Camus Ali répond au Pr Apedoh Amah et à Monsieur Komla Tékpor dans l’affaire qui oppose la population de Bangéli à un groupe Adja bien connu

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Je suis Camus Ali. Fils du grand Bassar, c’est à mon corps défendant, donc par une initiative personnelle que j’ai décidé de répondre à l’article du Pr Apedoh Amah et de la diaspora Adja basée aux Etats-Unis. J’aurai pu envoyer à chacun un droit de réponse mais eu égard, au droit de réponse du professeur qui recoupe celui du représentant des Adja, j’ai pensé faire une économie de mon précieux temps. Grosso modo, j’ai voulu faire d’une pierre, deux coups. 

Les derniers mots de l’article publié sur le site www.icilomé.com du Pr Apedoh Amah sont ceux-ci : « Il fallait le dire ». Dans le droit de réponse : Conflit Communautaire Entre les Adja et les Bassar : Le droit de réponse de la Diaspora Adja -USA à Mr. Kofi Yamgnane publié sur le même site, de celui qui représente les Adja à Washington, le mot qui est revenu le plus est « Justice ». Oui ! Il faut laisser faire la justice. Le Togolais que je suis, découvre subitement groggy qu’il y a encore une justice au Togo et les Adja y sont tellement confiants en cette justice qu’il faille la laisser dire le droit, suivre son cour à défaut attendre. On ne serait même plus étonné que, celui qui sort ces mots soit aussi dans son rôle. La dictature togolaise à fabriquer des monstres au-delà de ses frontières. Passons. Quant au Pr Apedoh Amah nous sommes fiers dans le Bassar qu’il l’est « ouvert » grandement pour dire ce qu’ « il fallait dire ». Sauf que, et pour une n’ième fois, l’intellectuel s’est encore planté. Quand on veut parler sur des choses sensibles des communautés dans un Etat fragile comme le Togo, la décence voudrait qu’ un professeur respecté fasse cet effort parfois surhumain d’être à la hauteur de ce qu’il veut dire ou mieux, de ce qu’il dit.  Pourquoi, ne pas aller sur le terrain investiguer pour être au-dessus de toute confusion des genres ? Pourquoi ne pas, pour l’amour du Togo bousculer ses fesses jusqu’aux contrées les plus reculées pour écouter les sons discordants et se faire une idée juste ? Nous découvrons la vacuité de ses propos et le peu d’intérêt qu’il a eu pour confondre les deux peuples afin de parvenir à la VERITE, la vraie. Nous ne sommes pas étonnés en pays Bassar. Pour tous les intellectuels togolais, natifs du nord comme du sud, le Togo se résume à Lomé. Tout ce qui dépasse les frontières de la capitale rentre dans les non-dits. Pour parler du Togo profond, le fossé entre ceux qui devraient éveiller les consciences dans ces contrées lointaines et la réalité est si grand que, parfois, ils en deviennent le « venin » pour nos populations. Bienvenue aux tartufferies !

De quoi s’agit-il pour que, le sieur Komla Tekpor et le Pr Apedoh Amah mélangent torchons et serviettes ?

Pour faire simple, un Adja vient chercher l’enfant d’une femme burkinabé  qui marie un bassari de la localité. La tactique a été simple pour lui enlever son enfant. Avec un somnifère vaporisant, l’Adja a pu l’endormir. À son réveil, elle se souvient de tout ce qui lui était arrivé. Elle se dirige vers sa belle-mère, une revendeuse de « fufu » de la place qui à son tour lui dit que l’enfant serait entre les mains de son employée. Quand elle retrouve l’employée en question, cette dernière, lui fait comprendre que son enfant est avec un Dadjè, donc un Adja.  Interrogé, le natif Adja à son tour dit que l’enfant est entre les mains du chef de la communauté Adja appelé Akla. Le Pr Apedoh Amah et Monsieur Tephor sont appelés à suivre et bien la chaîne de l’histoire pour ne plus tomber dans le ridicule. Revenons à nos moutons.

La maman de l’enfant accompagnée de la population se dirige dans la maison du sieur Akla. Il est introuvable. (Ici, toute personne un peu lucide peut savoir que monsieur Akla était déjà dans le viseur de la population. Plus bas nous vous dirons pourquoi.) Dans l’impossibilité de le retrouver et de lui retirer l’enfant, la population déjà nerveuse défonce les portes. La moisson est grande : trois crânes humains. Du sang humain qui dégouline sur le sol. Des morceaux de corps humains dans les coins et recoins de la chambre, des ossements humains. Bref, tout ce que, le Pr Apedoh Amah a appelé (gris-gris) dans son article. Le journal online www. Lynxtogo.info a publié toutes les preuves matérielles pour ses lecteurs. Pour se parer de la furie des bassari de Bangéli, le sieur Akla se réfugie à Kara et montera du lieu de sa cachette son réseau judicaire. Voilà pour le décor.

Fautes d’arguments, Monsieur Komla Tekpor s’en prend à Kofi Yamgnane !

Pour avoir dit en « pays Tohoun », Monsieur Komla Tékpor a aussi interprété ceci comme si Tohoun était un pays. On ne peut demander à Kofi Yamgnane de dire à quelqu’un qui se veut président et porte-voix des Adja en pleine civilisation américaine de retourner à l’école. En pays kabyè, en pays Tem, en pays bassar en pays Agni… sont des expressions courantes dans nos sociétés. Au demeurant, ce n’est pas monsieur Kofi Yamgnane qui qualifie les Adja de son canton Bangéli de fabricants de boissons frelatées mais bien les habitants eux-mêmes et l’administration. Il ne faut pas se défausser avec une craie rouge sur Kofi Yamgnane et vouloir dire qu’il serait celui qui ouvre le banc sur les méthodes de voyous de quelques Adja du canton. Il n’en demeure pas vrai que, les Adja que vous dites qu’ils sont libres de s’installer partout au Togo devraient apprendre que partout au Togo, même dans les contrées les plus éloignées, il y a des règles à respecter pour vivre en parfaite harmonie avec le milieu hôte. Votre amalgame est si dégoutant voire déroutant pour un monsieur qui représente les Adja que nous sommes bien obligés de vous demander si c’est bien votre manière d’être plus juste quand deux communautés sont en déphasage quand un groupe d’individus en vient à briser la chaîne de l’ordre établi  par les autochtones ?

Le Grand Bassar en question…

Le Grand Bassar n’est pas grand par le nom, mais dans des faits concrets. Deuxième préfecture la plus vaste après celle de Sotouboua, elle est la préfecture qui recèle le plus de villages au Togo. Ce constat vérifiable fait de la préfecture de Bassar, l’une du Togo qui est la plus multiethniques. La terre est riche pour les cultures. Le Grand -Bassar qu’on l’aime ou pas, nourrit une grande partie du Togo par la force de ces vaillants paysans venus de toutes les contrées jusqu’au Benin et Ghana qui lui sont frontalier. Je vous informe que, l’igname appelée « Larbako »  reste le plus délicieux tubercule que le Togo possède. Ici, on grandit avec les mots d’Antoine de Saint Exupéry : « Mon frère, quand tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis ». Jamais dans l’histoire du grand peuple Bassar, nous n’avons connus des histoires de vol d’enfants, de crânes humains exposés dans les maisons comme des trophées de guerre. Un groupe de jeunes Adja pourchassés et brutalisés à Anié pour les mêmes faits en 2006  et dirigé par le sieur Akla déposeront leurs valises à Bangéli et tout autour du canton. Le sang humain peut commencer par gicler. Quand on veut défendre des criminels récidivistes comme le Pr Apedoh Amah et celui qui dit représenter des Adja en pleine démocratie américaine tentent de le faire, il faut s’assurer qu’ils n’ont pas un passé chargé et des mains rouges de sang. D’où la surprise de Kofi Yamgnane qui a grandi à Bangéli et qui ne comprend plus comment son village, hier un oasis de paix où cohabitaient toutes les ethnies,  aujourd’hui, transformé en un far West pour prédateurs Adja, voleurs d’enfants. Au demeurant, nous n’osons pas croire que, Monsieur Komla Tekpor qui vit à Washington se permettra-t-il de déposer son baluchon dans l’Etat du Texas, trancher les têtes d’enfants et ne pas connaître une fin de vie sur une chaise électrique comme la loi de cet Etat l’exige ? Pourtant, les Etats-Unis appartiennent à tous ses enfants.  Qui vous a éduqué Monsieur Komla Tekpor à croire que, le Togo serait une anarchie ou chaque togolais installé là où, il veut a le droit de faire ce qu’il veut pour la simple raison que, le Togo appartient à nous tous ? Trêves au laxisme ! Le Grand Bassar n’est pas un terrain d’expérimentation de rituels humains pour quelques bandits Adja. Que ceci soit entendu et respecté pour de bon ! Ne pas pousser le rubicond trop fort, le bassar très doux de nature a aussi des élans grégaires et connus de tous.

Un préfet Bassar dirige le Moyen –Mono depuis 17 ans. La preuve de l’hospitalité des Adja ?

La preuve manifeste de peu de connaissance d’un représentant du peuple Adja de ce qu’on peut appeler démocratie participative. Et pourtant, il est bien celui qui se glose derrière le titre pompeux de « président » des Adja. Qui a voté Monsieur Djato –Nadjindo Dana pour qu’il soit préfet depuis 17 ans dans le Moyen-Mono ? C’est cela vous appelez justice au Togo ? C’est cela vous appelez vivre dans un Etat de droit ? Le préfet en question, colonel de son état représente-il, le Grand Bassar ? Est-il dans le Moyen-Mono pour ne défendre que les intérêts des Bassar ?  Et pourquoi les Bassar du Moyen –Mono bien éduqués auraient-ils des problèmes avec les populations Adja quand elles se comportent bien et respectent les autochtones ?  

Nous prenons à témoin le  peuple togolais. Toutes les fois qu’un groupe Bassar s’installera en pays Adja et s’exercera  dans les enlèvements d’enfants, appelez les Bassar du monde entier, ils viendront vous aider à combattre leurs frères. Nous n’avons pas la culture de cacher des criminels sous les oripeaux d’une justice qui est même parfois à la solde des bandits. Pour votre gouverne, Messieurs Apedoh et Tekpor, aucun fils Adja n’est actuellement en prison à Bassar. Mais bien, sept fils Bassar du canton de Bangéli. Leur tort, Akla qui a tué un des leurs, et qui a tranché beaucoup de têtes vend de l’alcool frelaté. Il est riche et puissant.

Arrogance et imbécilités de Monsieur Komla Tekpor

« Sauf avis contraire, ces Adja mènent des activités commerciales permettant de ravitailler vos populations enclavées en biens de première nécessité, contribuant ainsi au développement économique de votre village » fulmine  le sieur qui dit représenter les Adja. Cette phrase à elle seule vaut de vous traiter de cancre, de mal éduqué et d’indigne pour diriger les Adja. Si on comprend bien, c’est avec l’arrivée des Adja que la région est désormais désenclaver ? Alors, quand ce groupe Adja n’était pas  encore installer dans la région, comment les Bassar se débrouillaient t-ils avant 2006, date de leur arrivée ? Si nous comprenons bien, en échange des transports de Monsieur Akla, nos enfants doivent trouver la mort sur leur chemin ? Nous exigeons ici et tout de suite des excuses pour cette déviation tribaliste, arrogante et prendrons nos responsabilités pour faire entendre notre rage. Plus loin, Monsieur Komla Tekpor passe à la vitesse supérieure : « Nous pensons qu’il faudrait plutôt chercher à collaborer avec ces opérateurs économiques Adja sur des projets robustes de désenclavement, de création d’emploi et d’éducation des jeunes en matière de santé dans le milieu ». Autant dire au grand peuple Bassar de s’asseoir à table avec les criminels Adja dirigé par monsieur Akla. Votre manière rustre et nauséabonde de prendre un peuple qui pleure son enfant ne restera pas sans réponse adéquate. Comme vous nous imposez la « Collaboration » avec les criminels faute de disparaître parce que, enclaver nous  prenons acte ! Nous serons au rendez-vous pour cette collaboration. Mais avec des gourdins pour vos montrer qu’on ne nous marche pas deux fois sur les orteils !

Adresse au Pr Apedoh Amah

Cher Professeur, et si vous improvisiez une scène théâtrale dans votre salon comme vous le faite quand cela vous arrange au centre culturel français ou seront exposé trois crânes Adja ? C’est par vous que, nous apprenons que les « gris-gris », toutes les régions du Togo en possèdent. Mais ce que vous feignez de dire est que, ce n’est pas toutes les régions du Togo qui ont de la joie de tuer des enfants pour immoler sous l’autel de leurs gris-gris. Peuple animiste, aucun rite, coutume ou cérémonie en pays bassar n’exige du sang humain et des crânes humains pour les sacrifices. Si vous êtes fiers de parler de gris-gris, soyez fiers de les exposez pour vos visiteurs dans votre salon comme le fait si bien ce groupe Adja qui opère en toute impunité dans le Grand Bassar. Mais de grâce, bien prendre soin que, les têtes ne soient pas celles des enfants Bassar. Que diriez-vous si vous, vous essayez avec les têtes de petits Adja ?

Camus Ali

20 juillet 2020

Allemagne

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