En Afrique, les mouvements populaires et les coups d’État semblent se répéter sans jamais atteindre leurs objectifs. Selon Jean-Paul Pougala, auteur et analyste politique, la principale raison de ces échecs tient à l’absence de cadre théorique et d’idéologie solide.
« Le rôle de l’idéologie dans une révolution est crucial », explique Pougala. « Elle permet de rallier les masses sur la durée, de fournir des balises pour surmonter les difficultés, les trahisons et les échecs imprévus. Ce n’est pas le cas des révoltes spontanées ou des coups d’État menés sans cadre intellectuel. »
L’histoire le montre : la Révolution française s’est appuyée sur les idées de Rousseau et Montesquieu pour bâtir de nouvelles institutions, tandis que la Révolution russe, guidée par Lénine, s’inspirait des théories de Marx pour créer une société sans classes sociales.
« Toutes les révolutions qui ont réussi partagent un point commun : elles reposent sur des idées structurées, une vision claire et une direction précise », poursuit Pougala. « Sans cadre intellectuel, les mouvements populaires africains s’épuisent et échouent. »
Selon l’auteur, ce déficit idéologique provient en partie du manque de lecture et de culture des intellectuels et dirigeants africains. Il cite l’exemple du président tanzanien Julius Nyerere, souvent appelé « le père du socialisme africain », mais qui, selon Pougala, n’aurait jamais lu Marx.
« Les Africains croient pouvoir réinventer les révolutions sans tenir compte des expériences passées », conclut-il. « Or sans théorie, il n’y a pas de direction. Les coups d’État et révoltes populaires, sans idéologie claire, sont voués à l’échec. »
Conclusion :
Pour que l’Afrique cesse de répéter l’histoire et transforme ses mouvements en véritables changements durables, il est indispensable que les leaders et citoyens cultivent une pensée structurée et s’appuient sur des idées solides. La révolution ne se résume pas à l’énergie du moment : elle exige vision, stratégie et théorie, seules garanties d’un progrès véritable et pérenne.
Jean-Paul Pougala