Dénonciation par l’AFN du tribalisme d’Etat en Côte d’Ivoire : la nuit des longs couteaux ivoirienne s’annonce impitoyable entre Ouattara et Soro

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C’est l’histoire de deux diablotins qui se déchirent après avoir ourdi et perpétré les coups les plus sulfureux.

Après avoir longtemps servi de paravent à son mentor Ouattara, lui aussi marionnette d’une puissance qui a du mal à se guérir d’une maladie dénommée « colonialisme à outrance », l’ancien soi-disant chef rebelle ivoirien Guillaume Soro veut cesser d’être le pantin d’un natif du Burkina qu’il a aidé à ravir par la force la tête de son pays.

Ce dernier, quant à lui, pense avoir donné suffisamment à « manger » – aux dernières nouvelles, on ne fait que ça, d’Abidjan à Yamoussokro depuis que le quatuor infernal Sarkozy-Ouattara-Soro-Bedie a réussi à prendre le pouvoir après avoir versé le sang de plus d’une dizaine de milliers d’Ivoiriens, n’en déplaise à un « philosophiste » camerounais bien connu pour jouer à merveille les avocats du diable – à son poulain pour qu’il ait encore le droit de pousser à tort et à travers des gueulantes enragées.

Evidemment, comme tous bons malins qu’ils sont, aucun des protagonistes de cette querelle byzantine n’ose prendre personnellement les devants pour se signifier publiquement leur rupture. Ils s’épient, et à la moindre occasion, se canardent et se brocardent par partisans interposés.

Ainsi, après les sorties outrées et outrancières de Ahmed Bakayoko, sous-fifre et âme damnée de service de Ouattara contre le compagnon d’armes Guillaume Soro devenu rebelle –dont il a dénoncé en des termes à peine voilés la « soif du pouvoir », c’était, mardi, autour de Félicien Sékongo, Secrétaire général et porte-parole d’une certaine « Amicale des Forces Nouvelles », support sociopolitique de fortune taillée à la mesure de Soro dans la perspective de la course au pouvoir d’Etat en Côte d’Ivoire prévue en 2020, de monter au créneau pour exposer à la face du monde quelques autres péchés capitaux du régime Ouattara, qui viennent du reste s’ajouter à un autre révélé naïvement la semaine dernière par Cissé Bakongo, un proche de Ouattara : « prendre le pouvoir avec pour seule motivation de manger, manger encore jusqu’à plus faim, manger toujours et manger seulement ».

Ces péchés capitaux, aux dires de Félicien Sekongo, sont le tribalisme et le régionalisme, géniteurs biologiques de deux frères siamois : le divisionnisme et … la guerre civile !

Dans un élan d’assagissement que l’on n’a pas toujours connu aux proches d’un Guillaume Soro qui a récemment décidé d’aller à confesse ou de venir à résipiscence, « l’Amicale des Forces Nouvelles » n’a pas mis de gants pour dénoncer « Des cadres du RDR [qui]tiennent des propos tendancieux et attentatoires à l’unité nationale », pouvant se résumer au sulfureux et hypocrite diptyque « faisons tout pour ne pas que le pouvoir échappe aux gens du Nord » et « si le pouvoir échappe aux gens du Nord, nous irons en exil avec nos enfants » ».

Pour ce mouvement qui ne cache plus son aversion pour le « Moro Naba » des bords de la Lagune Ebrié, « De tels propos abjects sont de nature à replonger notre pays dans une crise identitaire ». « …De ce pouvoir, qu’est-ce que le Nord a gagné ? » s’interroge-t-il dans sa déclaration que Cameroonvoice publie ci-dessous dans son intégralité.

Aux dernières nouvelles, Guillaume Soro a partagé sur son compte Twitter la déclaration de l’AFN, non sans l’assortir d’un commentaire : « Conférence de presse : L’Amicale des Forces Nouvelles dénonce la résurgence des dérives tribales »

De là à penser que le speaker de la chambre basse ivoirienne confirme, sans avoir l’air d’y toucher, la consommation de la rupture entre Ouattara et lui, il n’y a pas loin de la coupe aux lèvres.

Intégralité de la déclaration de

l’Amicale des Forces Nouvelles

Dans le cadre de l’organisation du congrès du RDR, une campagne de mobilisation est entreprise et des missions parcourent tout le pays. Admettant que tout parti politique est libre de battre une campagne grandeur nature pour organiser un simple congrès, certains propos tenus interpellent l’Amicale des Forces Nouvelles, qui décide de s’interdire toute indolence coupable. Certains hurons disent péremptoirement que même notre existence leur est due. L’Amicale voudrait inviter les auteurs de ces propos à regarder d’un œil dépassionné l’histoire de notre pays afin d’établir le véritable rapport tributaire.

L’Amicale note aussi avec regret qu’en vue de s’attirer la sympathie de certains militants et leur adhésion au congrès, des cadres du RDR tiennent des propos tendancieux et attentatoires à l’unité nationale. Il ne pouvait en être autrement quand des responsables de haut rang déclarent : «Faisons tout pour ne pas que le pouvoir échappe aux gens du nord » Que dire de ceux qui affirment sans sourciller que « Si le pouvoir échappe aux gens du nord, nous irons en exil avec nos enfants».

Au vu de ces délits et délires se rapportant au tribalisme, l’Amicale n’aurait rien à redire s’ils se limitaient à maculer l’honorabilité et à démontrer l’inculture de ceux qui les tiennent. Malheureusement, l’AFN pense justement que ces propos sont de nature à impacter gravement la cohésion de notre pays et au-delà, l’unité nationale.Risquant croire que nous partageons avec les détenteurs de ces théories le souci de construction et de sauvegarde de notre nation, nous voudrons attirer leur attention sur ces dérives d’un autre talent oratoire. Aussi, voudrions-nous appeler à la vigilance de l’opinion nationale et prendre à témoin la communauté internationale.

En effet, connaissant notre histoire et dans cette situation de non réconciliation effective, il nous est inconcevable que des responsables politiques fassent appel à la primauté de la conscience d’appartenir à un groupe tribal déterminé au détriment de celle ayant trait à la Nation.Comment oser inviter les Ivoiriens du Nord à ne penser et agir qu’à travers la tribu ou l’ethnie au nom de quelques mesquines et éhontées exigences matérielles au détriment de l’intérêt national ?

Cette idéation de la chose politique est à condamner. Le peuple ivoirien de tout horizon n’aura son salut que dans l’unité car, dans cette Nation arc-en-ciel, il est irrationnel et illusoire de penser qu’un groupe donné parviendra à s’émanciper et à s’affirmer au détriment des autres. De tels propos abjects sont de nature à replonger notre pays dans une nouvelle crise identitaire aiguë qui risque de conduire droit dans le mur la Côte d’Ivoire. La construction d’une nation est contraire à la promotion des principes liés au communautarisme et au sectarisme. Les Ivoiriens sans distinction aucune, sont désireux de s’unir, de vivre ensemble dans une nation forte.

D’ailleurs, de ce pouvoir, qu’est-ce que le Nord a gagné ? Les conditions d’existence matérielles des populations du Nord sont-elles différentes de celles des autres contrées de notre pays ? Mieux, en quoi leur vie a-t-elle changé avec la gestion présente du pouvoir d’Etat? Nous n’osons pas croire que le RDR, un parti politique se réclamant républicain puisse être un rassemblement exclusif des populations du Nord.

Du reste, il faut s’interdire de voir une similitude entre sa coterie et sa sphère avec respectivement les Ivoiriens du Nord et le Nord de la Côte d’Ivoire au point de vouloir indument les associer à un projet de confiscation du pouvoir d’Etat. Nous devons tous éviter de cloisonner la Côte d’Ivoire et d’emmener une partie du peuple à vivre replié sur lui-même, à construire autour de lui cette clôture isolationniste immonde et à rejeter systématiquement les autres Ivoiriens. Le Régionalisme, le Tribalisme et l’Ethnocentrisme sont interdits par notre Constitution, la Loi fondamentale de notre pays.

Fait à Abidjan, le 22 Août 2017
Pour l’Amicale des Forces Nouvelles
Le Secrétaire Général, porte-parole
Félicien Sékongo

Ndam Njoya Nzoméné

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