Au Togo, l’urgence d’un système éducatif « NOUVEAU » s’impose ! [ Lynx Invest’G]

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Une école qui perd progressivement ses qualités et cesse d’être aussi productive, devient un danger pour la société. C’est le cas à quelques exceptions près de l’école togolaise d’aujourd’hui. Jadis fierté nationale et réputée pour sa rigueur et la qualité de sa formation, l’école au Togo n’est plus que l’ombre d’elle-même. Responsables en charge des Enseignements primaire et secondaire en panne d’initiatives pour impulser une nouvelle dynamique, parents démissionnaires devant leurs responsabilités, enseignants démotivés et plus préoccupés par d’autres affaires, élèves abandonnés à leur triste sort et en manque de repère, le système d’enseignement a de quoi ne pas être productif au Togo. Or, le pays entend amorcer un autre virage d’ici peu quant à son décollage économique. Dans ces conditions, il lui faut nécessairement une nouvelle école.

La refondation s’impose dans les milieux scolaires au Togo. D’ailleurs, Faure avait promis en 2013 les états généraux de l’enseignement mais jusque-là, rien ne se pointe à l’horizon à ce propos. Or, l’école malade a besoin d’une thérapie forte pour s’en sortir.

En vérité, les curricula et les méthodes d’enseignement sont à revoir de fond en comble. Les services en charge des questions pédagogiques et les enseignants sont appelés à essayer de nouvelles méthodes qui font la part belle à la pratique, celle-ci étant beaucoup plus assimilable que la théorie. De nos jours, la plupart des enseignants qui n’ont que les mêmes fiches de cours non actualisées se retrouvent déconnectés des réalités de l’heure. Ils n’ont pas suffisamment de documents et se voient ridicules dans un monde où tout change, tout évolue. Ceux-ci ne sont plus recyclés depuis des lustres. Leurs formateurs sont aussi en déphasage avec les normes en la matière. Aujourd’hui, de nouveaux outils d’enseignement sont à explorer notamment, les diapositifs, les ordinateurs par exemple. Il faut que l’assimilation des cours soit rapide chez l’apprenant. Sans oublier de nouveaux cours comme ceux sur la sexualité, les infections sexuellement transmissibles indispensables pour permettre aux jeunes surtout les filles de se protéger. C’est parce que ces questions restent taboues que les jeunes filles se retrouvent avec des grossesses non désirées et des maladies sexuellement transmissibles. Concernant cet aspect, le monde scolaire peut recourir à l’expertise du Fonds des nations unies pour la population (UNFPA) et de l’Association Togolaise pour le bien-être familial (ATBEF). Il faut aussi introduire la télévision dans l’enseignement ne serait-ce qu’en une heure au lieu de fermer la porte de ce mass-média aux élèves. Avec la télévision, l’enseignant peut apprendre beaucoup de choses à ses élèves. Une heure par exemple de télévision appliquée est en mesure de remplacer des dizaines de fiches de cours dont les contenus n’ont pas varié depuis des décennies. De la télévision aux Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), le système d’enseignement doit savoir franchir les pas. Les TIC sont une mine inexploitée. En 2016, il est contre productif de continuer à enseigner ou à répéter les mêmes choses qu’en 1990 soit 26 ans après. L’école doit pouvoir être en mesure de former des êtres intelligents prêts à surmonter les difficultés. Un enseignant productif montre des voies sûres pour la vie sinon, quel est l’objectif principal de l’enseignement?

Du côté des infrastructures scolaires, il est temps de construire pour nos enfants des bâtiments qui offrent des conditions de travail agréables. Il faut un peu plus d’aération pour ne pas suffoquer les élèves lors des cours. Dans un autre registre, l’école est censée promouvoir des valeurs comme la probité morale, le goût de l’effort, l’excellence, le travail bien fait. Mais aujourd’hui, ces valeurs ne sont plus mises en relief au profit de la tricherie, de la paresse et du mensonge. Des parents, responsables d’établissements et enseignants indélicats ont fini par se laisser prendre au jeu. Ils encouragent la paresse en faisant réussir coûte que coûte les élèves avec des notes non méritées et arrangées. Le phénomène prend de l’ampleur à Lomé et à l’intérieur du pays où certains parents supportent très mal que leurs enfants aient des têtes réfrigérées et soient déclarés inaptes aux études. Les conséquences de ce phénomène sont visibles au niveau de la qualité de la formation. Le nombre d’élèves aux diplômes creux et d’étudiants ayant décroché le BTS, la licence, le master et autres, et qui ne sont pas capables de faire une phrase correcte en français, ne cesse de croître. Où va l’école togolaise avec un esprit de plus en plus dégringolant ?

Anicet Moutouari Lynx.info

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