« Je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur…Nous avons devant nous une épreuve des plus douloureuses…Nous avons devant nous de nombreux et longs mois de combat et de souffrance. » Winston Churchill - 13 mai 1940.

Un homme d’Etat ne promet pas de miel au Peuple tout en sachant qu’il n’a que du fiel à lui servir, il ne lui promet pas les délices du paradis, sans lui parler de l’épreuve du fer, telle est la leçon que j’ai apprise du comportement des grands hommes qui ont fait l’histoire, à l’instar de Winston Churchill.

Avant de poursuivre ma Chronique, je voudrais demander pardon à tous ceux qu’elle peut faire mal. C’est à mon corps défendant que je l’écris, car, de par mon engagement politique, il est des moments où je me sens tenu par un devoir de réserve. Mais il est des moments aussi où choisir le silence consiste à se rendre complice des crimes contre le Peuple. Tout acteur politique qui ruse avec la réalité, qui surestime ses moyens , éprouve son Peuple ou l’expose à des risques vains, n’est rien d’autre qu’un criminel, un vampire des énergies populaires.
La plupart des Chroniques que j’ai écrites depuis le 19 août 2017, entre autres :
« Des langues et des balles » « Entre la démagogie et la dictature » « En mode dégage ! » « J’irai marcher ! » et « La rue ou les urnes ? » m’ont valu d’être traité de tous les noms d’oiseaux par certains amis et camarades de lutte depuis les années 1990.
Refugiés aujourd’hui pour la plupart en Allemagne, en France et aux Etats –Unis d’Amérique, certains m’ont fait l’amitié de me traiter :

« D’adepte du diable, de poison de la nation, de parasite de la nation, à éviter à tout prix »

C’est donc en ma qualité d’adepte du diable que je me permets aujourd’hui, d’écrire la présente chronique !

Sous réserve de me tromper, étant donné que l’erreur est humaine, je voudrais me permettre de dire qu’aucun Homme politique togolais, du moins les Acteurs clés de la vie politique de ce dernier quart de siècle qui s’inscrit sous le signe de la DEMOCRATIE, n’aime véritablement notre Peuple !

Si tant est que, « la démocratie, c’est le gouvernement du Peuple par le Peuple, pour le Peuple » la démocratie ne peut pas se faire et prospérer sans se préoccuper du bonheur du Peuple !
Il se fait malheureusement que depuis le déclanchement du processus démocratique au Togo, personne ne s’est préoccupé de faire de la démocratie, la source du bonheur du Peuple.
Tout notre projet politique s’était cristallisé et se cristallise toujours autour du fauteuil présidentiel que les tenants du Pouvoir cherchent à conserver, que les nouveaux acteurs politiques cherchent à conquérir. La mission qui était dévolue à Me Joseph Koffigoh, en sa qualité de Premier Ministre de la transition, était de baliser la piste qui conduit au fauteuil présidentiel pour ses camarades de l’opposition. C’est la convoitise du fauteuil présidentiel qui a causé la perte de Koffogoh.
Certains Articles de la Constitution du 14 octobre 1992, étaient écrits en fonction de celui qui occupait le fauteuil présidentiel à l’époque et par rapport aux ambitions de ceux qui y prétendaient. 

Dans leur course effrénée vers le fauteuil présidentiel, beaucoup d’acteurs politiques de l’opposition, ont fait faire à un certain peuple, des rêves fous !

De la promesse de faire déporter le Général Eyadéma vers le Tchad, « son pays d’origine » selon certains affabulateurs, au projet de l’interner dans son village natal à Pya, certains acteurs politiques ont poussé le Peuple dans son ensemble à passer â côté de la plaque, à oublier l’essentiel, à oublier la vraie source de son malheur ou de son bonheur.

Je ne voudrais pas rappeler toutes « les courses derrière l’ombre au détriment de la proie » qui ont fait perdurer la lutte pour l’instauration de la démocratie au Togo , mais qu’il me soit permis de dire que quand on pose mal un problème, on lui trouve une mauvaise solution, ou quand on pose un faux problème, on trouve de faux remèdes !

La maladresse la plus récente remonte au lendemain du 19 août 2017

Quand, à partir de cette date, le Parti National Panafricain(PNP) a créé une nouvelle dynamique politique dans le pays, et que le Leader de ce parti a lancé un appel à l’endroit de certaines personnes pour lui venir en aide, j’ai eu le sentiment qu’il avait frappé à une mauvaise porte.
Je me trompe peut-être, mais qu’il me soit permis de me tromper et de dire ce que j’aurais fait, moi, l’Adepte du diable, si c’était à moi que l’appel était adressé.

Dans mon choix diabolique, aux deux revendications de départ du PNP, à savoir : (1) Le retour à la Constitution de 1992, (2) Le vote de la diaspora, j’allais profiter de l’élan populaire pour appeler tout le pays au soulèvement pour (3) Demander au Président Faure de virer l’actuel gouvernement pour son incapacité notoire à régler les problèmes sociaux. (4)La nomination d’un nouveau gouvernement de mission, qui serait chargé de la mise sur pied des Institutions de mission en vue d’organiser les élections locales dans les meilleurs délais. (5) L’arrestation de ceux qui ont détourné les 600.000.000 de francs de la Fédération Togolaise de Football, de ceux qui ont détourné les fonds destinés à la construction de la route Lomé-Vogan, du contournement d’Alédjo, entre autres , contraindre ces gens à reverser ces fonds qui seraient affectés à la résolution des problèmes liés à l’Enseignement et à l’Education.

Malheureusement, dans leur élan triomphaliste, les secouristes de Tikpi Atchadam ont eu la lumineuse idée de demander le départ immédiat de Faure Gnassingbé en organisant des marches dites « d’assaut final ! »

19 août 2017 – 19 avril 2018, cela fait huit mois jour pour jour que la forteresse de Faure résiste aux assaut finaux qui font tomber des citoyens comme des mouches, qui font des handicapés, qui font des veuves et des orphelins dans un pays où la misère devient l’inséparable compagne du citoyen !

En dépit de la misère ambiante et l’inefficacité de plus en plus notoire de la stratégie politique, on entend des gens jouer aux matamores en faisant des déclarations farfelues telle que :
« Nous n’allons jamais accorder un quatrième mandat à Faure ! »

Mon pauvre Peuple, le pouvoir d’octroyer un mandat électif à un citoyen t’appartient ou appartient à un groupuscule d’hommes ? On me rétorquera que ce sont les Leaders qui parlent, et qu’ils parlent au nom du Peuple !

Malheureusement, j’en connais qui n’ont pas de fief, qui n’ont jamais tenu un meeting populaire nulle part, qui n’ont jamais réussi à se faire élire nulle part et qui se montrent plus exigeants que certains porteurs actuels des mandats électifs !

Dans l’état actuel des choses, qui peut refuser à Faure Gnassingbé d’être candidat en 2020, si ce n’est le parti UNIR et en arrière fond, une certaine hiérarchie militaire ?

Dans l’Etat actuel des choses, quel Chef d’Etat, quelle Institution peuvent contraindre Faure à quitter précipitamment le pouvoir ? Sauf erreur de ma part, Faure Gnassingbé n’est pas Blaise Compaoré, les Forces Armées Togolaises sont différentes des Forces Armées Burkinabé.
Mon esprit diabolique souhaite que Faure Gnassingbé perde le pouvoir à travers une élection régulière et loyale, dans le cas contraire, il pourrait se retirer dans son château de Blitta pour organiser la déstabilisation du pays.

Le Sommet extraordinaire des Chef d’Etat de la CEDEAO tenu à Lomé le 14 avril 2018 et la recommandation relative à la situation montrent à suffisance qu’il est temps que chaque partie prenne ses responsabilités.

C’est pour cela que j’aimerais conclure ma Chronique par cette recommandation des Chefs d’Etat de la CEDEAO, pour que les aveugles ouvrent les yeux, pour que les sourds tendent leurs oreilles !

«La Conférence des Chefs d’Etat les encouragent à intensifier les efforts pour aider le gouvernement et les acteurs politiques dans la réalisation des réformes constitutionnelles dans le respect des délais légaux, des normes et des principes de la démocratie »

Que Dieu inspire tous les Acteurs politiques de tous bords, pour qu’ils travaillent pour le meilleur devenir du Citoyen togolais !

Bodi Banche BODELIN
(Au nom de la Patrie,
Lomé, 19 avril 2018,
En mémoire de Karoline Maya) 

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