Dans la presse togolaise tout n’est pas rose, il faut le reconnaitre mais le système en place a une responsabilité dans l’entretien des brebis galeuses au sein de la profession parce qu’il les utilise à des fins obscures. Si madame la ministre faisait un peu d’effort pour se renseigner sur les conditions de survie de la presse togolaise, elle saurait que le pouvoir en place entretient la médiocrité au sein des médias à dessein. Les crapules de la presse sont payées sur les fonds secrets de la Présidence de la République. Ces affairistes habillés en journalistes qui font la honte de la profession bombent le torse d’être amis de Faure. Et si le chef de l’Etat a réduit l’aide de l’Etat, c’est parce qu’il n’a pas obtenu le résultat qu’il escomptait à savoir, embrigader l’ensemble de la presse. C’est pourquoi les mauvais journalistes qui chantent ses louanges et violent la déontologie de la presse bénéficient de financements occultes de la part des autorités togolaises qui les instrumentalisent. Ce sont eux que le chef de l’Etat fait voyager plusieurs fois dans la même année et qui bénéficient des cadeaux présidentiels et des frais de missions qui s’élèvent à plusieurs millions de FCFA.
Les politiciens qui disposent de moyens pour financer les médias se trouvent d’un seul côté. Ce sont eux qui confondent les caisses des sociétés d’Etat à la caisse du parti au pouvoir. Tout acteur politique qui ose s’opposer au pouvoir en place est condamné à la misère et à l’indigence. Et les hommes d’affaires s’ils veulent prospérer au Togo sont obligés de contribuer au financement du système en place et à céder aux chantages de ces affairistes de la presse qui ne jurent que par Faure Gnassingbé. Les journalistes qui ont changé de ligne éditoriale pour bénéficier des largesses du pouvoir peuvent en témoigner.
En fait en tant que femme de lettre madame Anaté a atterri au 18 ème siècle marquée par la querelle entre les littéraires et les hommes de médias. Honoré de Balzac déclarait que « Si la presse n’existait pas, il faudrait ne pas l’inventer ». Mais à l’époque, le journalisme était encore loin de constituer une profession, voire même un ensemble de professions. Balzac lui-même réserve le terme à l’une des sous variétés de tous ceux qui écrivent dans la presse et qu’il désigne comme des « gens de lettres ».Aujourd’hui la situation a évolué.
Plus de vingt ans après sa renaissance la presse togolaise a évolué et il est scandalisant de vouloir à tout prix la diaboliser sans diagnostiquer l’ensemble des maux qui la minent. Qui plus est, la presse écrite n’a pas l’influence qu’on lui prêtait il y a une vingtaine d’années. L’audio-visuel et surtout internet lui ont ravi la vedette. La ministre de la communication a du pain sur la planche parce qu’elle devra s’ingénier à trouver les moyens de censurer internet puisque sa cible qu’est la presse écrite est déjà neutralisée par l’information en ligne et la blogosphère. Erreur de diagnostic. La presse togolaise n’est pas le mal du Togo, elle en est plutôt le thermomètre et on ne guérit pas un mal en s’attaquant au thermomètre. La presse n’est que le pendant des dirigeants qui brillent par des mauvais exemples qu’ils donnent à leurs concitoyens.
Raouf Aboza Lynx.info