Ça va mal finir, cette démocratie aux airs d’une monarchie absolue de droit divin

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Faure Gnassingbé et son gouvernement ont cru pouvoir se débarrasser du brûlot des réformes en essayant, dans un premier temps, de le balancer au parlement. Le président compte sur le comportement grégaire de ses représentants du RPT/UNIR/UFC.

Nous Togolais, volontairement ou par omission, délibérément ou par couardise, nous avons laissé faire le RPT-Etat. Nous avons permis à des criminels, des pontes de la corruption et du mensonge, de nous mener en bateau, de faire croire au monde que les vessies, au Togo, sont bien les lanternes promises. Or, la lumière n’est nulle part visible à l’horizon et, des ténèbres s’élève une question : où va le Togo ?

Certains, un groupuscule sans foi, veulent vivre sous la monarchie familiale ; d’autres, la grande majorité, dans une République togolaise fondée sur des règles de compétition politique et de transparence. Triste confusion devenue le pain quotidien d’une nation liée par une constitution qui n’émane pas d’elle. Ça peut mal finir ! Comment une nation gérée à la va-comme-je-te-pousse peut-elle un jour parvenir à solder ses différends internes ! Le destin auquel cette nation est vouée, ne peut être que sa propre dislocation. Si demain le Togo venait à exploser, les termes de la constitution actuelle en seront la cause principale, pour ne pas dire le boutefeu d’où partira l’incendie.

Au lieu d’affronter avec courage et bonne foi la question cruciale des réformes pour remettre les pendules à l’heure de la concorde nationale et de la confiance entre citoyens, le régime cinquantenaire enchaîne les dialogues tordus, agite ses biceps, refuse de se laisser guider par la volonté du peuple et recourt à des expédients qui ne font que repousser dérisoirement les échéances tout en creusant plus profond encore le fossé dans lequel notre pays baigne depuis des décennies. Faure Gnassingbé et son gouvernement ont cru pouvoir se débarrasser du brûlot des réformes en essayant, dans un premier temps, de le balancer au parlement. Le président compte sur le comportement grégaire de ses représentants du RPT/UNIR/UFC. Or c’est là traiter avec mépris ou banaliser au sens le plus terre à terre du terme, un sujet fondamental pour l’existence de la nation et censé revêtir un caractère beaucoup plus large. La question des reformes au Togo aurait dû revêtir un engagement solennel de ceux qui en réalité ne devraient plus avoir le droit de dicter leur loi, si le pays était une démocratie. Qui pourrait croire que le président sorti, en 2005, d’une marre de sang, qui pendant dix ans n’a pu offrir au Togolais que de la sueur, des larmes et du désespoir en serait toujours à se livrer à ces surenchères effrénées, à cette démagogie irresponsable, à pousser à la roue de l’outrance et de l’absurdité, appliquant de faux remèdes aux problèmes de la nation, dans un seul et unique but : conserver le pouvoir ? Ces réformes, le peuple doit les obtenir.

Avec en prime, le départ de Faure Gnassingbé. Pour trois raisons : d’abord le Togo n’a jamais fait, à aucun moment de son histoire, le choix d’une monarchie familiale. Ensuite, il y a trop de sang sous ce pouvoir. Et, enfin, l’état a assez grincé, et il faut entamer de le réparer, ici et maintenant, sans autres formes de délai. Ces vices disqualifient UNIR et son chef. Pour les compatriotes qui le vivent dans ses détails la gouvernance tyrannique de Faure Gnassingbé, pour ceux qui, en terres lointaines, l’observent, il est clair que le temps est enfin arrivé pour que les pays occidentaux se mettent d’accord sur un processus de changement de régime au Togo, autrement que par une-prétendue-élection présidentielle de 2015. Ils doivent aider les forces vives du pays à obtenir le départ de Faure Gnassingbé et l’éradication de son système électoral gangréné par le diktat militaire. Car, on ne plus, devant le statut quo sans fin, rien attendre d’une quelconque élection au Togo, avec les mêmes lois, les mêmes exécutants qui ont fait faillite. C’est le temps de mettre un terme définitif aux passe-droits que le RPT/UNIR s’accorde. Ce n’est qu’à ce prix qu’enfin un véritable régime de démocratie pourra voir le jour au Togo. Ceux des Togolais qui n’ont pas perdu ou troqué leur mémoire contre de la nourriture se souviendront que lorsqu’il fabriquait son pouvoir avec du bain de sang, Faure avait fait valoir, à la fin de son opération, que sa venue n’avait d’autre objectif que d’éloigner le pays du spectre de la guerre civile (?), de tempérer les excès du passé. « Plus jamais ça », avait-il dit. Mais ce serment ne l’a pas empêché de laisser commettre d’inénarrables dérives, de démentielles abominations, des pratiques de basse police et de massives violations des droits de l’homme. N’est-ce pas sous la veille de ce monsieur à la présidence que quelques galonnés de l’armée tribale, impunément, mettent leurs bottes sur des pans entiers de la nation, leur rentrant dans la gorge leur soif de vérité et de justice, sous le prétexte menteur et sacrilège de rétablir l’ordre publique ? L’exemple le plus récent a été l’invasion de Dankpen, en pays Konkomba, par des bérets rouges. Leur mission était d’étouffer dans l’œuf tout soulèvement contre la levée abusive de l’immunité parlementaire à un fils de la localité. Une démocratie coiffée de béret rouge ? Cala est un parjure.

Que faut-il d’autre pour conclure que le président Faure a affermi la tyrannie faute d’affiner la concorde nationale ? Il nous a l’air d’un homme moderne mais ses desseins sont très apparentés à ceux de son archaïque et violent père. Qui ce président peut-il encore tromper avec sa démocratie obtuse qui en plus émet des sons bizarres propres à une autocratie militaire ? Les pourparlers de l’absurde qui s’étaient achevés sur un constat d’échec n’étaient en réalité qu’une vile et abjecte échappatoire fomentée par le pouvoir sur fond d’objectifs obscurs. En fallait-il vraiment un avant que le RPT/UNIR et son président ne parviennent à opérer les réformes préconisées de longue date par l’APG puis par la CVJR ?

Comment est-il arrivé que ce chef ait pu, s’il n’a pas l’intention de conserver le pouvoir contre tout, perdre en l’espace de quelques années l’extraordinaire agilité qu’il avait de manipuler les lois ? N’est-ce pas lui, Faure Gnassingbé, qui, du coucher au lever du soleil, était passé du statut de ministre à celui de député puis de président de l’assemblée pour enfin atterrir sur le fauteuil présidentiel érigé en trône grâce à une magie de rafistolage constitutionnel dont le filou et perfide Debbasch agrée près la cour fut le maitre d’œuvre? Ces temps derniers, on entend encore braire quelques arlequins qui se posent en soutiens inconditionnels du prince, des membres d’associations fantômes sans aucune base crédible. La plupart d’elles sont des groupes de nigauds comme celles pompeusement appelées « Mouvement de la majorité silencieuse » et « M150 » pour ne citer que celles-là. Ces individus sans aucun sens du vivre-ensemble, préférant agir comme des drogués dépourvus de mémoire et qui n’ont pour toute intelligence que « ce que mon ventre veut, le peuple le veut » relaient le système mafieux pour, dans un insolite concert de charivari, arguer que la limitation du mandat présidentiel ne saurait être une exigence en démocratie et que seul un référendum peut modifier la constitution actuelle, c’est-à-dire la mouture viciée que les mains astucieuses de leurs mentors avaient alors, à la faveur d’une nuit de 2002, imposée au peuple souverain du Togo.

Ces sombres énergumènes omettent de nous dire par quel référendum le texte populaire de 1992 avait été modifié à cette époque-là? Pendant que le Togo, lui, se perd dans ses inqualifiables confusions à ne jamais finir et que certains de ses enfants, contre de ténues pitances, préfèrent au progrès l’autocratie vétuste du RPT/UNIR qui fait faire au pays du surplace, les autres pays de la sous-région, même ceux qui ont connu des guerres civiles dévastatrices – Libéria, Sierra Léone – sont en train d’avancer à grands pas vers les rivages de l’émergence, de la concorde nationale et de l’espérance. N’est-ce pas sidérant de constater que chez nous certains groupes d’individus en soient toujours aux slogans “Gnassingbé toujours au pouvoir”. Le Togo reste ce pays singulier, gravement malade de ses propres enfants.

Le pourrissement a atteint des proportions telles que même Edem Kodjo n’en est point épargné. Récemment, ce grand géant de l’intelligentsia africaine ne s’était nullement embarrassé de mots pour louer celui qu’il considère comme un bienfaiteur. C’était à l’occasion du rapatriement par la mère du président Faure des dépouilles mortelles d’un monseigneur tombé en rebut et dont le corps était en souffrance en France. Notre énarque et grand intellectuel s’était alors fendu dans un long chapelet de ‘akpe’ genre « merci papa ». Le fervent catholique qui n’a jamais condamné les massacres de 2005, a cru devoir dérouler publiquement un discours encenseur à l’honneur d’un président qui a fait une guerre atroce au peuple pour être à cette place. Réécoutons Edem Kodjo dans une de ses œuvres de la honte: « Président Akpe Akpe, woe le edכwכm. Edכ menya wכna o ». L’économiste, celui qui fut pour notre génération une idole incontestée, presque une coqueluche, ne s’est guère soucié de la provenance des fonds utilisés par la philanthrope( ?) vénérée, Sabine, qu’il remerciait avec tant de frénésie à travers son fils. Ces quelques exemples montrent, s’il en était besoin, comment des Togolais, après le RPT, contribuent à consolider UNIR et son système qui ruinent la patrie. Telle est la réalité. Elle est saisissante. La situation politique exécrable du pays, intimement liée à ces dérives effarantes répétitives, est tellement insupportable que s’éloigner du pays à la recherche d’une terre beaucoup plus clémente est devenu, chez beaucoup de jeunes, la seule porte de sortie.

Avant, l’Occident était la destination de prédilection. Tellement ce président a mis le Togo sens dessus dessous, que les pays de la sous-région sont en passe de devenir, ironie du sort, des destinations prisées pour les candidats au départ. Nul État au monde ne peut retenir ses citoyens si ses dirigeants sont mortellement médiocres, comme les nôtres, guidés par une insolente vénalité. Faure a fait du sabre le dieu de son règne là où, pas si loin, ses voisins font du savoir et du caractère sacré de la vie humaine les règles de conduite de la marche résolue de leurs pays vers l’avenir. Si on le laisse au-delà des dix années qu’il a déjà volées sur la durée de vie des Togolais, la situation va empirer et les jeunes continueront d’aller chercher refuge économique au Bénin, au Burkina ou au Nigéria etc… quand lui-même et la fourmilière de malfaiteurs adjacente à son pouvoir comptent sur l’armée pour survivre à 2015 et continuer de soumettre notre peuple à cette démocratie biscornue qu’on ne voit nulle part ailleurs. Que le régime prédateur de Faure Gnassingbé prenne fin ! C’est, aujourd’hui, le souhait le plus cher à la grande majorité des Togolais. Et, il n’y a aucun doute que ce sera dans une liesse générale que nos villes et campagnes vont grouiller de manifestations de soutien à toutes les bonnes volontés, internes et/ou externes, qui viendraient aider les Togolais à déposer ce régime pourri vieux d’un demi-siècle. Même les thuriféraires et la horde de désœuvrés qui, la paresse, la faim et l’indigence les poussant, multiplient les associations bidons à la gloire du président impopulaire, se libéreraient de leur autisme pour se fondre dans la liesse populaire célébrant la chute de l’autoritarisme de l’hydre RPT/UNIR/UFC. Dans une atmosphère aussi délétère, il est inacceptable de s’acheminer dans la confusion vers des élections qui vont, en 2015, consacrer Faure Gnassingbé pour un autre mandat, grâce à des lois iniques et la fraude. Cela ne serait rien de moins qu’une catastrophe humanitaire. Ces arnaqueurs, peuvent-ils au moins dire au peuple souverain où sont passées les élections locales tant promises ? Les Togolais veulent être fiers de leur patrie, vivre dans la dignité, à l’ombre d’un État de droit dans lequel les dirigeants rendent compte. Surréaliste leur exigence ? Dans le contexte politique d’aujourd’hui, à l’aune de cette démocratie aux airs d’une monarchie familiale de droit divin, il y a lieu de le croire et …ça va mal finir !

Kodjo Epou

Washington DC USA

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