliés sur eux-mêmes, tétanisés par une peur bleue de Sassou NGuesso qui les empêche même de sortir dans la rue et les oblige d’ailleurs à se bunkeriser. Et, le plus surprenant dans tout cela, c’est que ce petit groupe de rêveurs est persuadé qu’une force (mystique ?) viendra un jour les chercher dans leur bunker pour les porter au pouvoir

Dans ces conditions, j’imagine mal une dictature aussi féroce et murée dans ses certitudes lâcher du lest ou faire des concessions substantielles et encore moins craindre de rentrer dans la zone de risque à cause des élections législatives de 2012 qui, on le sait, seront une fois de plus non transparentes.

Il est donc plus que naïf de croire que les consultations organisées par Zépherin Mboulou sont de nature à remettre en marche le processus démocratique qui avait été brutalement interrompu en juin 1997. En tout cas pour ma part, j’affirme que ces consultations organisées par Zépherin Mboulou ne sont qu’une simple opération de communication et rien d’autre. Il s’agit d’une opération de cooptation de quelques personnalités dites de « l’opposition », qui seront ainsi désignées pour faire partie des nouveaux « députés de l’opposition » lors de la prochaine législature en 2012. Donc, tous ceux qui ont pris part à ces consultations et qui ont affiché leur satisfaction à la sortie de leur rencontre avec Zépherin Mboulou, c’est tout simplement pour le positionnement.

Sans une opposition forte et déterminée, bien organisée aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, le long chemin de croix des Congolais n’est pas prêt de s’arrêter. Dans un combat politique, surtout face à une dictature aussi féroce et prête à tout pour se maintenir au pouvoir, la règle d’or c’est de ne jamais mettre tous les œufs dans le même panier. C’est exactement comme en bourse, il faut toujours avoir bien présente à l’esprit la notion de la diversification des déplacements. C’est autant dire que ceux-là qui font croire aux Congolais que leur salut ne pourra venir que de ceux qui « se battent » sur place au pays, soit n’ont encore rien compris, soit ce sont des marchands d’illusions. En effet, croire naïvement que les révolutions arabes qui ont permis de mettre fin à la dictature de Ben Ali en Tunisie, Moubarak en Egypte et Kadhafi en Lybie sont l’œuvre de la seule conjugaison du courage de ces peuples et de l’action des seules oppositions intérieures de ces pays c’est manifestement faire preuve d’une très grande ignorance de la grande politique, qui au fond n’est autre qu’un savant et subtil mélange du lobbying et de la grande diplomatie internationale.

Bienvenu MABILEMONO
S.G. du M.U.D.C.

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