« Les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des relations d’intérêt » dit-on. Sauf que la décision de la cour de justice de la CEDEAO du 29 janvier 2026 met Kao cette maxime politique et diplomatique, du coup aussi, tout le monde, surtout les institutions sous régionales et régionales africaines.
En effet, la Cour de justice de la CEDEAO sans détour, qualifie la constitution togolaise de la 5ème République de changement inconstitutionnelle de gouvernement se fondant sur l’article 23 de la charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG).
Cette décision qui n’est pas une surprise pour l’opposition togolaise qui, bien avant la Cour de justice de la CEDEAO, a qualifiée cette constitution de contrebande, ce qui remet au goût du jour, les coups foirés que le régime RPT/UNIR acène au peuple souverain du Togo depuis le fatidique assassinat crapuleux du premier Président de la République togolaise, Sylvanus Epiphanio Kwami OLYMPIO, le 13 janvier 1963.
Bien évidemment, depuis 63 ans, les gouvernements du monde ont fortement prêté main forte à ce régime incarné par Étienne Gnassingbé Eyadema pendant près de 42 ans et puis, actuellement par son fils Faure Gnassingbé depuis 21 ans.
En 1963, les réseaux français étaient à la manette pour soutenir vaille que vaille ce régime dont le seul but est d’asservir les populations togolaises par les assassinats, les brimades policières, le tout couronné par l’accaparement de toutes les richesses du pays usant de la corruption, des détournements de deniers publics et de la gabegie sur fond de mensonge, du clientélisme et du culte de la personnalité.
Dans les années 1990, en faisant abstraction des dures années 1970-1980, les regroupements sous régionaux que sont le Conseil de l’Entente, l’UEMOA et la CEDEAO, et régionaux dont l’OUA devenu UA (Union Africaine), étaient toujours aux côtés du régime des Gnassingbé contre les aspirations profondes du peuple togolais qui a fait l’option de la démocratie et de la bonne gouvernance.
Tout le monde croyait que cette assistance liberticide et amorale des gouvernements du monde allait s’estomper après le décès de Gnassingbé Eyadema.
C’est mal connaître le monde comme il va, quand le 05 février 2005, rebelote, ils adoubent le fils Faure Gnassingbé coupable, coup sur coup, de coup d’État militaire et de coup d’État constitutionnel et institutionnel en plus du millier de Togolais envoyés ad patres pour s’arroger le pouvoir en digne fils de son père.
Surtout que le fils est passé maître dans l’organisation de mascarades d’élections qui enlèvent toute dignité et toute respectabilité aux tenants de l’ordre ancien du RPT/UNIR et ses affidés et aussi à la pléiade d’observateurs électoraux internationaux stipendiés y compris des membres de la Commission Paix et sécurité de la CEDEAO, les observateurs de ERIS ( Electoral Reform International Services) de l’Union Européenne de 1998 n’en sont pas.
De 2005 à 2024, pour se maintenir au pouvoir contre la volonté du peuple, les Togolais subissent sans l’aide de quiconque, malgré leurs cris de détresse, à des révisions ubuesques et intempestives, dignes de cavaliers législatifs, de la constitution de 1992 que le peuple s’est donnée à plus de 97%
Finalement pour embrigader définitivement le pouvoir du peuple, non content de le confisquer 61 ans durant, Faure Gnassingbé balaie du revers de la main toutes les règles éthiques et aussi les lois supranationales de la CEDEAO et de l’UA en confiant en 2024 la dévolution du pouvoir à son parti RPT/UNIR.
Malgré le tollé que ce brigandage a suscité, Faure Gnassingbé et son RPT/UNIR s’y accrochent en abattant froidement des Togolais y compris des enfants de 15 ans dans la lagune de Bè en plus d’embastiller des dizaines et des dizaines de concitoyens dans les geôles pour leurs opinions.
Et, c’est la Cour de justice de la CEDEAO saisie par 13 partis politiques et Associations de la Société civile du Togo qui a fini excellemment par dire le droit en qualifiant dans son arrêt du 29 janvier 2026 je cite : « … de Changement inconstitutionnel de gouvernement… » fin de citation, de la constitution de contrebande dite de la cinquième République avec à l’appui, l’invocation de l’article 23 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG).
A propos, il est venu le temps où le peuple togolais devra connaître ses vrais amis ou ses ennemis de toujours. La question est : que feront les gouvernements du monde qui ont si tant méprisé le Togo, par soit leur silence, ou soit leurs accompagnements au clan dictatorial et féroce des Gnassingbé ?
Une chose est certaine : Dame nature qui s’est si longtemps tue a décidé de faire ses comptes en étalant à la face du monde le vrai visage du pouvoir familial qui régente notre pays des décennies durant.
Voilà pourquoi, sans l’aide de personne, le hideux régime du Togo s’est fait Hara-Kiri seul en imposant au peuple souverain un texte constitutionnel juridiquement nul dit de la 5ème République.
La balle est donc dans le camp de la Conférence des chefs d’État et de la Commission de la CEDEAO qui ne peuvent plus défiler étant entendu que ce sont les autorités togolaises de père en fils qui ont, le plus, mis à mal l’organisation ouest-africaine, surtout son protocole additionnel sur la démocratie et la bonne gouvernance.
Aussi, les Togolais attendent de voir la Commission de l’UA avec son Conseil de sécurité qui une fois encore, au regard des articles 24 et 25 de leur propre texte dénommé CADEG (Charte Africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance) jouent leur crédibilité.
Bien évidemment aussi, les regards sont tournés vers les pays de l’AES qui depuis le renversement des régimes au Mali, au Burkina Faso et au Niger, s’accoquinent avec les dirigeants togolais qui tuent et maintiennent le peuple en esclavage, des dirigeants togolais déclarés maintenant illégaux et illégitimes par une décision de Justice insusceptible de recours.
Enfin, les Togolais verront ce que feront la France, les États-Unis, l’Allemagne, la Grande Bretagne, la Chine, la Russie et les autres institutions mondiales de finances.
L’heure de vérité a sonné et le peuple martyr du Togo attend de voir comment tout le monde va se comporter.
Francis Pedro AMUZUN (le 26 août 2026)
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