Dimas : Il prend des galons au RPT !

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Dimas en 2003 avec Jean Hélène et Bob Akitani

Faut-il encore pleurer au Togo quand un journaliste est inquiété, embastillé ou torturé ?

La  réponse toute simple mérite une attention particulière. Au Togo, ce sont les plus combattants hier qui font le lit de la dictature aujourd’hui, empruntant s’ il  le faut ,des voies les plus cyniques contre le peuple qu’ils prétendaient protéger par la plume.

Un journaliste à Lomé  n’a pas tardé à nous dire que c’est « l’Europe qui masquait notre patriotisme au Lynx ». La réponse ne s’est pas faite attendre : « Nos confrères du Regard, du Correcteur et de Liberté Hebdo ne sont pas du côté de la Seine ou du Rhin,mais du côté de la lagune Togba… ils sont restés pourtant intègres »

Le message n’est pas d’amener Dimas Dzikodo  à penser comme les autres, liberté d’expression oblige. Il n’est pas aussi d’attirer son attention sur le tord qu’il fait à la jeunesse togolaise avec des arguments boiteux d’analyste, des messages codés dans les analyses pour dire qu’il est désormais fait pour rouler l’opposition au profit de Faure. Notre message est de l’amener à penser comme Albert Camus  : «  Chaque concession faite à l’ennemi et à l’esprit de facilité peut entraîner une autre ».

A chacun son blanc…

Il fait ses premières armes en posant en tout « bon nègre » avec le journaliste Jean Hélène de RFI accusé de partialité dans le génocide rwandais quand celui-ci débarque à Lomé pour couvrir les élections de 2003. Quand Jean Hélène est fauché par un ivoirien,Dimas Dzikodo oublie que la plume très partiale de son ami français a tué plus de 500.000 rwandais en écrivant un article  post mortem au négrier défunt. Arrêté juste après les élections de 2003, Dimas Dzikodo fut libéré après une démonstration très médiatisée des togolais et des médias internationaux. L’homme, reconnaîtra après que ce sont des bonnes volontés  qui ont payé les 500.000 Francs CFA exigés pour sa libération.

Cette arrêstation ouvre alors les portes à Dimas Dzikodo. On le retrouve aux côtés d’une association des droits de l’homme au Togo.L’association  très respectée Survie lui donne aussi une tribune. Dimas est invité en France pour parler des droits de l’homme dans son pays. Il venait d’être sauvagement agressé au quartier Tokoin SOTED, par des individus, à motos et à bord d’une voiture. La diaspora togolaise en Belgique lui accorde aussi le bénéfice du « bon combattant » par une invitation afin qu’il parle des horreurs vécus.

L’ascension de Dimas Dzikodo devient une fascination dans le monde journalistique togolais. Les journalistes aimeraient aussi se faire lyncher par le RPT et après connaître le bonheur comme leur confrère. C’est  aussi par une visite dans les geôles du RPT que le confrère Philippe Evégnon est devenu aujourd’hui tout puissant prédateur de la presse avec son institution la HAAC. Eric Jonhson comprend la méthode et apprend la leçon. Il  fait vite et s’approche du colon Charles Debbasch. Ensemble, ils créent ce qu’ils appellent humblement « l’UNION ».

Les portes de voyages avec le président Faure sont ouvertes aux nouveaux journalistes. Aux côtés des journaux sérieux comme le Regard, Liberté Hebdo ou tout nouvellement le Correcteur, on les préfère. Quand Dimas part avec Houngbo en Israël, Eric Johnson était déjà  avec leur nouveau employeur à Bruxelles.

Dimas :  d’abord avec Kpatcha…et ensuite avec Rock Gnassingbé

Quand Kpatcha est nommé ministre de la Défense et des Anciens Combattants, il fait appel à Dimas ou c’est Dimas qui s’approche tout près de lui ( tout dépend du bout du tunnel où on se trouve ) pour lui faire des éloges de grand ministre. Des articles sortent de nulle part et font de son mentor un «  préféré des Rptistes »  à son frère président Faure. Quand Kpatcha parade comme chef d’Etat, il y’a un journal respecté comme Forum de la semaine pour lui mettre  dans ses colonnes. L’argent coule à flot et Dimas devient un intermédiaire de tous ceux qui veulent parler à « Monsieur le ministre de la Défense ». Un togolais installé en Europe raconte : « Quand j’ai amené un togolais battu et humilié par les zébrures rouges de Kpatcha afin que Dimas face connaître au peuple togolais la mésaventure du pauvre, j’ai été surpris qu’il me parlait plutôt de comment prendre contact avec Kpatcha pour que l’argent nous soit versé pour le partage ».

Et comme l’argent appelle l’argent, à un Gnassingbé, Dimas s’ est ajouté un autre Gnassingbé :  Rock .Ce dernier, évincé par un vote très démocratique par Tata Avlessi à la Fédération Togolaise de football (FTF) s’offre les services ou mieux, Dimas offre ses services à cet autre fils de la nation. Ensemble, ils vont mettre les bâtons dans les roues de Tata Avlessi jusqu’à ce que ce dernier  soit à son tour évincé de nouveau par Rock Gnassingbé. D’ailleurs Rock Gnassingbé au micro du confrère  www.republicoftogo.com racontera : « Et beaucoup de gens m’ont encouragé dans ce sens, notamment les journalistes. J’ai donc décidé de revenir pour redresser les choses. »

D’un Gnassingbé millionnaire au départ, Dimas à un deuxième Gnassingbé lui aussi millionnaire. Quand on a deux gros culottés financiers au Togo ça fait beaucoup d’argent.Le journaliste à qui on disait avoir trop souffert  des brimades et humiliations du pouvoir quarantenaire n’était qu’un opportuniste caché, un parrain de la dictature…

Dimas : Le monde marche, les intérêts se déplacent

Au Togo, Dimas Dzikodo est une admiration, une fascination pour beaucoup de ses confrères. Tous  veulent savoir « la magie » utilisée pour être un aimé des Gnassingbé. Avec un journal au départ hebdomadaire, l’argent de Kpatcha l’ouvre les portes pour un journal bi-hebdomadaire. Les billets de banque de Faure s’entassent sur sa table et font de son « Forum de la Semaine » un quotidien. Une ascension bien méritée dans une dictature tropicale ou personne ne peut vivre du journalisme.
Quand Kpatcha est accueilli dans sa villa par les obus le 14 avril 2009,  la troupe de Faure évite Dimas Dzikodo, reconnu dans le sérail très proche de Kpatcha. Forum de la Semaine est le seul journal non invité nuitamment par la JUNT pour le partage de l’argent. Afin que les confrères regardent ailleurs, avec les traces d’obus et de sang qui surplombaient encore les mûrs et les carreaux de la  villa,dans la nuit que les togolais appellent par le « coup d’état de Pâques ». Comme tout togolais, Dimas Dzikodo a lui aussi pensé à une libération rapide de son financier. Par articles interposés, il joue au journaliste d’investigation en retrouvant les « codes utilisés » par le commandant Félix Kadangha pour arrêter Kpatcha. Il est le seul à parler des autres soldats morts dans cette nuit de folie et les pressions faites sur la femme de Kpatcha…

Dimas : Il fait dos à Kpatcha et prête main forte à Faure….

Dimas ici photografiant Faure au stade à Berlin -Juin 2009- Photo Lynx.info

Le RPT comprend que Dimas est encore celui qui fait le grand bruit. Quand au confrère Kao Victoire de la Dépêche une simple menace a suffit pour qu’il mette de l’eau dans sa plume. Quand Faure débarque en Allemagne, Dimas  est le seul journaliste à être invité. A Berlin, il joue au journaliste et au photographe. Du retour au Togo, Dimas se désolidarise lentement et magistralement  à chaque jour  que Dieu faisait de la femme de Kpatcha, Mimi… et de tout ce qui est considéré être les apparatchiks du prisonnier Kpatcha .Il sait que son pain n’est plus chez celui [Ndlr Kpatcha Gnassingbé] qui est  dans les geôles du commandant Massina, mais dans les caves du  palais de la Marina.

Tout au long de la longue quête de l’opposition pour une CENI digne de ce nom, et pour des élections crédibles, Dimas écrivait des articles saugrenus et dépourvus de toutes analyses lucides. Beaucoup de Togolais commençaient par lire entre les lignes de ce journaliste impénitent une manière de faire de son journal un fond de commerce militant.

L’argent de Faure vient le saouler. Dimas se retrouve propriétaire d’une Mercedez-Benz et  déménage son « Forum de la semaine » où il cohabite avec la compagnie  Air Burkina et les sociétés bien prisées de la place dans le même immeuble. Où a t-il trouvé tout cet argent ? A cette question un journaliste répond avec humour : «  Il a vendu Kpatcha après Rock pour s’acheter Faure… Dimas mange à tous les râteliers ».

Quand on sait que le Togo n’a jamais autant eu besoin de ceux qui vont parler des sans-voix, des laisser pour compte dans ces moments éprouvants que traverse la nation togolaise, la nation à Dimas Dzikodo…

Camus Ali   Lynx.info

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