Ce n’est pas le pouvoir RPT/UNIR qui est fort, c’est l’opposition qui est faible. Les preuves…

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A la fin de cette année 2012, les GNASSINGBE (père et fils), auront bouclé quarante cinq (45) ans de règne sur le Togo ! Trente huit ans (38) de règne du Gal GNASSINGBE  Eyadema,  et, depuis 2005, sept (07) ans de règne déjà pour Faure GNASSINGBE !

Ce long règne des GNASSINGBE, soutenu par le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), peut-il s’expliquer uniquement  par la puissance du RPT et du pouvoir ? Hélas non ! C’est la faiblesse, avec un grand F, de l’opposition, qui a fait et qui fait la force du pouvoir !

Quand je critique cette opposition, certains m’accusent de ménager le pouvoir et de ne concentrer mes tirs que sur l’Opposition. Le Pouvoir, est lui, dans sa logique, qui est, comme tous les pouvoirs du monde, de conserver le pouvoir, ou de le conserver le plus longtemps  possible. C’est à l’opposition de le contrer et d’assurer l’alternance. Ce n’et pas le pouvoir qui va vous offrir, sur un plateau d’argent, l’alternance. Il faut être naïf pour le croire…

Jusqu’au discours de la BAULE, aucune opposition francophone n’a réussi à détrôner les mandarins du pouvoir : MOBUTU, EYADEMA, ALI SAÏBOU, MOUSSA TRAORE etc. Nous pouvons donc dire, que la lutte de l’opposition pour le pouvoir a commencé réellement en 1990.

Au Togo, dès le 5 octobre 1990, le peuple a cru que des hommes nouveaux allaient lui apporter le changement… Et la Conférence nationale Souveraine (CNS) a convaincu le peuple que ça va vraiment changer dans le pays !

A la fin de la CNS, le RPT était presque mort, le pouvoir était à terre et Eyadema était convaincu que la partie était perdue pour lui…

Mais, le 27 novembre 1991, l’opposition montra sa faiblesse et son amateurisme en faisant dissoudre le RPT par le Haut Conseil de la République, d’où le putsch du 3 décembre 1991,  qui déstabilisa et plomba toute la transition. Rétabli dans ses droits, le RPT organisa, quelques jours avant NOEL 1991, un meeting au stade municipal. C’est moi, en tant que Ministre de l’Intérieur par intérim, qui donna l’autorisation, et j’ai demandé à nos hommes de sécurité, qui ont fouillé tous les participants, de me compter le nombre de militants qui sont rentrés au stade : il y avait, en tout et pour tout, seulement 2085 militants et militantes du RPT !

La deuxième erreur fatale est la grève générale illimitée, lancée par l’opposition malgré la mise en garde de Koffigoh et de nous tous !  Elle a ruiné toute l’opposition et les femmes du grand marché, grande pourvoyeuses de fonds pour l’opposition. Pire, tous les postes de responsabilité détenus par des membres de l’opposition, dans la fonction publique, ont été redistribués à des RPtistes, qui eux, n’avaient pas fait la grève !

Puis, c’est l’erreur que l’opposition ne devait jamais commettre : la bourde de 1993 : au lieu d’élire Edem Kodjo à la présidence de la République (tous les sondages le donnaient largement gagnant, face au général Eyadema, et il était le seul qu’Eyadema aurait accepté pour le remplacer !), l’opposition refusa de le soutenir et Edm Kodjo se retira, à 3 jours du scrutin !…

Puis, c’est l’Hara-Kiri de 1994 ! Mr Edem Kodjo et Me Yawovi AGBEYIBO donnèrent   un cadeau royal à Eyadema, en refusant de gouverner ensemble, après leur victoire aux élections législatives ! L’UFC  originale porte aussi une très lourde responsabilité dans cette situation, pour avoir boycotté ces législatives !  Si l’UFC  ne l’avait pas fait, Me AGBOYIBO N’AURAIT PAS OBTENU SEUL  36 députés, et l’opposition, dans son ensemble, aurait raflé au moins 60 députés sur les 81 que compte notre parlement ! L’opposition aurait gagné aussi les législatives de 1999, si elle avait bien  gouverné. Bref, Eyadema n’aurait pas « gagné » la présidentielle de 1998 et la Constitution du 14 octobre 1992 n’aurait jamais été révisée…

Puis vint la liste des erreurs « volontaires » de l’opposition :

Refus de former un bloc uni pour terrasser l’ogre RPT ;

Choix stupide d’un mort-vivant (Bob Akitani) pour affronter Faure GNASSINGBE en 2005 ;

Gestion calamiteuse de l’élection et de la période post électorale de 2005, avec, au bas mot, plus de 500 morts et 1000 blessés ;

Refus de participer, en bloc uni, au gouvernement d’union nationale de Me AGBOYIBO, après l’accord politique global (APG), pour opérer les réformes constitutionnelles et institutionnelles ;

Elections législatives de 2007 en rang dispersées, de même que pour la présidentielle de 2010 ;

Explosion de l’UFC en deux partis (UFC et ANC) et guerre fratricide stupide entre les 2 frères ennemis ;

Contestations et marches, depuis 2010, de FABRE et ses partisans ;

Stérilité politique des 31 députés de l’opposition élus en 2007, qui ont, en cinq ans, présenté  zéro projet de loi, zéro interpellation de ministres ou de Premier ministre, zéro motion de censure … bref des députés momies, qui ne comprennent rien a leur rôle d’élus du peuple ;

Création du CST en Avril 2012. C’est seulement en Avril dernier, que Me AJAVON et ses acolytes avocats (après avoir perdu le procès juteux de Kpatcha GNASSINGBE et coaccusés), créent ce Collectif confus et diffus ;

Création, ensuite de l’Arc-en-ciel, un autre Collectif aux objectifs aussi diffus que confus ;

Lecture fantaisiste et erronée de notre Loi Fondamentale par ces deux Collectifs, pourtant « bourrés » de juristes aux analyses désespérantes ;

L’opposition politique qui se laisse mener par le bout du nez par des organisations de défense des droits de l’Homme qui sont incapables de défendre le Président de la CNDH, contraint à l’exil …

J’en passe… et des pires !

Que ceux qui m’accusent de critiquer l’opposition me donnent une raison (une seule !) pour ne pas la critiquer ! Je ne critique pas pour critiquer, mais je propose des choses concrètes, au pouvoir comme à l’opposition… :

j’ai proposé un projet concret d’Assurance Maladie Généralisée pour toute la population (pas pour les fonctionnaires seulement) ;

j’ai proposé l’école gratuite pour le primaire jusqu’au BEPC ;

j’ai proposé des solutions pour résoudre le chômage des jeunes ;

j’ai proposé des solutions pour lutter contre le délestage, pour booster l’Agriculture etc. ;

j’ai adressé une derni douzaine de lettres ouvertes  au Président Faure GNASSINGBE, qui contiennent mes propositions ;

j’ai proposé des choses concrètes à l’opposition aussi. Rappelez-vous ma fameuse lettre « Si j’étais Jean Pierre FABRE ».  Rappelez-vous  mes propositions à l’opposition pour remporter les législatives, et les stratégies de conquêtes du pouvoir dans l’unité ! Je ne peux pas faire plus !

Aujourd’hui, je ne suis ni de l’Opposition, ni du Pouvoir ! Je suis Consultant en géopolitique et stratégie sécuritaire… Et j’ai un carnet de commandes bien rempli, non seulement du Togo, mais d’ailleurs !

Que cela soit clair pour tout le monde, et je n’ai aucune intention de créer un parti politique de plus, pendant que je propose que tous les partis se fondent en un seul parti d’opposition, et qu’on n’ ait  que deux grands partis ! Les pseudos partis à 100 militants, avec des chefs de partis qui sont dans l’incapacité de battre le Président à la loyale, mais souhaitent plutôt sa mort, pour  pouvoir être Président (ce qui n’est même pas évident ! des partis fauchés, ou des partis spectacles, on n’en veut plus au Togo !

A l’allure où vont les choses, le Parti au pouvoir va remporter encore les prochaines législatives, sauf miracle… Il appartient à la classe politique de l’opposition de gérer, avec plus d’intelligence, les cinq années à venir, pour le bien de nos populations…

Dr David IHOU, Ancien Ministre de la Santé et de la Population, Consultant en géopolitique et stratégie sécuritaire

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