Attaques de Kinshasa – Kabila accuse Paul-Joseph Mukungubila

0

RDC: quatre choses à savoir sur Paul-Joseph Mukungubila

Les Congolais ont prononcé son nom toute la journée, depuis que ses fidèles ont attaqué la radio-télévision, le ministère de la Défense et l’aéroport à Kinshasa, ce matin. Qui est Paul-Joseph Mukungubila, prophète auto-proclamé et farouche opposant à Joseph Kabila ?

1 – Le « Prophète de l’éternel »

Paul-Joseph Mukungubila s’est autoproclamé prophète depuis de nombreuses années. Entouré de ses fidèles à Lubumbashi, c’est avant tout sur une posture religieuse qu’il a bâti sa notoriété : celle d’un homme en mission divine, sauveur de la RD Congo. « Je ne parle qu’au nom de l’Éternel Dieu qui m’a confié la bonne garde comme sentinelle de ce peuple », peut-on ainsi lire sur sa page Facebook, dans un article en date du 8 mars 2013.

Très présent sur internet, avec un site personnel et des comptes sur les réseaux sociaux, Paul-Joseph Mukungabila abreuve ses adeptes d’interprétations divines. Le 13 août dernier, il prétend notamment révéler « qui est le Christ » sur sa page Facebook, intitulée « Ministère de la Restauration à partir de l’Afrique noire ».

2- Violemment anti-tutsi et anti-rwandais

Si Paul-Joseph Mukungubila Mutombo verse avant tout dans la spiritualité, ses diatribes sont également politiques et souvent violentes. Il écrit ainsi, en novembre 2012, dans une « lettre ouverte au peuple congolais » un discours profondément hostile aux Rwandais. « C’est Dieu qui a réparti la terre, en donnant à chaque peuple ce qui lui revient de droit », explique-t-il, avant de conclure : « Par conséquent, ne laissons pas nos enfants sous esclavage rwandais ».

Ce lundi 30 décembre, peu après l’attaque de la télévision nationale congolaise (RTNC) par des assaillants se revendiquant de son Église, les antennes de la RTNC ont peu ou prou relayé le même discours. « Mukungubila est venu pour vous libérer de la tyrannie des Rwandais », pouvait-on alors entendre, peu avant que les autorités congolaises interrompent le signal.

3 – Opposant farouche à Joseph Kabila

Très actif sur son site internet contre la rébellion du M23, mouvement que le Rwanda a été accusé de soutenir, Paul-Joseph Mukungubila n’en est pas moins hostile au pouvoir de Kinshasa. Il cible en particulier Joseph Kabila, qu’il accuse d’être d’origine rwandaise et, par conséquent, trop proche de Kigali. Joint par Jeune Afrique, un membre du « bureau du prophète », Rossi Ampion, avoue ainsi : « Nous en avons le ras le bol d’avoir un étranger à la tête du pays ».

Farouche opposant, le leader religieux avait tenté sa chance en tant que candidat indépendant lors de l’élection présidentielle, en 2006. Il avait cependant été largement battu, avec 0,35% des voix lors du premier tour, sans pour autant abandonner ses diatribes contre le pouvoir en place. Prônant un dialogue « entre Congolais », il espère toujours aujourd’hui, comme il l’écrit dans sa lettre du 27 décembre, ne pas être « écarté » des discussions.

C’est d’ailleurs, prétend-il, cet article qui serait à l’origine des attaques de lundi. Joint par Associated Press, Paul-Joseph Mukungubila a ainsi expliqué que celles-ci avaient été accomplies en représailles à des agressions perpétrées à Lubumbashi par des militaires congolais sur des jeunes chargés de distribuer le fameux document.

4 – Un pouvoir de nuisance national ?

Lundi, ce sont trois villes [Kinshasa, Lubumbashi mais également Kindu, dans le Maniema] qui ont été le théâtre d’événements violents, à quelques heures d’intervalle. La triple attaque sur la capitale a fait une quarantaine de morts du côté des assaillant, et l’opération de l’armée congolaise (FARDC) sur Lubumbashi, autour de la résidence de Paul-Joseph Mukungubila, a fait de son côté 35 victimes, toujours parmi ses fidèles.

À peu près au même moment, l’aéroport de Kindu aurait quant à lui été également attaqué par des membres des groupes Maï Maï et Kata-Katanga, auxquels auraient pu se mêler quelques fidèles du « prophète » Mukungubila, selon une source gouvernementale. Celle-ci précise que les assaillants ont été rapidement délogés par un commando des FARDC.

Ces trois événements, à quelques heures d’intervalle, soulèvent un certain nombre de questions. Parmi lesquelles : Paul-Joseph Mukungubila est-il réellement capable d’orchestrer de telles opérations, alors qu’il a déclaré à Associated Press que ses hommes n’étaient armés, lundi, que de bâtons ? Faut-il chercher des liens entre son organisation et d’autres officines qui cherchent à déstabiliser le pouvoir en place ?

_________________

Par Mathieu OLIVIER et Trésor Kibangula Jeune-Afrique

Kinshasa: le gouvernement assure maîtriser la situation après l’attaque de la RTNC, de l’aéroport et du camp Tshatshi

11h55 TU (radiookapi.net) Le gouvernement de la RDC assure avoir maîtrisé la situation après l’attaque des personnes armées non identifiées contre le bâtiment de la Radiotélévision nationale congolaise, l’aéroport de N’djili et l’Etat-major de l’armée congolaise à Kinshasa ce lundi 30 décembre. Dans une allocution télévisée prononcée peu après 11h30 (heure de Kinshasa), le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende a appelé la population à vaquer à ses occupations, qualifiant les assaillants de « terroristes ». Lambert Mende a indiqué que trente assaillants armés ont attaqué le bâtiment de la RTNC. Les militaires congolais en ont tué huit et capturé trois. Selon le porte-parole du gouvernement congolais, une vingtaine d’autres personnes ont attaqué l’aéroport de N’djili. La moitié d’entre eux a été tuée par des soldats de l’armée congolaise. La même source a affirmé que vingt autres assaillants ont attaqué l’Etat-major général des FARDC à Kinshasa. Quatorze ont été tués. « Ce n’est pas de gaieté de cœur qu’il a fallu que les forces armées exercent leur devoir et protège des sites stratégiques qui procèdent de la sécurité nationale. Le gouvernement tient à féliciter les forces armées de la RDC et d’une manière générale toutes les forces de sécurité qui ont coopéré avec les forces armées de la RDC », a déclaré Lambert Mende. « Nous n’avons pas l’impression que les assaillants aient eu un autre objectif, avec un armement aussi réduit et un nombre pauvre, que celui de semer la panique et la terreur à la veille de la célébration des fêtes de nouvel an », a-t-il expliqué, invitant la population de Kinshasa à « vaquer normalement à leurs occupations » pour faire échec à « l’objectif de cette agression ». Sans les citer, Lambert Mende a indiqué que des mesures de sécurité ont été renforcées dans la ville. radiookapi.net kabila

Tirs à l’aéroport, journalistes pris en otage: chaos à Kinshasa

La situation est terriblement confuse au Congo. Des tirs nourris ont été entendus à l’aéroport international de Kinshasa, selon le responsable des douanes, interrogé par Reuters. Les causes et conséquences de ces événements sont pour l’instant inconnus. Journalistes pris en otage Des journalistes de la Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC) ont été pris en otages par des jeunes armés, lundi matin à Kinshasa, où la police s’était déployée pour les déloger, a-t-on appris de source policière. « Ce sont des gens armés avec des machettes et des armes, ils ont pris en otage des journalistes. Une opération est en cours pour les déloger. Ils ont déjà été cernés », a déclaré à l’AFP le colonel Mwana Mputu, en charge de la communication de la police. Le signal de la RTNC a été coupé peu après la prise d’otage. Avant la coupure, les images montraient les deux jeunes présentateurs de l’émmission en cours, « Le Panier ». Ils étaient assis, effrayés mais calmes, avec derrière eux un jeune homme menaçant et transpirant. Les autres personnes sur le plateau n’étaient pas visibles à l’écran. Des tirs d’armes légère ont retenti, sans que l’on puisse savoir dans l’immédiat s’il s’agissait de tirs de la police, des assaillants ou d’échanges entre les deux camps. Dans la ville, la panique a saisi les habitants. « Il n’y a pas de circulation, plus de véhicules (…) C’est la panique dans la ville, les gens se demandent ce qui se passe », a déclaré à l’AFP un jeune homme dans la zone. « Il y a des policiers, des militaires et des gardes républicains (chargés de la protection du président Joseph Kabila) un peu partout près de la RTNC et du Palais du peuple », siège du parlement congolais, juste à côté de la télévision publique, a-t-il ajouté. Plusieurs habitants ont affirmé que les tirs d’arme légère ont cessé assez rapidement du côté de la RTNC. Mais entre 09h00 et 09h30 (08h30 GMT), une journaliste a entendu plusieurs tirs d’arme lourde. Un chauffeur de taxi de Kinshasa a pour sa part évoqué « plusieurs tirs d’arme lourde, six à sept tirs ». Selon lui et un autre habitant, ces tirs étaient localisés vers le camp Tshatshi, à une dizaine de kilomètres de la RTNC et du Palais du peuple.

RÉDACTION EN LIGNE, AVEC AFP dhnet.be

Laisser une réponse