CEB : Surfacturation, salaires exorbitants, missions fantaisistes …

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Derrière son apparence d’organisme international en bonne forme et bien géré, la Communauté Electrique du Bénin (CEB) cache une forêt de magouilles, de malversations et de crimes économiques. Le calme avant la tempête ; bientôt les opinions des deux pays fondateurs, le Togo et le Bénin seront au fait du drame qui se déroule en silence à la CEB. De sources proches de la direction, chaque année, des millions débloqués pour des commandes de pièces détachées et autres équipements finissent dans les poches de certains individus à travers le jeu de surfacturation. Au centre de transformation d’Atikoumé à Lomé, l’on ne cesse d’évoquer des cas de malversations. Des matériels de travail qui disparaissent au détournement de fonds par le canal de la surfacturation et de fausses commandes, l’on ne manque pas d’ingéniosité pour s’en mettre plein les poches à ce centre. L’une des raisons, indiquent nos sources, qui avaient entraîné la mutation du Béninois Boko, chef centre à la direction. Joint au téléphone, l’intéressé a rejeté les accusations dont il est objet et nous a renvoyé tantôt à son prédécesseur tantôt à son remplaçant.

Au moment où les agents de la CEB sont grassement payés et où ceux-ci multiplient des missions à l’extérieur, le Togo et le Bénin peinent à s’approvisionner en énergie électrique et à en disposer en quantité. Le Ghana et le Nigéria viennent de sevrer la CEB d’une importante quantité d’énergie obligeant le Togo à se tourner vers la centrale de Contour Global. Des difficultés qui ne sont pas pour connaître une fin de sitôt vu que la demande en énergie est croissante dans les deux pays alors que les sources d’approvisionnement se raréfient.  « Cet organisme créé pour juguler les difficultés d’approvisionnement en énergie électrique des deux pays frères se révèle en fin de compte un éléphant blanc. Beaucoup de fonds sont dépensés chaque année pour payer les employés émargeant sous un statut de salariés internationaux et pour commander des pièces de rechange, pour pas grand-chose », se désole un observateur avisé à Lomé. Celui-ci enchaîne en révélant que d’ici peu, la CEB sera confrontée à des difficultés parce que « le drame qui s’y déroule est insupportable ». Dans le même contexte, des voix s’élèvent pour conseiller au Togo et au Bénin de privatiser ou de restructurer car, ils y gagneraient beaucoup. « Vu que d’aucuns ont fini par transformer la CEB en vache à lait avec des salaires exorbitants, des missions fantaisistes et sans portée réelle sur le fonctionnement de la boîte, des détournements de fonds, des surfacturations, il s’avère nécessaire de penser à autre structure plus rentable et économique », croit savoir un analyste.  Tout indique que, l’éléphant CEB annoncé pour permettre au Togo et au Bénin de souffler un tant soit peu sur le front de l’énergie électrique, est arrivé un pied cassé.  Comme toute entreprise publique sous les tropiques, la CEB a été gagnée par le virus de la mauvaise gestion. Des exemples pour illustrer nos propos. Les agents de la CEB sont recrutés sur la base de critères non objectifs et non rigoureux. Beaucoup se révèlent des recommandés qui ne savent pas bien ce pourquoi ils y sont.  Le soleil se lèvera quand sur la gestion de la CEB ?

Malika Igomzikpé Lynx.info

 

 

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